Zoran Stojadinovic est un journaliste sportif en vue à Belgrade. Dans les colonnes de son quotidien, Sportski Journal, il s'en prend souvent au coach fédéral, Ilija Petkovic, qui, selon lui, n'est plus un homme d'avenir. La presse s'élève souvent contre les anciennes gloires qui, selon beaucoup, sclérosent le football au plus haut niveau. Il faudrait tout rénover et rajeunir.
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Zoran Stojadinovic est un journaliste sportif en vue à Belgrade. Dans les colonnes de son quotidien, Sportski Journal, il s'en prend souvent au coach fédéral, Ilija Petkovic, qui, selon lui, n'est plus un homme d'avenir. La presse s'élève souvent contre les anciennes gloires qui, selon beaucoup, sclérosent le football au plus haut niveau. Il faudrait tout rénover et rajeunir. " A part le stade du Partizan, de l'Etoile Rouge et de Novi Sad, les autres installations ne sont pas à la hauteur ", dit-il. " L'outil de travail n'est plus là. Il y a des ruines où plus un sou n'a été investi depuis des années. Des clubs remontent en D1 sans éclairage. Personne n'ose imposer des conditions d'accès à la D1. Les problèmes en Serbie & Monténégro, ce ne sont ni les joueurs, ni les supporters, ni la presse. Ce sont les dirigeants qui ne sont pas à leur place et se contentent de leur strapontin. Certains d'entre eux sont de petits parasites. Il est impossible de progresser dans ces conditions. Les grands clubs doivent vendre sans cesse leurs joueurs. Le Partizan est présent en Coupe de l'UEFA et cela lui assure des revenus. Sans cela, ce serait aussi la catastrophe. Lothar Matthäus a entraîné ce club. Il était en phase de relance après un échec en Autriche. Ce fut un bon mariage. Matthäus a requinqué le club, lui a offert sa renommée et a réussi une bonne campagne en Ligue des Champions. Il avait de bonnes idées et son travail a payé. Partizan est le club le mieux géré. Par contre, l'Etoile Rouge a vendu ses vedettes pour boucler son budget mais a été sortie de la Ligue des Champions et de la Coupe de l'UEFA. Là, il n'y a plus rien : plus de joueurs, plus d'argent et l'homme fort, Dragan Dzajic est seul et discuté ". La presse a également regretté l'infiltration des clubs par des hommes d'affaires louches. Un club, Obilic, tenait la route grâce aux apports financiers d'un criminel des milices paramilitaires, Arkan, dit aussi le Tigre, tombé sous les balles de ses ennemis politiques. Un épisode pas relié directement à l'assassinat du secrétaire général de la fédération, plutôt à verser au dossier des mafias du football. Cette époque troublée est heureusement révolue. Tous les phares de l'actualité sont désormais braqués sur l'équipe nationale. " Je ne suis pas optimiste malgré notre bon classement dû à nos deux matches contre Saint-Marin ", avance Zoran Stojadinovic. " Malgré tout ce qu'il dit, Ilija Petkovic n'a pas de système tactique précis. Il erre d'une occupation du terrain tactique à une autre. C'était sans doute un excellent joueur mais son temps comme coach est passé. Il ressemble hélas de plus en plus à Vujadin Boskov qui disait une chose mais en faisait une autre. Ivica Osim avait créé une formidable équipe nationale avant la guerre et des éléments comme Predrag Mijatovic ou Dejan Savicevic ont acquis une autre dimension. Ivica Osim avait une vision, une méthode de travail. Ce n'est pas le cas d'Ilija Petkovic. Beaucoup de joueurs jouent mieux dans leur club qu'en équipe nationale. Cet homme n'a ni système, ni tactique, ni projet, ni idée pour l'avenir ".