Il a connu les mauvais côtés du métier d'entraîneur : limogeages, pertes de confiance, bouteilles envoyées à la tête... Il est déjà passé par 11 équipes. Oui : 11. Jusqu'à ce qu'il obtienne enfin la reconnaissance de son talent au FC Séville, un club avec lequel il a remporté cinq trophées en deux ans. A 53 ans, Juande Ramos a réalisé le rêve de sa vie : entraîner en Premier League, avec un contrat de quatre ans qui fait de lui l'un des coaches les mieux payés de la planète. Jusqu'ici, il a réussi tous les défis qu'il s'était lancés. Il ne serait donc pas étonnant de le voir, à terme, idolâtré par les fans de White Heart Lane.
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Il a connu les mauvais côtés du métier d'entraîneur : limogeages, pertes de confiance, bouteilles envoyées à la tête... Il est déjà passé par 11 équipes. Oui : 11. Jusqu'à ce qu'il obtienne enfin la reconnaissance de son talent au FC Séville, un club avec lequel il a remporté cinq trophées en deux ans. A 53 ans, Juande Ramos a réalisé le rêve de sa vie : entraîner en Premier League, avec un contrat de quatre ans qui fait de lui l'un des coaches les mieux payés de la planète. Jusqu'ici, il a réussi tous les défis qu'il s'était lancés. Il ne serait donc pas étonnant de le voir, à terme, idolâtré par les fans de White Heart Lane. Juande Ramos : Un peu, oui. Mais ne croyez pas que ce changement de vie m'ait perturbé. A aucun moment, je n'ai ressenti le stress. J'ai toujours été très calme au moment de relever ce nouveau défi. Je me sens bien et très heureux. N'exagérons rien. En ce qui me concerne, j'ai pris une décision, point à la ligne. Aujourd'hui, je suis à Londres et je ne me tracasse guère de ce que l'on peut raconter à mon sujet. Ceux qui ne l'ont pas comprise sont ceux à qui l'on n'a pas offert ce que l'on m'a offert à moi. Ils n'ont pas eu à choisir. C'est très facile de parler lorsqu'on n'est pas soi-même confronté au premier chef par la situation. J'aurais aimé voir la réaction de mes détracteurs s'ils s'étaient trouvés à ma place. Je l'espère, en tout cas. Et je pense que c'est effectivement le cas d'une majorité de supporters sévillans. J'ai senti l'équipe un peu abattue, mais c'est logique car elle occupait alors une position de reléguable. Mais l'envie de s'extraire de cette situation était présente également. J'ai trouvé des joueurs pleins de bonne volonté, avides de se mettre au travail pour inverser la tendance. J'espère que, bientôt, on ne parlera plus de cette spirale négative dans laquelle le club s'était enfoncé. Au respect, clairement. C'était même l'aspect le plus positif lors de mon arrivée. J'ai reçu un accueil très chaleureux. Tout le monde, du staff technique aux joueurs, s'est rapidement mis à ma disposition pour tenter de s'extraire de l'ornière le plus rapidement. Une telle disponibilité m'a surpris, je l'avoue. Non, pas du tout. La seule différence avec Séville, c'est que j'ai changé de pays. Mais, pour le reste, ma manière de travailler n'a pas changé. Les rapports que j'entretiens avec les membres du club, non plus. C'est évident. Il y a beaucoup de choses nouvelles pour moi : la langue, les coutumes, la culture, la nourriture... S'adapter, cela fait aussi partie du métier d'entraîneur. Je dois surtout me concentrer sur mon équipe. Je ne veux pas critiquer mon prédécesseur, le Néerlandais Martin Jol. Il ne m'appartient pas de juger s'il utilisait les bonnes méthodes pour conduire l'équipe au succès. Mais il est clair que, si l'on m'a engagé, c'est parce que l'on estimait que quelque chose ne fonctionnait pas précédemment. Mon rôle est de garder ce qui fonctionnait et de modifier ce qui ne fonctionnait pas. Je crois qu'il faut surtout changer la mentalité, afin de gravir progressivement les marches qui nous séparent du sommet de la hiérarchie. Petit à petit, je me forge mon idée, effectivement. Mais je ne suis à Londres que depuis peu de temps et je ne suis pas un magicien, capable de tout transformer d'un coup de baguette magique. Je vais prendre mon temps pour imposer ma griffe, tout en sachant que je ne peux pas musarder en chemin. Je recherche la meilleure manière d'améliorer le rendement de l'équipe, mais je crois que le plus urgent, c'est que les joueurs reprennent confiance en leurs moyens. Car il est clair qu'ils ont les qualités pour figurer bien plus haut au classement. Assurément. Il est l'un de mes plus proches collaborateurs. C'est un homme qui connaît parfaitement le football anglais et qui m'aidera à résoudre toutes les situations compliquées qui se présenteront. Lorsque l'entraîneur s'en va alors qu'il est encore sous contrat, on le considère comme un traître. Mais, si c'est le club qui chasse son entraîneur et l'humilie, on trouve cela logique. Je trouve que, ce qui est valable pour une partie, doit l'être pour l'autre également. Si quelqu'un avait proposé au FC Séville un entraîneur meilleur et moins cher que Juande Ramos, croyez-vous que le club aurait hésité à changer ? J'ai effectivement connu les affres d'un limogeage, comme quasiment tous les entraîneurs. Je les ai même subies à plusieurs reprises. Mais j'estime que l'entraîneur a les mêmes droits que le club. Oui, effectivement. Rien de spécial. J'étais toujours sous contrat, et le club et moi avons convenu de poursuivre un bout de chemin ensemble. C'est tout. Il n'est pas nécessaire de se réconcilier, puisqu'il n'y a jamais eu de différend. J'ai simplement pris la décision de changer d'air, mais je vous assure qu'il n'y a jamais eu le moindre problème entre mon ancien employeur et moi. Au contraire, je garde d'excellents souvenirs des deux années que j'ai passées en Andalousie. Et j'espère que la réciproque est vraie également. Tout à fait. Depuis mon plus jeune âge, j'avais cette idée en tête. J'ai toujours apprécié les Iles Britanniques et le football anglais. Lorsque je suis devenu entraîneur, je m'étais fixé comme objectif d'entraîner, un jour, un club d'outre-Manche. Aujourd'hui, le rêve est devenu réalité. Toujours. En Espagne, je ne perdais pas une miette des images de football anglais qui étaient diffusées à la télévision. Ce championnat me fascinait. Il est clair qu'à cette époque-là, la perspective d'entraîner un jour en Premier League relevait plutôt de l'utopie. Mais, grâce à Dieu, ma carrière a pris une tournure plus faste. J'ai réalisé des objectifs importants, j'ai remporté des trophées, et tous ces succès m'ont permis d'arriver là où je suis actuellement. Pas du tout. Je suis toujours la même personne qu'autrefois. J'évolue simplement dans un autre monde, mais au fond de moi-même, rien n'a changé. Pas encore, non. Le premier objectif est de remonter au classement. Il y a du travail, car le club était tombé bien bas. La Coupe de l'UEFA ? Il est encore trop tôt pour fixer un objectif final dans cette compétition. On verra, au fur et à mesure de l'épreuve, jusqu'où on peut arriver. Mais actuellement, je travaille surtout à court terme. Il y a beaucoup de bonnes équipes en Coupe de l'UEFA. Certaines semblent mieux armées que nous. Mais, si la chance de remporter le trophée se présente, on essaiera évidemment de la saisir. C'est possible. Mais je dois d'abord bien analyser les forces et les faiblesses de mon équipe, pour voir ce dont nous avons exactement besoin. Ensuite, on décidera. Jamais ! Je respecte trop les supporters, le club et les joueurs du FC Séville pour aller débaucher des éléments au stade Sanchez Pizjuan. Je n'attirerais éventuellement l'un de mes anciens joueurs que s'il se retrouvait libre sur le marché. Aucun joueur sous contrat au FC Séville ne sera contacté. Je ne veux pas m'entendre reprocher de démanteler mon ancienne équipe. Il y a suffisamment de bons joueurs dans le monde, ailleurs qu'au FC Séville. Si c'est le cas, il ne m'en a pas encore parlé. C'est un grand joueur et j'espère de tout c£ur qu'il restera, mais je ne peux obliger personne à rester contre son gré. Je veux des joueurs qui se sentent concernés à 100 % par le club. Je ne dirais pas que travailler en Angleterre procure plus de tranquillité, je dirais plutôt que je suis plus tranquille. Il n'y a pas de journalistes à l'entraînement, les médias sont tenus à l'écart et l'équipe doit uniquement se concentrer sur son travail. En ce qui concerne les dirigeants, je ressens effectivement une grande confiance de leur part à mon égard. Mais quoi de plus logique ? S'ils n'avaient pas confiance en moi, ils ne m'auraient pas fait signer un contrat de quatre ans. Non, pas du tout. C'est à ce moment que le processus de recherche d'un nouvel entraîneur s'est déclenché. Auparavant, je n'étais au courant de rien. Cela m'a fait mal de quitter un club avec lequel j'ai connu tant de succès. Mais le métier d'entraîneur est ainsi fait. Il me restait une demi-année de contrat, et rien ne dit que l'été prochain, j'aurais été autant courtisé sur le marché. Rien ne permet d'affirmer, non plus, que les propositions auraient été aussi intéressantes. La possibilité de signer un beau contrat, dans un club évoluant dans un championnat qui m'a toujours attiré, s'est présentée. Je ne pouvais pas la laisser passer. Oui, bien sûr. Je ne l'ai pas encore fait venir parce que je suis toujours à la recherche d'une maison. Lorsque je l'aurai trouvée, ma famille me rejoindra. Mais je dois reconnaître que j'ai très peu de temps pour feuilleter les petites annonces immobilières. J'ai été très occupé, mes premières semaines en Angleterre m'ont parues très courtes. Je la surmonte sans problèmes. Je m'entends parfaitement avec les footballeurs. Je devrais me perfectionner en anglais avec le temps, mais ce n'est pas le sujet qui me préoccupe le plus. Thank you ! (il rit) Mais ici, on ne m'appelle pas Mister. On m'appelle The Boss ! par pablo lopez (esm) - photos: reporters