Appelé à remplacer Sambégou Bangoura en guise de buteur/remiseur du Brussels, Pavel Fort a donné un premier aperçu de ses qualités, voici une dizaine de jours, à la faveur de la visite de Saint-Trond au stade Edmond Machtens. Ce soir-là, l'attaquant tchèque avait défloré la marque d'un vigoureux heading avant d'adresser la passe décisive à Julien Gorius sur le deuxième goal des Coalisés.
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Appelé à remplacer Sambégou Bangoura en guise de buteur/remiseur du Brussels, Pavel Fort a donné un premier aperçu de ses qualités, voici une dizaine de jours, à la faveur de la visite de Saint-Trond au stade Edmond Machtens. Ce soir-là, l'attaquant tchèque avait défloré la marque d'un vigoureux heading avant d'adresser la passe décisive à Julien Gorius sur le deuxième goal des Coalisés. " Ce match aura été une véritable délivrance ", dit-il. " A l'exception de l'assist délivré à Jean-Paul Lutula, à Mons, je m'étais essentiellement distingué en loupant l'immanquable contre Roulers ". D'autant plus que la griserie du goleador, le Tchèque ne l'avait plus vécue depuis un bon bout de temps. Plus précisément depuis son passage du club où il s'était révélé, le Slavia Prague, à destination du FC Toulouse, au mois de janvier passé. Là-bas, en l'espace de 10 apparitions en Première, il n'était pas arrivé à faire trembler une seule fois les filets adverses : " Mais mon temps de jeu y fut des plus limités en raison de la concurrence de Johan Elmander. Le Suédois, venu en droite ligne de Bröndby au cours de l'été 2006, livra une saison d'enfer agrémentée d'un total de 11 buts. A lui tout seul, il aura grandement contribué à la troisième place finale enlevée par le Téfécé. Comme l'entraîneur, Elie Baup, n'entendait pas déroger à un système qui avait fait ses preuves, avec une seule pointe, il valait mieux que je change de cadre. Ce prêt d'un an au Brussels, assorti d'une option pour une année, recueillait pleinement mes faveurs ". Fort avait déjà eu un petit avant-goût de la Belgique il y a deux ans. Durant l'été 2005, il s'était mesuré à Anderlecht au troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions avec le Slavia Prague : défaite 2-1 à l'aller, au Parc Astrid, et nouveau revers, 0-2, à domicile. Absent lors de la manche initiale, le jeunot était monté au jeu à la 46e minute, au retour, à la place de Stanislav Vlcek. " Mais dans nos installations, nous avions été balayés par le Sporting et Mbo Mpenza en particulier. Il n'y avait vraiment rien à redire car les Mauve et Blanc s'étaient montrés supérieurs sur l'ensemble des deux joutes. Cette année, les rôles sont inversés puisque mon ancien club participe pour la première fois à la phase des poules, tandis qu'Anderlecht est versé en UEFA. Je ne crois pas, toutefois, que la valeur intrinsèque de ces formations ait changé. Pour moi, le RSCA est et reste d'une qualité supérieure. Il a simplement joué de malchance, cette fois, à l'occasion du tirage au sort ". Fort est un cas : stopper à ses débuts, à Hermanova Hut, il fut ensuite titularisé au sein de la ligne médiane à Viktoria Plzen avant de terminer aux avant-postes au Slavia Prague. Et, dans l'intervalle, il avait été appelé en équipe nationale des moins 19 au poste de back droit ! " J'ai été mis à toutes les sauces avant de trouver ma voie mais je ne m'en plains pas. Ces différentes attributions m'ont permis d'enrichir mon bagage. Au Brussels, je poursuis cet apprentissage, en ce sens que j'y suis confronté à un nouveau système de jeu. Pour la première fois, je joue dans un 4-4-2, alors que j'ai toujours été habitué à évoluer seul devant, dans un schéma en 4-5-1 ou en 4-2-3-1. Au départ, j'ai eu du mal à trouver mes repères mais ma collaboration avec Lutula se déroule de mieux en mieux. Dès l'instant où je maîtriserai le français, nous progresserons encore. Car devant, tout est une question de réglages et les mots sont très importants ". Pour Fort, le modèle à suivre, en Belgique, n'est autre que Jan Koller. Le géant tchèque ne connaissait pas un traître mot de néerlandais en débarquant autrefois à Lokeren et il ne jouait pas non plus, à cette époque, au sein d'une équipe huppée. Ce qui ne l'a pas empêché de devenir le monument que l'on sait. " Je ne prétends nullement que je vais marcher sur les traces de mon compatriote car il est vraiment unique. Mais j'aimerais, comme lui, pouvoir tâter un jour du football au plus haut niveau. J'ai loupé deux fois la Ligue des Champions : avec le Slavia Prague d'abord, puis avec le FC Toulouse cette saison, puisque l'équipe dut en définitive s'incliner en qualifications face à Liverpool. Je n'ai pas perdu l'espoir, cependant, de me retrouver un jour à l'échelon suprême ". Il veut accumuler à la fois du temps de jeu et des buts pour repartir un jour sur des nouvelles bases chez les Violets. Afin d'y parvenir, il pourra compter bientôt sur l'appui d'un partenaire qu'il a côtoyé quelque temps au Téfécé avant de le saluer à nouveau à Bruxelles : Jean-Louis Akpa Akpro. " Durant la préparation à cette campagne, nous avions joué quelquefois ensemble et nous nous étions alors trouvés les yeux fermés ", souligne-t-il. " C'est un gars qui centre au cordeau. Avec Eric Deflandre sur le même flanc droit et Dieudonné Owona à gauche, tout porte à croire que je serai alimenté dans des conditions idéales et que je pourrai utiliser mon jeu de tête, qui constitue mon principal atout ". par bruno govers