Au côté d'Aurélien Joachim, il forme l'un des duos d'attaque les plus prolifiques d'Europe depuis le début de saison avec 17 buts inscrits. Associé au Luxembourgeois, Dylan De Belder fait mieux que l'ensemble de l'équipe de Tottenham, Manchester United ou l'Inter Milan. À titre personnel, ce pur produit de l'école montoise est surtout la plus fine gâchette du continent (12 buts) à égalité avec Edinson Cavani (PSG), mais devant Pierre-Emerick Aubameyang (11, Dortmund) ou Anthony Modeste (11, Cologne). Des statistiques auxquelles le principal intéressé refuse d'accorder trop d'importance, mais qui en disent assez sur l'impact d'un joueur trop longtemps mésestimé. À 24 ans, l'ancien espoir a décidé de troquer son statut d'aimable doublure contre celui d'insatiable buteur. Un destin franchement plus épanouissant qui résume bien les qualités d'un homme qui a appris à viser juste. Interview ciblée.
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Au côté d'Aurélien Joachim, il forme l'un des duos d'attaque les plus prolifiques d'Europe depuis le début de saison avec 17 buts inscrits. Associé au Luxembourgeois, Dylan De Belder fait mieux que l'ensemble de l'équipe de Tottenham, Manchester United ou l'Inter Milan. À titre personnel, ce pur produit de l'école montoise est surtout la plus fine gâchette du continent (12 buts) à égalité avec Edinson Cavani (PSG), mais devant Pierre-Emerick Aubameyang (11, Dortmund) ou Anthony Modeste (11, Cologne). Des statistiques auxquelles le principal intéressé refuse d'accorder trop d'importance, mais qui en disent assez sur l'impact d'un joueur trop longtemps mésestimé. À 24 ans, l'ancien espoir a décidé de troquer son statut d'aimable doublure contre celui d'insatiable buteur. Un destin franchement plus épanouissant qui résume bien les qualités d'un homme qui a appris à viser juste. Interview ciblée. DYLAN DE BELDER : C'est une immense fierté. Beaucoup de gens ne croyaient plus en moi. Ils m'avaient rangé dans la catégorie des éternels espoirs qui ne percent jamais au plus haut niveau. Aujourd'hui, je leur prouve à tous qu'il suffisait en fait de me donner ma chance pour que je la saisisse. Cela fait deux ans que je suis titulaire, cela fait deux ans que je marque des buts. Je pense que tout le monde est bien conscient que ce n'est plus du hasard. Récemment, Jérémy Perbet m'a envoyé un message pour me féliciter, mais surtout pour me dire de profiter de chaque instant, de chaque but. Mieux que personne, il sait que ce genre de moment où même une frappe croquée trouve le chemin des filets n'est pas toujours fait pour durer. Bon, rassurez-vous, il m'a aussi rappelé sur le ton de l'humour qu'il faudra un jour réussir à faire ça en D1. Cela reste évidemment le but ultime. DE BELDER : C'est marrant, parce qu'en y regardant bien, c'est un peu deux joueurs du même style. Ce n'est pas le genre à effacer deux, trois défenseurs avant de marquer, mais ils ont ce don unique d'être en permanence au bon endroit. Ça n'en reste pas moins deux super attaquants, mais c'est vrai qu'aux entraînements à Mons, j'étais meilleur que Perbet parce que j'avais plus de vitesse. Honnêtement, et je le dis d'autant mieux que je le respecte beaucoup, Perbet aux entraînements, il était nulle part. Mais voilà, en match, il n'arrêtait pas de planter et donc le coach n'avait aucune raison de faire tourner. C'était la même chose à Waasland avec Emond. DE BELDER : Complètement, je pense que ça, c'est le tournant de ma carrière. Me retrouver avec de tels joueurs pendant une dizaine de jours m'a vraiment fait me rendre compte de mes propres capacités. Faut savoir qu'à l'époque des mecs comme Praet, Sels, Batshuayi, Bakkali, Lukaku, Carrasco étaient déjà tous des joueurs confirmés en D1, là où moi je découvrais encore tout ça avec de grands yeux. Finalement, j'arrive à Toulon et voilà que je joue deux matchs. Je me suis dit que si j'étais plus qu'un remplaçant dans un noyau comme celui-là, je n'avais plus à avoir peur de grand-chose. DE BELDER : On en a peut-être justement trop parlé de cette génération. Très vite, les mecs étaient considérés comme des stars. Et c'est vrai qu'à ce tournoi (où la Belgique terminera dernière de son groupe, ndlr), on était tous très confiants. On pensait qu'on était capable de battre tout le monde, mais on se remettait trop peu en question. C'est sans doute aussi dû au fait que beaucoup avaient été formés dans des clubs comme Anderlecht ou le Standard. Cette culture de la gagne et l'entourage médiatique qui a pour habitude de vouloir parfois faire accélérer les choses ont certainement participé à ce que certains prennent un peu vite la grosse tête. C'est un cercle vicieux. Tu te crois au-dessus du lot, donc tu ne fais plus les efforts nécessaires aux entraînements et très vite tu te retrouves largué. DE BELDER : Je ne crois pas, parce que contrairement à eux, moi j'étais un simple remplaçant dans un club comme Mons. J'étais encore dans l'attente de mon moment, là où d'autres avaient déjà connu l'épanouissement au plus haut niveau. Si j'ai tardé à confirmer, c'est pour d'autres raisons, mais certainement pas parce que je me suis cru trop beau. Ce n'est pas dans mon caractère. Le retour à la réalité a d'ailleurs été très rapide pour moi. Quelques semaines après mon retour de Toulon, je me retrouvais sans contrat. DE BELDER : Tout ça n'était finalement qu'une question d'argent. J'avais initialement été prolongé de manière à éviter que je puisse quitter le club gratuitement en cas de relégation en D2 comme le stipulait initialement mon contrat. C'est donc le club qui était spontanément revenu vers moi pour me faire signer ce nouveau contrat sachant qu'il me voulait avec eux en D2. Le problème, c'est que quand Pierre François est arrivé au chevet du club, il a voulu faire des économies, à commencer par mon salaire. Et moi qui venais d'être prolongé, je devais d'un coup revoir mes ambitions à la baisse. J'avais l'impression de m'être fait avoir et j'ai donc refusé. Le temps passe et le dernier jour du mercato à 16 h, François appelle mon agent (Jacques Lichtenstein, ndlr) et lui annonce que soit on casse mon contrat, soit je vais m'entraîner avec la réserve et je dis adieux à mes primes. J'étais trop jeune pour accepter une telle situation, mais en même temps je savais que je ne pourrais pas retrouver un club en si peu de temps. C'est comme ça que je me suis retrouvé six mois sans club à m'entraîner seul en salle de musculation au début, avec le Cercle de Bruges à la fin. DE BELDER : On va dire que ma misère s'est poursuivi quelques mois de plus, oui. Ce n'est déjà pas facile de débarquer dans un club quand tu ne parles pas bien la langue, mais signer et apprendre le lendemain que le coach (Guido Brepoels, ndlr) refuse de travailler avec les nouveaux, c'est vraiment la cata. La direction a transféré à tour de bras, on s'est retrouvé à 37 à l'entraînement, mais les sept nouveaux étaient priés de travailler à l'écart du groupe avec Alex Czerniatynski. Pendant six mois, j'ai joué avec la réserve et au final, j'ai été le seul avec Floriano Vanzo à voir mon option levée en fin de saison. J'ai d'abord cru que c'était une bonne nouvelle sauf que je me suis directement embrouillé avec le nouvel entraîneur (Stijn Vreven, finalement licencié le 28 octobre dernier, ndlr) qui avait décrété qu'il ne m'aimait pas. J'avais marqué des buts en préparation, donc ce n'était même pas niveau football, c'était juste qu'il n'aimait pas ma mentalité. Je n'ai jamais su si c'était à cause de deux tout petits retards à l'entraînement au début ou si c'était autre chose, mais c'était de pire en pire. À la fin, il ne m'adressait même plus la parole. À tel point que cet été, à mon retour de prêt de Lommel (où il a inscrit 18 buts en 28 apparitions lors de la saison 2015-2016, ndlr), il a refusé de me prendre dans le groupe alors que la direction voulait me garder. J'espère pour lui qu'il le regrette aujourd'hui, sinon c'est qu'il est vraiment têtu. DE BELDER : C'est tout à fait exact, mais ce n'est pas ça qui a guidé mon choix. Je ne voulais pas revenir en D1 sur la pointe des pieds dans un club condamné à jouer le maintien qui ne m'aurait pas permis d'exprimer toutes mes qualités. Ici, au Lierse, je savais que j'allais jouer la montée et que je recevrais plus facilement l'occasion de me mettre en valeur. Je le répète, ce n'est pas un choix financier, sinon j'aurais sans doute choisi l'Italie en janvier 2016, lorsque l'intérêt d'Avellino, où évolue Benjamin Mokulu, était concret, mais à 24 ans et en tant qu'attaquant, je sais que si je continue à marquer le reste viendra tout seul. PAR MARTIN GRIMBERGHS - PHOTOS BELGAIMAGE" Aux entraînements à Mons, j'étais meilleur que Perbet parce que j'avais plus de vitesse ". - DYLAN DE BELDER