En cette fin juillet, tout le monde a retrouvé le chemin de l'entraînement. Y compris les joueurs qui ont participé à la Coupe du Monde. Wesley Sonck a, donc, repris la route de Genk. C'est sans doute la principale information dans le Limbourg. On disait le meilleur buteur du championnat en partance. Ou, du moins, on pensait que les coups d'éclat dont il a gratifié le public belge taperaient dans l'oeil des recruteurs de grands clubs étrangers. Cela n'a pas été le cas. Sonck n'a pas trouvé acquéreur, victime de l'effondrement du marché, d'un prix de transfert fixé trop haut et, peut-être, d'une Coupe du Monde qui ne lui a pas permis de se mettre en évidence comme il l'avait espéré. Après avoir goûté à des vacances bien méritées, il a donc remis l'ouvrage sur le métier et essayera de confirmer une saison qui lui a pratiquement tout apporté, que ce soit sur le plan individuel (Soulier d'Or et Trophée du Footballeur Pro de l'Année) ou collectif (champion de Belgique). Faire aussi bien serait déjà un exploit. Faire mieux est presque impossible.
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En cette fin juillet, tout le monde a retrouvé le chemin de l'entraînement. Y compris les joueurs qui ont participé à la Coupe du Monde. Wesley Sonck a, donc, repris la route de Genk. C'est sans doute la principale information dans le Limbourg. On disait le meilleur buteur du championnat en partance. Ou, du moins, on pensait que les coups d'éclat dont il a gratifié le public belge taperaient dans l'oeil des recruteurs de grands clubs étrangers. Cela n'a pas été le cas. Sonck n'a pas trouvé acquéreur, victime de l'effondrement du marché, d'un prix de transfert fixé trop haut et, peut-être, d'une Coupe du Monde qui ne lui a pas permis de se mettre en évidence comme il l'avait espéré. Après avoir goûté à des vacances bien méritées, il a donc remis l'ouvrage sur le métier et essayera de confirmer une saison qui lui a pratiquement tout apporté, que ce soit sur le plan individuel (Soulier d'Or et Trophée du Footballeur Pro de l'Année) ou collectif (champion de Belgique). Faire aussi bien serait déjà un exploit. Faire mieux est presque impossible.Wesley Sonck: La saison qui s'est achevée fut pour moi très belle, mais aussi très longue. J'avais besoin d'un peu décompresser. De simplement me retrouver en famille, à ne rien faire, ou de prendre le soleil au bord de la piscine à Majorque. L'été, j'apprécie aussi les balades à vélo avec les amis. De Ninove, où j'habite, je ne suis pas très éloigné du Mur de Grammont et du parcours emprunté par le Tour des Flandres. Je me farcis régulièrement une petite escapade de 60 ou 80 kilomètres. C'est bon pour l'endurance, je joins donc l'utile à l'agréable. Aujourd'hui, vous avez donc repris le chemin de Genk.Oui, et sans aucune amertume. Je me sens bien ici. Je suis assuré de jouer, et c'est toujours le plus important à mes yeux, même si les conditions financières ne peuvent pas être négligées. J'ai toujours déclaré que, si une bonne proposition me parvenait, je l'écouterais attentivement, mais je n'avais jamais fait d'un départ une obsession. Aucune proposition concrète n'est parvenue au club. La question ne s'est donc pas posée.Etes-vous étonné du peu d'intérêt que vos prestations ont suscité?Il y a eu de propositions, mais pas d'offre concrète. Aux alentours du Nouvel An, j'ai eu vent de l'intérêt de Hertha Berlin. Il paraît que Schalke 04 se serait également renseigné, mais sans que j'en sois personnellement informé. Tous ces clubs ont probablement reculé devant la somme de transfert exigée. Etant donné la conjoncture économique défavorable, avec les droits de télévision qui baissent un peu partout, les dirigeants hésitent à délier les cordons de leur bourse. Le marché des transferts est très calme pour l'instant. En Belgique, mais aussi dans toute l'Europe.En voulez-vous à Genk d'avoir fixé la barre aussi haut?Non, pourquoi? Je suis encore sous contrat, les dirigeants limbourgeois peuvent fixer la barre à la hauteur qu'ils le souhaitent, c'est leur droit le plus strict. Après la saison que je viens de livrer, il est logique qu'on n'entende pas me brader.Adaptation de contrat?C'est possible. La Coupe du Monde aurait pu me permettre de démontrer mes capacités à un niveau plus élevé que le championnat de Belgique. Je n'en ai eu que rarement l'occasion.Envisagez-vous de faire une fleur à Genk et de revoir votre contrat à la hausse.On verra. Si cela implique de prolonger mon contrat, ce sera à mes conditions. Lorsque j'ai signé à Genk, j'étais très content de ce que l'on m'avait proposé, mais après ce que j'ai démontré depuis lors, j'estime pouvoir afficher d'autres prétentions. Je suis disposé à discuter, pourquoi pas? Mais rien ne m'oblige à accepter. Je suis en position de force: il me reste deux années de contrat et j'ai bien plaidé ma cause sur le terrain.L'étranger demeure donc un objectif.Pour l'avenir, oui. J'ai démontré ce dont j'étais capable en championnat de Belgique. J'ai goûté à l'équipe nationale également. Pouvoir participer chaque week-end à un grand championnat, ce serait encore un pas supplémentaire. Là-bas, il faut apprendre à réfléchir plus vite, à agir plus vite aussi. La vitesse d'exécution constitue la principale différence avec la Belgique et une expérience à l'étranger me permettrait d'étendre mon registre. Mais j'ai le temps. Après tout, je n'ai que 23 ans. Et puis, je ne signerai pas n'importe où. Voici deux ans, j'avais signé en faveur de Genk parce que c'était un grand club en devenir, qu'il m'offrait la possibilité de progresser et qu'il me proposait une ambiance jeune et familiale. Je tiendrai compte de tous ces paramètres également lorsque le moment sera venu de changer de cap. Genk a brillé dans le championnat de Belgique, mais pas encore sur le front européen. Est-ce aussi une explicationau peu de propositions concrètes dont les joueurs de l'équipe ont fait l'objet?Sans doute. Le championnat de Belgique n'est pas apprécié à sa juste valeur. J'ai lu que Cédric Roussel avait, en son temps, été transféré de Coventry à Wolverhampton pour 3 millions d'euros. Pourtant, il est Belge, lui aussi, mais il a joué en Angleterre et sa valeur s'en est trouvée décuplée. Si j'avais eu la nationalité française plutôt que belge, les candidats acquéreurs auraient sans doute moins hésité à débourser la somme de transfert exigée par Genk. Il faut se souvenir, aussi, que Jan Koller, Tomasz Radzinski, Bart Goor et Didier Dheedene n'avaient pas suscité l'intérêt des clubs étrangers après être devenus champions de Belgique, mais après avoir brillé en Ligue des Champions. C'est une bien meilleure vitrine que notre compétition, peu valorisée à l'étranger. En outre, il s'agissait de joueurs expérimentés, rompus aux joutes européens. Genk a encore une équipe jeune, talentueuse certes, mais qui table surtout sur son enthousiasme.Surcharge européenne?Encore faudra-t-il se qualifier. Je trouve dommage qu'au troisième tour préliminaire, Bruges sera tête de série et Genk pas. Si les Flandriens passent l'écueil du Dinamo Bucarest, ils pourraient hériter d'un adversaire plus facile. C'est illogique. Car, après tout, qui sont les champions de Belgique?Pour vous, l'Europe sera presque une découverte.Mon expérience européenne est mince, en effet. J'ai joué quelques matches avec le Germinal et lors de ma première saison à Genk, mais c'est tout. Comment se présente cette saison pour Genk?Contrairement aux craintes que d'aucuns avaient nourri, le club a pu conserver l'intégralité de son effectif. De nouveaux joueurs sont venus renforcer le noyau. Théoriquement, Genk devrait donc être plus fort. Les automatismes sont déjà au point. D'autres paramètres entrent en ligne de compte. La fraîcheur physique, par exemple. D'où l'importance de la préparation que nous réalisons actuellement.Ce sera la saison de la confirmation.Le nombre d'abonnés a encore augmenté et chacun s'attend évidemment à ce que nous luttions à nouveau pour le titre. Ce ne sera pas simple, car nos adversaires nous attendront désormais au tournant. Ce sera une donnée différente. L'an passé, nous venions quasiment de nulle part. Nous incarnions une équipe sympathique, mais nous jouions sans réelle pression. L'appétit est venu en mangeant. Lorsque, à mi-parcours, nous nous sommes aperçus que nous étions toujours dans le coup, nous nous sommes mis à croire à une place d'honneur. La perspective d'un titre ne s'est dessinée que bien plus tard.Cette fois, Genk fera partie des favoris. Plus des outsiders.Favori est un grand mot. Disons que nous ferons partie des prétendants. Mais, contrairement à Anderlecht ou à Bruges, le titre n'est pas une obligation pour Genk.Vraiment? Qui, dans le Limbourg, se satisferait désormais d'une deuxième ou troisième place?En ce qui me concerne, en tout cas, je considèrerais déjà une place sur le podium comme un succès. Une deuxième ou troisième place ne serait pas considérée comme un échec.Sur un plan individuel, que pouvez-vous espérer de mieux que la saison dernière?Je serais déjà satisfait de faire aussi bien. Dans un premier temps, j'essayerai de confirmer. D'abord avec l'équipe, car les prestations individuelles sont tributaires de celles du collectif. J'ai eu la chance, la saison dernière, de commencer très fort et de poursuivre ensuite sur ma lancée. J'ai connu très peu de baisses de régime. J'espère qu'il en ira de même cette saison. Sur certains aspects techniques, il y a toujours moyen de progresser. Sef Vergoossen m'a affirmé que, si je restais, je ne perdrais pas mon temps. J'en accepte l'augure.L'année qui suit une Coupe du Monde est souvent très éprouvante pour les joueurs qui y ont participé.J'en suis conscient, d'autant que cette saison, des matches européens s'ajouteront en milieu de semaine. Ce n'était pas le cas la saison dernière. Mais l'entraîneur en est conscient également et adaptera sans doute son programme en conséquence.Suzuki trop bien payé?Pour tout avouer, je découvre ce joueur. Lors de Japon-Belgique, je n'avais pas prêté une attention particulière à sa prestation, car j'ignorais encore qu'il viendrait à Genk.On le présente comme une vedette.C'est la presse japonaise qui en a fait une vedette. C'est un joueur très médiatisé, et dans un pays où le baseball est présenté comme le sport n°1, j'ai été très étonné par l'intérêt que l'on portait aux footballeurs. Les meilleurs sont considérés comme des dieux. En Belgique, on préfère traîner les footballeurs dans la boue. C'est ainsi. Mais Suzuki n'adopte pas du tout un comportement de vedette. C'est un garçon très simple, qui essaye de s'adapter et qui fait l'effort d'apprendre quelques mots d'anglais.La médiatisation, c'est un phénomène avec lequel vous avez également dû composer?Effectivement. Je me souviens qu'à mes débuts, j'éprouvais beaucoup de plaisir à voir ma tête apparaître à la télévision. Ma famille et mes amis avaient la même réaction. Tout cela était encore neuf. Mais, à la longue, cela peut devenir irritant. J'ai seulement découvert la saison dernière ce que cela représentait d'être reconnu en rue. Et le plaisir que j'ai pu éprouver, cet été, en me baladant à Majorque sans être importuné. La célébrité fait partie du métier. Il faut l'accepter. Mais ce n'est pas une chose que l'on recherche.On parle d'un salaire bien supérieur aux normes en vigueur en Belgique dans le cas de Suzuki.Tant mieux pour lui si c'est le cas. Le Japon est un pays où le niveau de vie est très élevé. Le salaire des footballeurs est probablement adapté en conséquence. J'ai entendu que le sponsor intervenait en grande partie dans ses émoluments à Genk. Le club doit savoir ce qu'il fait. Cela ne me dérange pas s'il gagne beaucoup d'argent.Daniel Devos"Vergoosen m'a assuré que je ne perdrais pas mon temps en restant""Le Japon traite ses joueurs comme des dieux et ici on les traîne dans la boue"