Le championnat de D1 a adopté son rythme de croisière après trois journées qui ont permis de cerner les atouts et les problèmes de chaque club. Le tour de chauffe est terminé, les gommes adhèrent plus ou moins au sol et la safetycar n'est pas encore sortie du paddock afin de neutraliser la course, de prôner la prudence dans le chef de certaines écuries, même si cela sent le pneu brûlé à Mouscron, au Germinal Beerschot et au Cercle Bruges.
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Le championnat de D1 a adopté son rythme de croisière après trois journées qui ont permis de cerner les atouts et les problèmes de chaque club. Le tour de chauffe est terminé, les gommes adhèrent plus ou moins au sol et la safetycar n'est pas encore sortie du paddock afin de neutraliser la course, de prôner la prudence dans le chef de certaines écuries, même si cela sent le pneu brûlé à Mouscron, au Germinal Beerschot et au Cercle Bruges. Anderlecht a souffert afin d'imposer sa loi au Germinal Beerschot, qui a été privé d'un penalty flagrant suite à une faute de Vincent Kompany sur Tosin Dosumnu. En cas d'égalisation, la tâche des Mauves se serait révélée beaucoup plus compliquée. En attendant, Frankie Vercauteren a instauré la rotation d'effectif en Belgique. A l'étranger, le groupe prime. Ici, quand un joueur se retrouve sur le banc, c'est la cata, la presse s'alarme, le vestiaire s'affole, les coups bas se perdent. Pas du côté de chez Frankie. Il utilise toutes les facettes d'un groupe soumis à une grosse charge de travail et de lourdes responsabilités en Belgique et sur la scène européenne. Samedi passé, le technicien bruxellois a longtemps gardé Mbo Mpenza près de lui. Il entendait ménager cet homme, pourtant en forme, avant un important voyage continental. Mbo a prouvé que c'était un choix gagnant en marquant soixante secondes après être monté au jeu. On imagine que la confiance de ce nouveau buteur, qui ne s'est pas fatigué, est décuplée. Vercauteren aurait pu prévoir une période de repos pour Nenad Jestrovic à la recherche de ses sensations de requin des rectangles. Là, ce fut le contraire et cela a permis à Jestrogoal de retrouver le sourire. Deux coups gagnants, deux preuves d'une bonne gestion professionnelle et humaine d'un groupe tout entier concerné par les défis du club. Ce sera un atout de plus pour les Bruxellois, dont les adversaires feraient bien de s'inspirer. Le Standard tutoie les Mauves, Bruges se cherche, Westerlo et Lokeren étonnent, Charleroi confirme. Le jeu des Carolos n'est pas spécialement plaisant mais peu d'équipes sont aussi bien organisées. Les Zèbres n'ont pas encaissé un seul but et disposent de la meilleure défense de D1 : Jacky Mathijssen sait où il va. Il se passe aussi mille choses dans les coulisses. Critiqué, Belgacom TV s'installe tout doucement, mais avec difficulté, dans le monde de la D1. Quoi qu'on puisse en penser, c'est le début d'une nouvelle époque et une marche arrière n'est pas envisageable. Dans 18 mois, quand la machine sera parfaitement rodée, l'amateur de football composera librement son programme. Le football est plus que jamais une formidable rampe de lancement, un produit d'appel : c'est une richesse pour un sport qui mobilise, ou intéresse, deux millions de Belges tous les week-ends. Aucun secteur ne compte autant de clients aussi fidèles. Cela avait permis autrefois à Canal + d'installer la télévision numérique dans nos petites lucarnes. Cette fois, le combat est différent avec l'offre des images via la ligne de téléphone (ADSL) et la découverte de nouveaux marchés pour Belgacom. Ce dernier a mis le paquet afin d'obtenir les droits du football. Cela a déclenché une guerre sans merci entre Belgacom (gros employeur, cela compte aussi quand on discute) et les cablo-distributeurs souvent gérés en Wallonie par de puissantes intercommunales très politisées. Daniel Wekers, le patron de Be. TV, a fait état de cette haute tension en déclarant à l'hebdomadaire Pan : " Il va y avoir des morts ". Cela signifie qu'il n'y aura pas de pitié et que, sur un marché aussi petit que la Belgique, on notera bientôt des unions médiatiques, des disparitions, des absorptions, etc. C'est la loi du big business. Les clubs de D1 tirent actuellement les marrons du feu et songent à une manne supplémentaire via la diffusion d'images via gsm, leur site internet, etc. Dans un sport de plus en plus médiatisé, les dirigeants ne peuvent se contenter de thésauriser comme l' Oncle Picsou, après le changement de donne généré par Belgacom, mais doivent comprendre que le football est un acteur important du paysage économique. Ils doivent moderniser sans attendre les clubs (entreprises) sans quoi, pour paraphraser Daniel Weekers, " il va y avoir des morts " mais, cette fois, parmi les clubs de D1. Pierre Bilic" Le jeu des Carolos n'est pas spécialement plaisant mais peu d'équipes SONT AUSSI BIEN ORGANISéES "