Les fins d'année civile sont l'occasion de tirer des conclusions, de faire les premiers bilans même si on est à mi-saison. La Ligue 1 a ceci de particulier que le championnat est en quelque sorte terminé. A la fin des matchs aller, le Paris Saint-Germain compte... dix-neuf points d'avance sur son dauphin (l'AS Monaco).
...

Les fins d'année civile sont l'occasion de tirer des conclusions, de faire les premiers bilans même si on est à mi-saison. La Ligue 1 a ceci de particulier que le championnat est en quelque sorte terminé. A la fin des matchs aller, le Paris Saint-Germain compte... dix-neuf points d'avance sur son dauphin (l'AS Monaco). A l'autre bout du sceptre, Troyes, la lanterne rouge, se situe à neuf points de l'avant-dernier (Toulouse). Le reste appartient à un magma interchangeable où trois victoire de suite peuvent inverser le destin d'un club. Après un départ catastrophique, le Gazélec d'Ajaccio (1re saison dans l'élite, 1re victoire lors de la onzième journée) et le Montpellier-Hérault occupent désormais les douzième et quinzième places à la fin de la phase aller. Deux symboles parmi tant d'autres de cette déliquescence du foot français de club : le SCO d'Angers, deux saisons parmi l'élite en trente-quatre ans, monté de justesse l'an dernier (3e de Ligue 2) a longtemps occupé la deuxième place. Son secret : un recrutement bien ciblé, une discipline collective rare et une armée de revanchards venus des divisions inférieures lui valent un troisième strapontin à la trêve et un maintien quasi assuré. A l'inverse, l'Olympique lyonnais (9e), second l'an dernier avec des jeunes plus que prometteurs (Fekir, Lacazette, Ferri, Tolisso... ) accumule les échecs depuis son élimination en C1. Quand Dmitri Rybolovlev a racheté l'AS Monaco quelques mois après que QSI s'est emparé du PSG, on a pu croire que la L1 allait devenir une ligue attrayante pour les tycoons du business international. Tous les bastions de l'Hexagone (OM, Nantes, Strasbourg, Lille, Saint-Etienne) étaient alors potentiellement à vendre. Ce n'est pas arrivé. Pire : après un recrutement fastueux (Moutinho, Carvalho, Falcao, James Rodriguez...) le Monaco sous pavillon russe s'est mis en tête de ressembler au FC Porto et recrute désormais des joueurs en fonction des reventes potentielles au mépris de toute logique sportive. A l'image de la crise morale que traverse le pays, le foot d'ici doit composer avec celle de ses dirigeants. Pendant l'intersaison, les hiérarques des principaux clubs ont fait sécession avec leurs homologues de la Ligue 2 en créant leur propre structure, Première Ligue. L'objet de cette scission ? Les droits TV, bien sûr qu'ils voudraient diminuer pour les clubs du deuxième niveau et les montées dans l'élite qu'ils souhaitent réduire à deux (au lieu de trois). Dix-neuf entités ont intégré la nouvelle structure. Seule exception ? L'En-Avant Guingamp, le club bâti par Noël Le Graët, l'ancien président de la Ligue et actuel de la Fédération, resté au sein de l'UCPF, le collectif qui accueillait tous les clubs pros il y a encore huit mois. Résultat ? La L1 a commencé en août dernier sans qu'on sache combien de clubs accéderaient ou quitteraient l'élite et, ironie de l'histoire, qui occupe la dix-huitième place (celle du mort en sursis) à la trêve ? Guingamp, bien sûr. " C'est un beau symbole de tout ce qui ne va pas dans notre football. Les dirigeants de l'élite veulent faire payer leur incompétence à ceux du dessous. Ils sont devenus fous... ", commente, en off, un président de Ligue 2..