Une soirée à Bruxelles, à la mi-mars. Le décor : un loft au coeur d'Ixelles. Nike, le géant américain du sport, a loué le complexe pour la journée, afin de faire photographier sa nouvelle collection. Ses figures de proue ? Des Diables Rouges. Christian Benteke, Yannick Carrasco, Dries Mertens ou Jordan Lukaku se pressent et dévoilent leurs talents de mannequin, pour promouvoir maillots et chaussures. Avec de la musique en fond sonore. Le staff est exclusivement composé de jeunes. L'ambiance est chouette, on travaille mais sans agitation ni stress. Seul Toby Alderweireld a dû déclarer forfait : le train à Londres n'a pu démarrer et il rate le rendez-vous.
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Une soirée à Bruxelles, à la mi-mars. Le décor : un loft au coeur d'Ixelles. Nike, le géant américain du sport, a loué le complexe pour la journée, afin de faire photographier sa nouvelle collection. Ses figures de proue ? Des Diables Rouges. Christian Benteke, Yannick Carrasco, Dries Mertens ou Jordan Lukaku se pressent et dévoilent leurs talents de mannequin, pour promouvoir maillots et chaussures. Avec de la musique en fond sonore. Le staff est exclusivement composé de jeunes. L'ambiance est chouette, on travaille mais sans agitation ni stress. Seul Toby Alderweireld a dû déclarer forfait : le train à Londres n'a pu démarrer et il rate le rendez-vous. Romelu Lukaku et Radja Nainggolan sont les tout derniers. Deux Anversois, qui peuvent être sérieux quand ils bossent mais qui savent aussi rigoler quand l'occasion s'y prête. Ils parlent de Chelsea, puisqu'il est maintenant certain qu'Antonio Conte en est le nouvel entraîneur et qu'il convoite le Romain. Romelu rit : " Je savais que tu te retrouverais en Angleterre un jour !" On remarque ici que les Diables Rouges forment une bande soudée, qui s'amuse beaucoup. On rigole, on bavarde, l'atmosphère est détendue, personne n'est pressé de s'en aller. RADJA NAINGGOLAN : Oui ! ROMELU LUKAKU : Chaque chose en son temps. Je dois encore me donner à fond pour l'équipe. NAINGGOLANopine : Il faut d'abord atteindre les objectifs fixés avec l'équipe. Après, on pourra se concentrer sur l'EURO. LUKAKU : Oui, naturellement. NAINGGOLAN : Attention, je ne suis pas encore sûr d'y aller. (Il éclate de rire). Je plaisantais ! LUKAKU : C'est toujours beau mais ce sera différent, en effet. Nous avons acquis de l'expérience au premier tournoi. Le stress est différent, nous avons gagné en assurance. NAINGGOLAN : D'emblée un match important. Il faut entamer un tournoi pareil en prenant les trois points. Si nous gagnons ce premier match, nous sommes quasiment assurés d'être qualifiés pour le tour suivant. Ce sera un match très délicat car les Italiens sont très forts sur le plan tactique. NAINGGOLAN : Tout ce que je peux dire, c'est que c'est une très bonne équipe. Elle aligne peut-être moins de stars mondiales que dans le passé mais elle reste un excellent bloc, comme nous avons pu le constater en automne lors de notre match amical. Mais je pense que nous possédons plus de qualités individuelles. J'espère que chacun sera à 100 % à ce moment. LUKAKU : Elle était très forte sur le plan tactique. Je n'ai pas vécu un match facile. Nous avons été dominés tactiquement pendant les vingt premières minutes, je pense. Les Italiens sont forts, ils arrivent très vite devant, ils jouent à un rythme élevé. Mais je pense que ce jour-là, la classe individuelle a fait la différence. Derrière, l'Italie a le bloc de la Juventus, avec un gros avantage : les défenseurs ont connu le sélectionneur, qui était leur entraîneur trois ans plus tôt. On le voit à leur manière de jouer : elle est assez semblable à celle de la Juventus. Je regarde beaucoup de matches, y compris de Serie A, et j'ai retrouvé beaucoup d'éléments turinois. Pour moi, l'Italie figure parmi les favoris du tournoi. LUKAKU : Je le fais moins en équipe nationale. Je ne joue pas tous les matches et il y a beaucoup de parties entre deux matches internationaux. Je m'occupe beaucoup plus de mon évolution à Everton, où je dispute plus de matches. J'appréhende les choses au quotidien. C'est différent en équipe nationale. LUKAKU : Beaucoup. Ils sont aussi contents d'être repris et ils disent qu'ils vont nous rendre la vie dure. Moi, je réponds en rigolant : " Faites attention, notre équipe n'est pas des plus faciles. " Ça revient souvent dans le vestiaire, même si nous nous sommes surtout concentrés sur notre saison. Elle n'a pas été terrible pour Everton et c'était notre principal sujet de conversation. NAINGGOLAN : Mes coéquipiers disent que nous sommes les grands favoris de l'EURO. Nous avons été premiers du classement FIFA tout un temps. Ils en ont ri mais je leur ai rappelé que nous avions gagné notre match contre eux. D'un autre côté, pour le moment, tout ça est encore loin... LUKAKU : La Belgique s'est mise beaucoup plus tôt à l'heure de l'EURO, je pense, peut-être parce que le championnat est moins relevé. Nous sommes impatients aussi mais pour le moment, nous sommes surtout relax. La plupart des joueurs évoluent dans de grands clubs et ils sont en lutte pour le titre ou une place en Ligue des Champions. C'est un fameux business, qui nous occupe tous les jours et qui, en même temps, nous détend. Nous allons bientôt nous réunir et travailler d'arrache-pied. LUKAKU : Oui. Comme tout avant qui marque. La façon d'y arriver, le rythme. Il y est parvenu en Serie A, le championnat le plus difficile pour un avant. Il a marqué 25 buts par saison alors qu'il avait déjà 28 ou 29 ans. Il trouve aussi souvent le chemin des filets pour le PSG, à 34 ans. Chapeau. LUKAKU se tourne vers Nainggolan : Tu as joué contre lui, non ? NAINGGOLAN : Non. Ou si, quand il était à Milan. Je pense que la Suède est prenable. Il faut quand même être sûr de battre un adversaire ! Mais il faut se méfier de joueurs comme lui. C'est lui qui a plié le match du PSG contre Chelsea. Les grands joueurs sont ainsi : ils peuvent décider un match dès qu'ils reçoivent une toute petite occasion. Il faudra vraiment faire attention. LUKAKU : Zlatan est un bon avant. Il a qualifié son pays à lui seul, en barrages. Quand on voit ses statistiques et son football... Il progresse d'année en année. Incroyable. LUKAKU : We'll see. Ask the coach.(Rires) Je ne ferai pas d'autre commentaire. Je verrai bien ce qui se passe en France. LUKAKU : Je suis parmi les meilleurs, ça va. Personnellement, je suis content. Je m'attendais néanmoins à jouer une saison de ce calibre. LUKAKU : Parce que je suis pro depuis six ou sept ans. Quand on pense faire partie des meilleurs, il faut le prouver. Et je commence à le faire. LUKAKU : Oui, mais on ne sait jamais. On peut aller à l'EURO en plein boom et se retrouver sur le banc. Je fais de mon mieux en espérant aller le plus loin possible. LUKAKU : En effet, on ne sait jamais ce qui peut se passer en football. Tant en équipe nationale qu'en club, il faut être prêt à des événements spéciaux. LUKAKU : Non, non. Mais ce sera peut-être la prochaine étape. On verra bien. C'est un objectif : il faut tenter de battre tous les records possibles. Je veux aussi gagner des prix avec mon équipe. Tant que les deux vont de pair, je suis satisfait. NAINGGOLAN : C'est quoi, le Soulier d'Or européen ? LUKAKU : Le trophée que Ronaldo gagne chaque année. NAINGGOLAN : Le plus de buts en un an ? (Il éclate de rire) Alors, il faut qu'ils arrêtent de marquer, ces gars-là. Ils en mettent 50 par saison. LUKAKU : Je vous le dis, ces gars ne sont pas normaux. PAR THOMAS BRICMONT ET PETER T'KINT - PHOTOS NIKE