ALBERT MARTENS : " J'ai entraîné Vincent Kompany quand il avait dix ans, jusqu'à l'âge de douze ans, et je ne peux pas dire que c'était simple ! Il posait beaucoup de questions et voulait toujours savoir le pourquoi du comment des exercices que j'imposais. Il n'a pas changé, il a juste évolué. Il a toujours eu cette envie d'être le meilleur. Je ne dis pas que pour lui, le foot, c'était à la vie à la mort, parce que ce serait exagéré, mais quand même, il y avait de ça. Après un de ses premiers entraînements avec le noyau pro d'Anderlecht, il est venu vers moi et il m'a dit : Je trouve que j'ai p...

ALBERT MARTENS : " J'ai entraîné Vincent Kompany quand il avait dix ans, jusqu'à l'âge de douze ans, et je ne peux pas dire que c'était simple ! Il posait beaucoup de questions et voulait toujours savoir le pourquoi du comment des exercices que j'imposais. Il n'a pas changé, il a juste évolué. Il a toujours eu cette envie d'être le meilleur. Je ne dis pas que pour lui, le foot, c'était à la vie à la mort, parce que ce serait exagéré, mais quand même, il y avait de ça. Après un de ses premiers entraînements avec le noyau pro d'Anderlecht, il est venu vers moi et il m'a dit : Je trouve que j'ai parfaitement le niveau. Il le pensait. Le fil rouge de la carrière de Vincent Kompany, c'est sa faculté à diriger un groupe. Chez moi, il était un leader. Peu de temps après son passage chez les pros, il est devenu un leader. Et il est aussi un leader en équipe nationale. De l'extérieur, on a parfois eu l'impression que son statut de leader chez les Diables était remis en question, mais en interne, ça n'a jamais été un sujet de discussion. A certains moments, il a été souvent absent et ça lui a joué des tours. C'était logique que RobertoMartinez donne le brassard de capitaine à un joueur qui est toujours là. Mais Kompany reste le leader spirituel et le représentant de l'équipe nationale. Il n'a pas besoin de porter le brassard pour réussir ça. Ça m'étonnerait vraiment qu'il arrête maintenant. Il pourrait dire qu'il part parce que la campagne en Coupe du monde a été magnifique. Mais c'est quoi, arrêter au sommet ? En 2020, à l'EURO, les Belges peuvent faire encore mieux qu'une demi-finale. Vincent aura 34 ans à ce moment-là, on pourrait croire qu'il aurait envie de lever le pied, mais ce n'est pas vieux pour un défenseur. Moi, je pense qu'il va continuer jusqu'à ce Championnat d'Europe. Il se soigne toujours très bien et sa vitesse est toujours là. Le reste, il peut le compenser avec son positionnement. Personne n'est irremplaçable mais ce sera compliqué de lui trouver un successeur. Il y a quelques années, j'étais convaincu qu'il reviendrait à Anderlecht. Mais avec les derniers développements dans ce club, avec la revente à Marc Coucke, je ne suis plus du tout certain qu'on le reverra au Sporting. Pour le dire de façon plus crue, je pense qu'Anderlecht ne fait plus partie de ses priorités. Il a entre-temps acquis un tel statut avec Manchester City que je le vois bien s'installer là quand il arrêtera de jouer. Il s'est engagé à City. Il fait plus que s'entraîner puis rentrer à la maison. Récemment, il m'a scotché en me parlant du travail avec les jeunes du club. Il connaît les Espoirs du club mais aussi des gamins qui jouent dans les catégories d'âge. Il sait où il y a du talent et il peut parler des joueurs qui ont été prêtés au NAC Breda. Ça veut dire qu'il s'intéresse concrètement à City et à son école de jeunes. Le jour où il arrêtera, il sera vite intégré au centre de formation. "