Aïe, Anderlecht ! Les chances de franchir l'obstacle, après ce début sans fanfare mais avec un 0/6, sont aussi grandes que mes chances à moi de devenir Miss Univers ! Pas de regrets, ai-je lu, l'Inter était trop fort. Mouais : disons que l'Inter était composé de meilleurs joueurs (c'est-à-dire un peu meilleurs et beaucoup plus chers), mais que le foot reste un jeu où les moins bons mettent régulièrement des bâtons dans les roues des meilleurs ! Anderlecht a-t-il donc au moins mis des bâtons ? Offensivement oui, défensivement non. Une main milanaise dans le rectangle que l'arbitre a choisi de décréter innocente, deux coups de tête qui auraient pu rapporter plus gros, un piquet, un beau but : décemment, on ne pouvait pas en demander plus face aux héritiers historiques des inventeurs du catenaccio.
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Aïe, Anderlecht ! Les chances de franchir l'obstacle, après ce début sans fanfare mais avec un 0/6, sont aussi grandes que mes chances à moi de devenir Miss Univers ! Pas de regrets, ai-je lu, l'Inter était trop fort. Mouais : disons que l'Inter était composé de meilleurs joueurs (c'est-à-dire un peu meilleurs et beaucoup plus chers), mais que le foot reste un jeu où les moins bons mettent régulièrement des bâtons dans les roues des meilleurs ! Anderlecht a-t-il donc au moins mis des bâtons ? Offensivement oui, défensivement non. Une main milanaise dans le rectangle que l'arbitre a choisi de décréter innocente, deux coups de tête qui auraient pu rapporter plus gros, un piquet, un beau but : décemment, on ne pouvait pas en demander plus face aux héritiers historiques des inventeurs du catenaccio. Défensivement non : je n'ai pas dit la défense mais bien l'équipe, défensivement. C'est toute l'histoire de la balance, de l'équilibre entre perte et possession de balle. Je mettrais ma conscience à couper que HugoBroos a fait violence à la sienne en alignant pareil onze de départ face à pareil adversaire : PärZetterberg et quatre attaquants dans l'âme dans l'espoir d'ennuyer FrancescoToldo, c'est noble et beau ! Et ce n'eût même pas été bête si ces cinq offensifs avaient daigné consacrer un bout de leur emploi du temps à défendre de temps en temps ! Vous m'objecterez que plus ils auraient défendu, moins ils se seraient essayés à ennuyer Toldo. C'est vrai, c'est d'ailleurs le genre de débat qui fait que les buvettes représentent 75 % du chiffre d'affaires des petits clubs. Attention, ça peut aussi marcher si le gardien et les cinq défensifs restants sont tout à la fois sangsues surdouées et inconditionnels malins d' AndréMaginot ! Là, disons les choses aussi platement que la défense en ligne du temps de PierreSinibaldi, nous sommes encore loin du compte : BesnikHasi est le seul futé des six, même si le vieux OlivierDeschacht (bientôt 24 ans !) est en passe de réussir son examen de maturité. Les quatre autres débarquent à peine en D1 belge, il est donc logique que Juan SebastianVeron et ses potes les aient parfois menés en bateau. Et quand Peersman entame son match par une relance vidéo-gag, logique aussi que ça frémisse dans les langes de la classe biberon ! " La valeur n'attend pas le nombre des années ", récitent les défenseurs de cette dernière. " C'est en forgeant qu'on devient forgeron ", rétorquerai-je, et surtout à un poste défensif. Or, au moins AnthonyVanden Borre et LamineTraoré n'ont pas encore assez forgé ! Je veux bien que VincentKompany soit la merveilleuse exception confirmant la règle, mais une exception est exceptionnelle par définition, faudrait pas croire que FrankyVercauteren peut les fabriquer en série. Aucune défense à quatre de Ligue des Champions n'aligne un gars de 16 ans et demi et un gars de 18 ans, même quand les deux autres sont de vrais briscards... Laissé fort seul par Mbo, Vanden Borre a fort mal joué : ça n'aurait pas été pire au même poste avec OlegIachtchouk, GlenDe Boeck, WalterBaseggio... ou MarcHendrikx ! Vanden Borre ne donne pas comme Kompany l'impression d'aimer jaillir dans les mollets ennemis ; mais celle de pouvoir se permettre les mêmes initiatives et le même jeu quand son équipe est malmenée par l'Inter ou quand elle malmène la Réserve de St-Trond. Ce n'est pas un déficit de jugeote congénital, c'est un péché de jeunesse caractérisé : d'accord, faut laisser le temps au temps, mais c'est cher payé. Et Anderlecht rend-il service à Vanden Borre en lui répétant qu'il sera demain une superstar ? " Hein ? On ne lui a jamais dit cela ! ", entends-je hurler. Si : le sélectionner contre l'Inter en lui laissant entendre qu'il en est capable avec les qualités de ses 16 ans et demi, C'EST le lui dire ! Je sais, et la rengaine s'entend à tous les niveaux, le salut financier de nos clubs passe par le fait d'arriver à " sortir des jeunes " : c'est-à-dire à les faire pousser comme les légumes d'un potager chéri ! Mouais. Pour les sortir (de l'anonymat), faut peut-être parfois aussi les ressortir (du onze de base). Et leur interdire de sortir (en boîte). C'est compliqué pour eux. par Bernard JeunejeanAnderlecht rend-il service à Vanden Borre en lui répétant qu'IL SERA DEMAIN UNE SUPERSTAR ?