Les changements intervenus en cours de semaine à Charleroi et à l'Antwerp, avec les arrivées de Robert Waseige et Doy Perazic, n'ont pas eu de répercussion au niveau des résultats ?

Georges Heylens : Pour avoir pris moi-même le train en marche à l'un ou l'autre moment de ma carrière d'entraîneur, je suis bien placé pour dire qu'une révolution se vérifie rarement dans ce cas de figure. En revanche, une évolution est souvent perceptible et, du côté du Great Old par exemple, j'ai vu des joueurs autrement plus volontaires sur le terrain que ceux qui s'étaient fait ramasser par 0-4 face à Bruges, au G. Beerschot et au Standard. C'est le signe d'un premier changement, non négligeable, même s'il ne faut pas non plus tomber dans l'exagération en la matière. Car l'agression qui a valu à Harald Pinxten d'être gratifié d'une carte rouge après un tackle par derrière sur Zoran Ban est tout simplement scandaleuse. Dans ...

Georges Heylens : Pour avoir pris moi-même le train en marche à l'un ou l'autre moment de ma carrière d'entraîneur, je suis bien placé pour dire qu'une révolution se vérifie rarement dans ce cas de figure. En revanche, une évolution est souvent perceptible et, du côté du Great Old par exemple, j'ai vu des joueurs autrement plus volontaires sur le terrain que ceux qui s'étaient fait ramasser par 0-4 face à Bruges, au G. Beerschot et au Standard. C'est le signe d'un premier changement, non négligeable, même s'il ne faut pas non plus tomber dans l'exagération en la matière. Car l'agression qui a valu à Harald Pinxten d'être gratifié d'une carte rouge après un tackle par derrière sur Zoran Ban est tout simplement scandaleuse. Dans un même ordre d'idées, le Carolo Mustapha Sama aurait mérité cent fois plutôt qu'une, lui aussi, d'être renvoyé prématurément au vestiaire suite à son intervention assassine sur Aruna Dindane. Je peux comprendre qu'un joueur mette le pied mais de là à mettre en péril l'intégrité physique d'un adversaire, il y a une limite à ne pas franchir. Il a £uvré non sans succès dans les séries inférieures. Dès lors, pourquoi ne pas lui laisser le bénéfice du doute. De toute façon, il y a longtemps que le ridicule ne tue plus dans le monde du football belge. Je n'en veux pour preuve que la composition d'équipe de Beveren à l'occasion de son déplacement au Germinal : dix Ivoiriens et un Lituanien. Dans un passé guère lointain, Gand s'était déjà distingué en étant la première équipe à faire confiance à onze étrangers. Mais chez les Buffalos, au moins, il y avait un mix entre différentes nationalités et entre joueurs chevronnés ou non. Ici, ce sont dix gars pas plus haut que trois pommes, pesant 50 kilos tout au plus bien mouillés et sans grand vécu au niveau du football belge, qui ont été alignés au stade olympique. Ce n'est pas sérieux. Une chose est sûre : le système de Jean-Marc Guillou n'est manifestement pas plus rentable avec une plus grande présence de joueurs ivoiriens sur le terrain, comme le directeur technique français veut le faire croire. Tout cela n'est qu'un artifice pour faire fructifier ses joueurs. Jean-Pierre Detremmerie a incontestablement eu le nez creux en ramenant Georges Leekens au bercail. Son expérience profite pleinement aux Hurlus et c'est ce recul-là, précisément, qui faisait défaut à Lorenzo Staelens. A Charleroi, il ne devrait pas en aller différemment. Qu'il le veuille ou non, Dante Brogno, fraîchement débarqué dans la corporation, manquait de planches pour guider les jeunes Zèbres. Au côté de Robert Waseige qui lui, justement, connaît la musique depuis plus de 30 ans, je suis sûr que l'aîné des Brogno va apprendre le métier. Et cet acquit lui servira plus tard quand il devra voler de ses propres ailes. Mbo continue sur sa lancée. A cette allure, je ne pense pas qu'il restera encore longtemps au Canonnier. Quant à Emile, il revient bien dans le parcours après des débuts en mineur. Au même titre que le Standard, qui s'est repris après une mauvaise passe. Il lui importe à présent de persévérer. S'il y parvient, une place dans le top-4 lui est promise. Les Flandriens ont considéré cette joute comme une bonne répétition avant leur déplacement à Milan. Je préfère cette attitude-là à celle du RSCA, qui s'est contenté du strict minimum face aux Zèbres, ce qui a failli lui coûter cher. Si les Sportingmen avaient galvaudé deux bêtes points au Mambourg, ils s'en seraient peut-être mordu les doigts en fin de saison. Je ne sais pas ce qui se passe avec Anderlecht. On n'a quand même pas idée de plier comme il le fait. A Lyon, contre le Bayern et Bruges : trois fois déjà, il a perdu des points en reculant de façon inconsidérée. Ce n'est vraiment pas digne d'un candidat champion. n