On attendait la pluie, elle n'est - heureusement - pas venue ; au moins durant la course car elle avait suffisamment perturbé les essais... On attendait Michael Schumacher, 20 ans après ses débuts en F1. Il est venu et a joliment cloué le bec à tous ceux qui le poussent vers la retraite, en signant une remontée d'anthologie depuis la 24e place sur la grille (une roue perdue dès le début des qualifications) à la 5e sur la ligne d'arrivée. Auparavant, le septuple champion du monde avait montré un visage bien plus humain que celui qu'on lui connaissait il y a une dizaine d'années quand il régnait sans partage sur la discipline : disponible pour les interviews, souriant à l'heure de tirer des bières dans le mobilhome Mercedes samedi soir, très disert lors de la parade où il ouvrait la route aux autres pilotes...

On attendait la pluie, elle n'est - heureusement - pas venue ; au moins durant la course car elle avait suffisamment perturbé les essais... On attendait Michael Schumacher, 20 ans après ses débuts en F1. Il est venu et a joliment cloué le bec à tous ceux qui le poussent vers la retraite, en signant une remontée d'anthologie depuis la 24e place sur la grille (une roue perdue dès le début des qualifications) à la 5e sur la ligne d'arrivée. Auparavant, le septuple champion du monde avait montré un visage bien plus humain que celui qu'on lui connaissait il y a une dizaine d'années quand il régnait sans partage sur la discipline : disponible pour les interviews, souriant à l'heure de tirer des bières dans le mobilhome Mercedes samedi soir, très disert lors de la parade où il ouvrait la route aux autres pilotes à bord d'un magnifique cabrio Mercedes et s'adressait au public via la sono du circuit, on avait trouvé Schumi tel qu'on l'aime. On attendait Sebastian Vettel. Lui aussi est venu : et comment ! Il a signé un parcours sans la moindre bavure pour s'adjuger une victoire qui manquait à son palmarès, une de ces victoires qui comptent car elle a été conquise sur un tracé ne consacrant que des pilotes d'exception. Le jeune Allemand reprend ses distances dans la compétition mondiale où il compte 93 longueurs d'avance sur son plus proche poursuivant, un terme inadéquat tant le leader semble inaccessible. Il contrôle les événements et se dirige sereinement vers une deuxième consécration. On attendait Jérôme D'Ambrosio... et lui aussi attendait impatiemment ce rendez-vous avec son public sur un circuit décidément exceptionnel : " Même si je n'ai effectué que cinq tours sur le sec, quel pied j'ai déjà pris ", commentait-il vendredi après des essais libres très perturbés par la météo. Un couplet qu'il pouvait reprendre le lendemain, au terme de qualifications dont le verdict ne répondait pourtant pas à ses attentes : " C'était une loterie comme je le redoutais. Tout s'est joué en 30 secondes : il fallait rentrer pour chausser de nouveaux pneus intermédiaires et se lancer dans une seconde tentative. Mon équipier Timo Glock l'a fait suivant un timing idéal alors que je suis resté en piste un rien trop longtemps. Le résultat chiffré est décevant mais je suis confiant pour la course car le niveau de performances est là. " La confirmation est venue dimanche avec un parcours sans anicroches, sanctionné par une 17e place à un tour du vainqueur. Un écart qui, paradoxalement, a donné des sueurs froides à notre représentant : " En fin de course, j'ai roulé à l'économie car je craignais de tomber en panne d'essence. En fait, l'intervention de la safety car a regroupé le peloton derrière les leaders... qui ne m'ont donc pris qu'un seul tour, me forçant à en couvrir un dernier qui n'était pas prévu puisque les ingénieurs avaient tablé sur un retard de deux boucles à l'arrivée. Pour le reste, j'estime avoir disputé une bonne course, après un premier tour assez chaud en raison de quelques accrochages dans le peloton. L'auto était parfaite et j'ai pu savourer pleinement les sensations que réserve ce toboggan. C'est magique, tout simplement ! "Satisfaction supplémentaire pour le jeune Belge, il a pu mesurer ce fameux " effet D'Ambrosio " qui commence tout doucement à se développer dans le pays : " En tout cas, je n'avais jamais signé autant d'autographes ! Durant la parade avant la course, j'ai été ravi de voir dans le public de très nombreux drapeaux belges et de calicots d'encouragement... Et puis j'ai constaté que mes supporters comprennent parfaitement le contexte dans lequel j'évolue et savent que je ne suis pas en position de jouer les points. C'est la preuve qu'ils connaissent la F1 et la suivent avec passion. "Cerise sur le gâteau, un nouveau - gros - sponsor a signé un accord pour soutenir notre compatriote durant trois ans. Si l'identité de ce partenaire sera dévoilée à Monza - une stratégie étonnante s'il s'agit d'une société belge - on peut penser que son arrivée est de nature à garantir l'avenir de notre compatriote en F1. Jérôme botte immédiatement en touche dès que le sujet est effleuré. "ÉRIC FAURE - PHOTO: IMAGEGLOBE