D enis Denis oh with your eyes so blue Denis Denis I've got a crush on you Denis Denis I'm so in love with you
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D enis Denis oh with your eyes so blue Denis Denis I've got a crush on you Denis Denis I'm so in love with you You're my king and I'm in heaven every time I look at you When you smile it's like a dreamAnd I'm so lucky 'cause I found a boy like you.(Blondie). En traduction libre : Denis, avec tes yeux bleus, je t'ai mis le grappin dessus, on est amoureux de toi, tu es notre roi, on monte au ciel quand on te regarde, ton sourire nous fait craquer, on est heureux d'avoir trouvé un gamin comme toi... Depuis quelques semaines, le presque sosie de Justin Bieber fait chavirer le public d'Anderlecht et le grand public tout court. Dennis Praet, c'est à seulement 18 ans, une explosion dans les gros matches récents (Zenit, Club Bruges), un talent énorme, une élégance rare et un rappel des Enzo Scifo, Marc Degryse, Pär Zetterberg,... Praet, c'est aussi tout ceci... Pendant l'été 2012, il se tâte. Pour sa première saison dans le noyau pro, il n'a eu droit qu'à quelques bouts de matches avec Ariel Jacobs. D'où cette idée : pourquoi ne pas partir en prêt ? On parle du Cercle... Oui, le Cercle... Avec le recul, Herman Van Holsbeeck reconnaît à demi-mots que la solution d'un parking provisoire a été envisagée : " Parfois, il vaut mieux partir que rester six mois de trop dans l'ombre de l'équipe Première. Quand un talent est bloqué, il faut prendre une décision pour qu'il joue chaque semaine contre des adultes parce que ce n'est pas dans les matches d'Espoirs qu'on continue à s'améliorer. Quand tu es très doué et que tu es prêt physiquement, tu ne peux pas attendre plus d'un an aux portes de la Première. Si tu ne joues pas, tu dois partir en prêt. " Au même moment, le mensuel World Soccer reprend Praet dans sa liste des 50 wonderkids du foot mondial, des gamins appelés à percer durant la saison 2012-2013. Commentaire du magazine : " Praet possède la vision du jeu, une bonne longue passe, un superbe contrôle de balle. Et dicter le tempo d'un match est une seconde nature chez lui. " Toujours durant l'été, Het Nieuwsblad consulte les entraîneurs de D1 avec cette question : quelles seront les révélations du championnat ? A la première place : Dennis Praet. René Peeters, actuellement coach des Espoirs du Sporting, en était le T2 quand Praet faisait partie de ce noyau. Il ne donne pas tort à Jacobs de l'avoir économisé : " Il n'aurait pas été aussi performant qu'aujourd'hui parce qu'il n'était pas prêt. Pas aussi costaud, que ce soit dans sa tête ou dans son corps. Un Africain de 17 ans peut déjà avoir un corps d'homme mais c'est plus rare chez un Européen. Par exemple, si on compare les morphologies de RomeluLukaku et de Dennis Praet au même âge... on ne parle pas de la même chose. Dans deux ou trois ans, on verra encore un autre Praet. En étant plus musclé, il sera plus à l'aise dans les duels. Pour que ça se passe tout à fait bien contre les castards, il lui manque encore quelques kilos. Même s'il se débrouille déjà bien. Sans être une bête, il a de très bons appuis et c'est difficile de le bousculer ou de le mettre au sol. " Herman Praet, le père de Dennis, avoue que le gamin a traversé une période difficile en deuxième partie de saison passée. " Il avait fait un bon stage en Turquie, en janvier. Il était entré en deuxième mi-temps en amical contre Brême et avait fait basculer le match. Mais ça n'avait rien changé pour lui, il jouait toujours aussi peu en championnat après ça. Une fois, il montait pour une dizaine de minutes. Le week-end suivant, ça se limitait à quelques secondes. Il avait un peu de mal quand il voyait que les deux jeunes transferts congolais recevaient beaucoup plus de temps de jeu. " Chaque mois, les supporters d'Anderlecht élisent leur meilleur joueur. Octobre marque l'entrée définitive de Praet dans l'équipe. Il profite de l'indisponibilité de Dieumerci Mbokani (suspension et opération) et de l'abandon du 4-4-2 (avec le duo Mbokani - Tom De Sutter) pour le passage au 4-3-3. Il s'installe comme numéro 10. Fin octobre, il est consacré joueur du mois. Le fruit de ses bons matches contre Waasland et Gand en championnat, et à Saint-Pétersbourg. Il poursuit sur sa lancée en novembre. À nouveau de grosses prestations dans deux grands rendez-vous : le retour face au Zenit et la démonstration contre Bruges. Pour le Mauve du onzième mois de l'année, ça se jouera entre Mbokani et lui. Entendu chez Paul Van Himst : " Praet et Massimo Bruno, c'est comme Kevin De Bruyne et ThibautCourtois. Ils ne sont pas subitement devenus brillants. On voyait déjà qu'ils étaient bons. Praet a tout : vista, technique, il prend les bonnes décisions et marque son but de temps en temps. C'est lui qui fait tourner Anderlecht, il a rehaussé le niveau de toute l'équipe. " Depuis son arrivée chez les jeunes à Genk, Dennis Praet n'a jamais joué ailleurs qu'au numéro 10. Pendant ses années là-bas, il y avait près de lui, sur les flancs, deux joueurs qui sont parvenus jusqu'en équipe Première : Jordy Croux et Anthony Limbombe. " En plus de jouer systématiquement à ce poste-là, il exigeait d'avoir le maillot frappé du 10 ", se souvient Croux. Il a toujours évolué dans un 4-3-3 à Genk et occupe maintenant à Anderlecht exactement la même place que là-bas. " C'est un 10 moderne ", dit Peeters. " Il exploite la liberté de mouvement des numéros 10 à l'ancienne mais assume les contraintes défensives des médians du foot actuel. En perte de balle, il bosse. Il ne se cache pas, il ne se contente pas d'aller se repositionner dans sa zone d'action théorique en attendant le bon ballon suivant. " Tom De Sutter l'a dit : " Praet me fait penser à Andrés Iniesta. " Herman Praet : " Mon fils a deux idoles, Iniesta et Xavi. Parce qu'ils ont le style de jeu qu'il aime et parce que ce sont des joueurs collectifs. Ils sont aussi très rapides dans la conduite du ballon. Et avant de le recevoir, ils savent déjà ce qu'ils vont en faire, ça l'impressionne. Ils cherchent les espaces en permanence. Dennis remarque aussi qu'ils ont en général besoin d'une dizaine de minutes pour lire le jeu de l'adversaire. Lui aussi est comme ça. Il observe, il voit où sont les faiblesses, puis il sait mieux où trouver les espaces, quelles lignes de course choisir, comment se positionner. Autre chose qui le marque chez Xavi et Iniesta et qu'il essaie de copier : dès qu'ils ont cédé le ballon, ils se rendent à nouveau disponibles. Ils touchent beaucoup de balles et 8 passes sur 10 vont vers l'avant. " Peeters ajoute au tableau que " sa vision du jeu est impressionnante, surtout pour un joueur de son âge. Il a un toucher de balle un peu spécial. Parfois, il fait un contrôle en pivotant et donne en une touche à un coéquipier alors que la plupart des joueurs ont besoin de deux touches dans ces situations-là. Et tout a toujours l'air facile chez lui, qu'il donne de l'intérieur ou de l'extérieur. Pour certains joueurs, le ballon semble être un ennemi. Chez lui, c'est tout le contraire, on ne le voit jamais se battre avec la balle. Cela se voit aussi sur ses crochets courts, il pivote sans problème, le mouvement est souple et limpide. Autre atout : il aime simplifier son jeu au maximum. Quand il n'y a pas de raison de compliquer le mouvement, il ne le fait pas. " Cette saison, Praet est le deuxième plus jeune joueur à avoir évolué en poules de la Ligue des Champions - derrière Adrien Rabiot, du PSG. Il a même scoré aux tours préliminaires. Comme en Supercoupe. Et en Coupe de Belgique. Et en championnat. Bref, il a marqué sur les quatre tableaux. " Ces derniers temps, il a pas mal progressé dans ses incursions dans les 16 mètres ", constate Peeters. " C'était un de ses petits défauts, il n'osait pas assez, et forcément, sa finition en souffrait. On lui a dit et répété qu'il devait s'avancer davantage, il le fait et ça se voit au nombre de buts qu'il a déjà inscrits cette saison. " Deux produits de Genk qui ont explosé récemment sur la scène internationale : Steven Defour et De Bruyne. Praet les a bien connus là-bas. Et idolâtrés ? Non ! Il a récemment déclaré que même De Bruyne n'était pas, à ses yeux, un exemple à suivre chez les jeunes dans le Limbourg. Confirmé par Roland Breugelmans, qui a eu Praet sous ses ordres en tant que responsable de l'école des jeunes du Racing : " De Bruyne était plus irrégulier et plus capricieux que Praet. Dans certains matches, on se disait : -Bon dieu, qu'est-ce qu'il fait ici ? Souvent, on s'interrogeait sur sa valeur. On ne s'est jamais posé cette question avec Praet. Lui, il valait un 9 sur 10 dans chaque match. " Avant de signer à Anderlecht, Praet avait visité les installations d'Arsenal et de Lille. Son père et lui avaient finalement décidé qu'il était mieux de rester provisoirement en Belgique. Aujourd'hui, c'est du très lourd qui suit sa trajectoire : toujours les Gunners et le LOSC, mais aussi l'Ajax, Liverpool, l'Inter, Chelsea, la Juventus, Barcelone,... Le jeu Football Manager le voit à l'AC Milan (en 2020...), en provenance de l'AS Rome. Prix du transfert : 19,75 millions. Du virtuel. Bientôt réel ? On parle de tout ça, Mr Van Holsbeeck ? " Un départ bientôt ? No way ! La porte est fermée. Fer-mée ! Le joueur et son entourage sont bien d'accord avec nous : il doit rester encore au moins deux ans. Evidemment, ses matches contre le Zenit ont éveillé du beau monde. Maintenant, on sait de quoi il est capable plus seulement en championnat de Belgique mais aussi au niveau européen. " Le contrat de Praet court jusqu'en juin 2015. Agent : Jacques Lichtenstein. Autres agents qui tournent autour : X, Y, Z et encore d'autres. " Il y en a beaucoup qui essaient de nouer un contact ", reconnaît son père. " Ça ne sert à rien. Je confirme qu'un déménagement n'est pas à l'ordre du jour. Si Dennis avait voulu aller en Angleterre, il y serait depuis un bon moment. Mais citez-moi un jeune joueur belge qui s'est imposé là-bas dans la durée. Je ne parle pas de ceux qui ont joué quelques matches puis disparu de la circulation. Parlez-en à Jonathan Blondel. Ou à Jelle Van Damme. Même à Mbark Boussoufa. Nous nous sommes dit que les chances pour Dennis de réussir là-bas en partant à 16 ans, c'était du... zéro pour cent. Charly Musonda Junior est à Chelsea mais je ne suis pas convaincu qu'il ait fait le bon choix. Vous pensez qu'un club pareil va donner une chance à un gamin quand il a pour le même poste un transfert qui a coûté 15 ou 20 millions ? " Van Holsbeeck remet une couche : " Même Vincent Kompany a souffert pendant deux ans à Hambourg. Et Lukaku... " On voit peu Praet dans les médias. Un choix conscient de son entourage et du club. " Il répond aux questions après les matches mais donne peu de longues interviews ", reconnaît son père. " Il y a énormément de demandes et nous avons décidé de ne pas trop l'exposer, de le protéger, vu qu'il est encore jeune. La VRT l'a invité pour Extra-Time, nous avons refusé. " Il vit une vie très sage. " Il a un appartement à Bruxelles avec sa copine mais ressent le besoin de revenir loger en moyenne une nuit sur deux chez nous à Louvain. " Les sorties, très peu pour lui. En mai, il a fêté le titre en discothèque avec le noyau mais il dit n'aimer ni la danse, ni la bière. Il a aussi déclaré qu'au réveillon de Noël, il carburait au Kidibul... " Il est vraiment discret en dehors des terrains ", affirme René Peeters. " Sur la pelouse, il s'exprime, mais à sa manière. Il y a des joueurs qui ont besoin de crier et de faire de grands gestes. Praet se contente de quelques mots et de mouvements... avec ses doigts. Ce n'est pas son genre de gesticuler pour la tribune ! "Dennis Praet était aussi brillant à l'école que dans les équipes d'âge. Il a terminé ses humanités (maths / sciences) en juin dernier. Son père confesse : " Il aurait voulu continuer l'école cette année, c'est moi qui l'ai convaincu de prendre une année sabbatique. Mais il parle déjà de retourner sur les bancs en septembre 2013. Il vise une école supérieure ou l'université. Il y a deux métiers qui l'intéressent : avocat et ingénieur. "En 2010, le prodige passe de Genk à Anderlecht pour 20.000 euros. Le tarif en vigueur pour un footballeur de 16 ans. Le Sporting pourrait un jour le vendre pour... 1.000 fois plus ! On n'est pas mal à l'aise à Bruxelles ? " Absolument pas ", tranche Van Holsbeeck. " C'est le football. Du pur business. Parfois tu gagnes, parfois tu perds. Nous pourrions faire une bonne affaire avec Praet mais je rappelle que nous avons fait un très mauvais deal avec Musonda Junior, le plus grand talent de l'histoire du club. Il est parti à Chelsea pour peu d'argent. Si tu t'attaches trop à ces choses-là, tu dois changer de métier. Le but est de ne pas perdre trop souvent ! Dans le futur, ces bagarres financières entre les clubs seront encore plus acharnées. Il faut agir très tôt. Si nous avions attendu que Praet fasse ses débuts en Première à Genk, nous n'aurions plus su l'amener chez nous parce qu'il aurait déjà été hors de prix. Anderlecht a aussi retenu les leçons des trajectoires de Defour et De Bruyne : nous les avions repérés quand ils étaient à Genk, quand ils avaient 16 ou 17 ans, mais nous n'avions pas essayé de les avoir, aussi parce que notre centre n'était pas prêt. Après, c'était trop tard, hors d'atteinte. " Quand Praet signe un nouveau contrat en fin de saison passée, on cite un salaire de 800.000 euros annuels. " Pas de commentaires ", dit son père. " Je peux juste dire que les chiffres donnés dans les journaux étaient mauvais. " La seule certitude : il gagne très bien sa vie. Toujours selon les médias, il serait le onzième plus gros salaire de D1 derrière - dans l'ordre - Milan Jovanovic, Dieumerci Mbokani, Silvio Proto, MéméTchité, Björn Vleminckx (!), Lucas Biglia, Jelle Van Damme, Marvin Ogunjimi (!), Elyaniv Barda et Olivier Deschacht (!). " Si on ne lui donne pas ce qu'on lui a donné, il n'est plus chez nous aujourd'hui ", assure Van Holsbeeck. " Tu as du talent et tous les grands clubs te veulent ; avec ton entourage, tu dis que le projet sportif est le plus important, que le salaire ne joue pas un grand rôle ; mais dès qu'on en arrive à parler gros sous, tu te rends compte que oui, l'argent est très important pour les parents. Dans le cas de Praet, nous sommes allés loin parce que nous étions convaincus que ça valait le coup. Roger Vanden Stock, Philippe Collin et moi avons dû convaincre le conseil d'administration de la nouvelle société anonyme d'accepter l'investissement. Cela n'a pas été facile. Aujourd'hui, les membres du CA se rendent compte que nous avons bien fait. Ils comprennent qu'il pourrait nous rapporter bien plus que ce qu'il nous aura coûté. " PAR PIERRE DANVOYE ET MATTHIAS STOCKMANS - PHOTOS : IMAGEGLOBE" Un départ bientôt ? No way ! La porte est fermée. Praet et son entourage sont d'accord avec nous : il doit rester encore au moins deux ans. " (Herman Van Holsbeeck) " C'est un 10 moderne. Avec la liberté de mouvement d'un 10 à l'ancienne et le rendement défensif d'un médian d'aujourd'hui. " (Son coach en Espoirs d'Anderlecht)