" J'étais d'autant plus déçue que j'étais certaine de participer à Rio ", raconte Ilse Heylen (39 ans), en revenant sur ce fatal 13 mai à Almaty, au Kazakhstan. " Le risque de ne pas me qualifier était minime mais une fille qui n'avait jamais gagné de tournoi m'a battue et j'ai été éliminée. Pendant un mois, j'ai été un zombie. Rio devait être mon dernier tournoi et voilà que je perdais cet objectif. Je n'avais plus aucun but et j'ai décidé de reno...

" J'étais d'autant plus déçue que j'étais certaine de participer à Rio ", raconte Ilse Heylen (39 ans), en revenant sur ce fatal 13 mai à Almaty, au Kazakhstan. " Le risque de ne pas me qualifier était minime mais une fille qui n'avait jamais gagné de tournoi m'a battue et j'ai été éliminée. Pendant un mois, j'ai été un zombie. Rio devait être mon dernier tournoi et voilà que je perdais cet objectif. Je n'avais plus aucun but et j'ai décidé de renoncer au sport de haut niveau. J'ai réfléchi à la possibilité d'aller à Rio par la voie juridique. J'aurais par exemple pu m'en prendre à des erreurs d'arbitrage mais ça n'aurait pas été raisonnable pour mon avenir en sport. " Elle n'a pas quitté le tatami mais décidé d'entraîner les autres. " Je m'occupe des meilleurs jeunes de mon club à Louvain. Je voudrais représenter quelque chose pour l'aile flamande de judo mais elle m'a déjà fait comprendre qu'elle ne comptait pas sur mes services. Dans la composition actuelle, je n'accepterais d'ailleurs pas. Pendant des années, je me suis battue contre l'aile flamande qui ne fonctionne pas bien, contrairement à la wallonne. Elle m'a récemment confirmé que les responsables resteraient encore certainement quatre ans en poste. Donc, ce n'est pas une option. Je me concentre sur l'étranger. J'ai des contacts avec l'Allemagne et la Norvège mais j'attends des propositions plus concrètes à l'issue des Jeux. Je suis liée jusqu'en décembre au Bloso. D'ici là, je dois avoir une solution. " La médaillée de bronze des Jeux 2004 suit les compétitions de judo de Rio, même si elle a le coeur lourd. " Je serai contente quand les Jeux seront achevés car pour le moment, je suis sans cesse confrontée à mon échec. Je suis toutefois heureuse d'avoir pu participer à trois olympiades, avec une médaille à la clef. On ne réalise ce que ça représente qu'après. Je croise évidemment les doigts pour les judokas belges. Nous avons deux candidats à une médaille avec Charline Van Snick et Toma Nikoforov mais je nourris des inquiétudes côté flamand. Il n'y a d'ailleurs pas de successeur à Dirk Van Tichelt, qui va bientôt arrêter. Mais bon, la fédération flamande estime qu'il n'y a pas de problème. Dommage. " PAR MATTHIAS STOCKMANS" Pendant un mois, j'ai été un zombie. "