En fouinant dans la boîte à chaussures où j'entasse notes et coupures de presse, je retombe sur une remarque de De Wolf il y a quelques années : " Le football est simple ", estimait Michel à l'époque où débutait sa carrière d'entraîneur. " Il suffit de coulisser tous ensemble, latéralement et d'avant en arrière. "

J'avais souligné " il suffit " en y ajoutant " ? ! " et en soulignant. Car la remarque en elle-même ne se conteste guère. Tu gardes ton dispositif (donc tes repères, tes automatismes, ta solidarité) et tu déplaces sans cesse tout ton bazar, davantage compacté qu'essaimé, là où ça se passe : au c£ur de l'action, c'est-à-dire alentour du sacro-saint cuir ! C'est le principe du " bloc ", qui restreint l'espace de l'adversaire quand l'adversaire a le ballon, et qui te donne des espaces où t'engouffrer dès le moment où ledit ballon est repris. Et c'est surtout plus facile à dire qu'à faire, surtout pour certains,... le " il suffit " de De Wolf en était la parfaite illustration !

Y a un truc, que tout coach doit s'enraciner dans la cafetière : c'est qu'à tout niveau en foot, ce qui va de soi pour l'un ne va pas de soi pour l'autre ! Corollaire pouvant éviter d'être viré vite : ne jamais dire " il suffit ". C'est partir à tort du principe que le joueur doit trouver simple aujourd'hui ce que tu trouvais simple hier ! Or, le fait que chacun ait ses points forts implique que chacun ait aussi ses manquements : je ne suis pas sûr que Zizou trouve le sliding tackle simple, ou qu'il suffise de dire à GlenDe Boeck de courir plus vite pour qu'il coure plus vite, ou qu' Olivier Doll dribblera demain dans un mouchoir si JohanCruijff devient son entraîneur et lui dit que c'est fastoche... Ou qu' Alin Stoica pensera sans cesse au bloc, si Trond Sollied lui dit avant le match qu'il n'a qu'à penser sans cesse au bloc.

Trouver des trucs pour refiler aux autres ce que tu crois connaître ça s'appelle la pédagogie et ce n'est pas simple non plus ! Tenez, à propos de l'apprentissage du bloc et de son déplacement, je me suis souvent dit que l'idéal serait de s'entraîner en nocturne,... mais sans projecteurs ! Avec seulement, placé haut dans les tribunes et sur un rail, un spot dont on pourrait régler le faisceau lumineux (carré de 50m, puis 40m, puis 30m...) : un spot relié au ballon par puce électronique, et qui suivrait grosso modo celui-ci. Si bien que tout joueur qui serait hors faisceau, dans l'obscurité, ne respecterait pas le bloc.

Le spot serait l'outil pédagogique d'initiation au déplacement du bloc ! Wouaw ! Quand je serai vieux, avec le fric de mon assurance groupe, je ferai fabriquer un truc comme ça pour les équipes d'âge du village ! Et aussi un logiciel de foot avec 22 manettes, comme un grand tableau noir interactif, pour pouvoir travailler le positionnement sans encore se crever le corps ! Et j'inviterai Michel De Wolf à venir essayer...

Choisir, c'est renoncer : et le foot est cruel parce qu'il te demande tout le temps de choisir, vu que tu ne peux pas tout faire parfaitement ! La puissance, comme la vitesse, est antagoniste de la précision : plus tu shootes fort, plus tu risques d'être imprécis ; plus vite tu conduis ton ballon, plus tu risques de le paumer en chemin ! Ce qui rejoint une remarque de Frank Defays voici deux ans (toujours dans ma boîte à chaussures !), auquel on rapportait qu' Enzo Scifo était agacé par le non-respect des consignes. Et Frank de nuancer fort joliment, en faisant comprendre que Scifo interprétait mal une situation qu'il n'avait pas vécue parce qu'il était plus fort. Qu'il ne s'agissait pas d'un non-respect des consignes, mais seulement de lenteur de réaction par rapport à la rapidité de déroulement du jeu...

En foot, si tu agis trop vite, tu oublies de penser et ça peut être mortel ! Mais si tu penses trop, tu perds en spontanéité,... alors que ta spontanéité peut faire mourir ceux d'en face ! Voilà pourquoi le foot est un jeu qui rend fou. Faites gaffe, bonne semaine.

par Bernard Jeunejean

" Le foot est cruel, il demande tout le temps de choisir, vu que tu ne peux pas tout faire parfaitement "

En fouinant dans la boîte à chaussures où j'entasse notes et coupures de presse, je retombe sur une remarque de De Wolf il y a quelques années : " Le football est simple ", estimait Michel à l'époque où débutait sa carrière d'entraîneur. " Il suffit de coulisser tous ensemble, latéralement et d'avant en arrière. " J'avais souligné " il suffit " en y ajoutant " ? ! " et en soulignant. Car la remarque en elle-même ne se conteste guère. Tu gardes ton dispositif (donc tes repères, tes automatismes, ta solidarité) et tu déplaces sans cesse tout ton bazar, davantage compacté qu'essaimé, là où ça se passe : au c£ur de l'action, c'est-à-dire alentour du sacro-saint cuir ! C'est le principe du " bloc ", qui restreint l'espace de l'adversaire quand l'adversaire a le ballon, et qui te donne des espaces où t'engouffrer dès le moment où ledit ballon est repris. Et c'est surtout plus facile à dire qu'à faire, surtout pour certains,... le " il suffit " de De Wolf en était la parfaite illustration ! Y a un truc, que tout coach doit s'enraciner dans la cafetière : c'est qu'à tout niveau en foot, ce qui va de soi pour l'un ne va pas de soi pour l'autre ! Corollaire pouvant éviter d'être viré vite : ne jamais dire " il suffit ". C'est partir à tort du principe que le joueur doit trouver simple aujourd'hui ce que tu trouvais simple hier ! Or, le fait que chacun ait ses points forts implique que chacun ait aussi ses manquements : je ne suis pas sûr que Zizou trouve le sliding tackle simple, ou qu'il suffise de dire à GlenDe Boeck de courir plus vite pour qu'il coure plus vite, ou qu' Olivier Doll dribblera demain dans un mouchoir si JohanCruijff devient son entraîneur et lui dit que c'est fastoche... Ou qu' Alin Stoica pensera sans cesse au bloc, si Trond Sollied lui dit avant le match qu'il n'a qu'à penser sans cesse au bloc. Trouver des trucs pour refiler aux autres ce que tu crois connaître ça s'appelle la pédagogie et ce n'est pas simple non plus ! Tenez, à propos de l'apprentissage du bloc et de son déplacement, je me suis souvent dit que l'idéal serait de s'entraîner en nocturne,... mais sans projecteurs ! Avec seulement, placé haut dans les tribunes et sur un rail, un spot dont on pourrait régler le faisceau lumineux (carré de 50m, puis 40m, puis 30m...) : un spot relié au ballon par puce électronique, et qui suivrait grosso modo celui-ci. Si bien que tout joueur qui serait hors faisceau, dans l'obscurité, ne respecterait pas le bloc. Le spot serait l'outil pédagogique d'initiation au déplacement du bloc ! Wouaw ! Quand je serai vieux, avec le fric de mon assurance groupe, je ferai fabriquer un truc comme ça pour les équipes d'âge du village ! Et aussi un logiciel de foot avec 22 manettes, comme un grand tableau noir interactif, pour pouvoir travailler le positionnement sans encore se crever le corps ! Et j'inviterai Michel De Wolf à venir essayer... Choisir, c'est renoncer : et le foot est cruel parce qu'il te demande tout le temps de choisir, vu que tu ne peux pas tout faire parfaitement ! La puissance, comme la vitesse, est antagoniste de la précision : plus tu shootes fort, plus tu risques d'être imprécis ; plus vite tu conduis ton ballon, plus tu risques de le paumer en chemin ! Ce qui rejoint une remarque de Frank Defays voici deux ans (toujours dans ma boîte à chaussures !), auquel on rapportait qu' Enzo Scifo était agacé par le non-respect des consignes. Et Frank de nuancer fort joliment, en faisant comprendre que Scifo interprétait mal une situation qu'il n'avait pas vécue parce qu'il était plus fort. Qu'il ne s'agissait pas d'un non-respect des consignes, mais seulement de lenteur de réaction par rapport à la rapidité de déroulement du jeu... En foot, si tu agis trop vite, tu oublies de penser et ça peut être mortel ! Mais si tu penses trop, tu perds en spontanéité,... alors que ta spontanéité peut faire mourir ceux d'en face ! Voilà pourquoi le foot est un jeu qui rend fou. Faites gaffe, bonne semaine. par Bernard Jeunejean" Le foot est cruel, il demande tout le temps de choisir, vu que tu ne peux pas tout faire parfaitement "