Il est un peu le spécialiste du tour final. En 17 ans de coaching, il a participé à sept de ces mini-championnats à quatre équipes. " Cela a déjà commencé avec Knokke, lors de mes débuts ", se souvient Dennis van Wijk. " D'accord, c'était en Provinciale, mais c'était un tour final quand même. S'en est suivi un avec le Cercle et quatre avec Roulers. Puis, le dernier, avec Mons il y a un mois et demi. "
...

Il est un peu le spécialiste du tour final. En 17 ans de coaching, il a participé à sept de ces mini-championnats à quatre équipes. " Cela a déjà commencé avec Knokke, lors de mes débuts ", se souvient Dennis van Wijk. " D'accord, c'était en Provinciale, mais c'était un tour final quand même. S'en est suivi un avec le Cercle et quatre avec Roulers. Puis, le dernier, avec Mons il y a un mois et demi. "Son pourcentage de réussite est assez élevé dans cette compétition assez particulière. " 50 %, je crois. Cela devrait me faire... trois succès et demi, donc ! " ( ilrit) Mons a donc eu le nez creux en allant le chercher en cours de saison dernière. Mais aujourd'hui, c'est à un autre niveau que les Dragons vont devoir prester. DennisvanWijk : Oui, sans doute. Mais ce sont des problèmes de luxe. Lorsqu'on monte, on a le choix : réaliser des investissements, se renforcer ou au contraire aborder l'élite calmement. Si Mons était resté en D2, il n'aurait pas eu le choix : une réduction drastique du budget aurait été obligatoire. Assez favorable. Nous avons un bon groupe. Les résultats, en période de préparation, n'ont pas été mauvais. Pourtant, le contexte n'était pas idéal, pour deux raisons essentiellement : primo, nous n'avons pas eu beaucoup de temps, étant donné que nous avons terminé la saison dernière plus tard que les autres, avec ce tour final qui est allé jusqu'au test-match. Secundo, nous avons dû composer avec un noyau encore étriqué. Conséquence : nous avons veillé à ne pas surcharger les joueurs, tout en effectuant un travail efficace. En raison de l'étroitesse du noyau, certains éléments ont joué quasiment 90 minutes à chaque match amical. Ce n'est pas ce que les " spécialistes " préconisent en matière de préparation. Malgré tout, nous ne déplorons qu'un seul blessé : Jérémy Sapina. Et cette blessure n'est pas musculaire, elle résulte d'un contact. Je peux donc en déduire que les périodes d'entraînements et de repos ont été bien dosées. Je dois aussi en remercier le staff, qui a livré du bon boulot. Si l'on ajoute Mamoutou N'Diaye, qui appartient toujours à La Gantoise, on peut en déduire que nous avons perdu trois joueurs importants. Tant Perbet que N'Diaye avaient envie de revenir : ils se plaisaient bien à Mons, dont ils louaient à la fois le professionnalisme et l'ambiance familiale. Mais ils dépendent du bon vouloir du club où ils sont sous contrat. Nous avons aussi acquis Chris Makiese et Ibou Sawaneh. Sur les flancs, nous sommes parés, avec en plus Quentin Pottiez, Matumona Zola, Tim Matthys... Défensivement, nous sommes parés aussi. Chaque poste est quasiment doublé. On possède certains joueurs qui, sans être des stars, ont déjà l'expérience de la D1. Il y a plus de concurrence au but également, avec l'arrivée d'Olivier Werner. C'est vraiment l'avant-centre qui nous manque. Il faudra le trouver sans trop délier les cordons de la bourse, afin de respecter le budget. Dans ce domaine, le club a tiré les leçons du passé. Il est trop tôt pour le dire. Il faut être patient avec les jeunes. Jouer en CFA, c'est très différent de jouer en D1. Ce qui valait pour les joueurs, valait également pour moi : il fallait d'abord se concentrer sur le tour final, et on parlerait de contrat après. Si Mons n'était pas monté, je ne serais probablement pas resté. A partir du moment où l'Albert a été promu, il fallait encore que j'ai un bon feeling. J'ai pris quelques jours de congé après le tour final, et à mon retour, tout a été rapidement réglé. Le job d'entraîneur n'est pas facile. On est de plus en plus tributaire d'objectifs à court terme, on ne peut plus construire sur plusieurs années. Lorsque les résultats suivent, la collaboration est généralement optimale. Lorsque ce n'est plus le cas, les problèmes commencent. Dans une entreprise traditionnelle, lorsqu'un patron limoge un employé, il y a généralement un dédommagement prévu pour rupture de contrat. En football, on cherche souvent à l'éviter et les procès sont monnaie courante. En signant un contrat d'un an, on évite tous ces ennuis. Si l'employeur est content et que je m'y retrouve, on prolonge. En cas contraire, on arrête la collaboration, point à la ligne. Je ne peux parler que pour moi-même. Je voulais savoir ce que Domenico Leone, Alain Lommers et Dimitri Mbuyu pensaient de mon travail. Comment ils envisageaient la suite, aussi. Mais j'ai toujours eu un bon feeling au sujet de ce club. C'est agréable d'y travailler. Mons est un club chaleureux. L'ambiance est relax, familiale. Cela me plaît. Simplement, je trouve qu'on devrait encore acquérir une mentalité de D1. L'Albert est l'un des deux clubs wallons de l'élite et devrait mettre cette situation à profit pour se montrer davantage : c'est le moment. Je trouve que nous sommes encore un peu trop humbles. Le président est trop esseulé aussi, c'est dommage. Le club dépend de lui, et comme tout être humain, il connaît des sautes d'humeur : parfois il se sent bien, parfois un peu moins bien. S'il recevait un peu d'aide, on pourrait aller très loin. Devenir un très bon club de D1, très stable. Car il y a un potentiel énorme à Mons. Plus qu'à... Oui, mais aussi qu'à Westerlo, qu'à Courtrai, qu'à Lokeren. On a de meilleures infrastructures que ces clubs-là. Plus de public, aussi. Ce potentiel ne demande qu'à être exploité. Chaque club est différent. Prenez le Cercle et le Club : deux clubs d'une même ville, qui jouent dans un même stade, mais dont la mentalité est différente. Je suis ouvert à tout. J'ai joué dans quatre pays différents, j'ai aussi entraîné dans plusieurs pays, j'ai suivi des stages en Italie, aux Etats-Unis, en... Jamaïque. En matière de couleur de peau, de religion, de langue, je suis réceptif à tout. J'essaie actuellement d'améliorer mon français. Ce n'est pas évident, et je commets encore beaucoup d'erreurs en le parlant, mais je fais l'effort. Je trouve cela important. Je ne comprends pas qu'au Club Bruges, la langue véhiculaire soit désormais l'anglais. Ne peut-on pas demander à des Danois ou à des Suédois d'apprendre le néerlandais ? Ils le manieraient en deux ou trois mois. Quand on fait partie d'un club, il faut être capable de communiquer avec les supporters, avec les sponsors, avec les VIP. A Mons, lorsque je pénètre dans le Club 44, je ne vais tout de même pas y parler flamand ? En effet. J'ignore pourquoi on ne veut pas de moi dans des grands clubs. Je me vends peut-être mal, ou alors on a une mauvaise perception de ma personne. Je suis peut-être trop rigide, trop cru, ou alors c'est l'impression que je dégage car je ne pense pas que ce soit le cas. Je veux gagner, je suis exigeant, je veux que tout le monde se donne à fond pour le club où il travaille : cela va du préposé au matériel jusqu'au cuisinier, en passant par mes adjoints. Et lorsque je constate un laisser-aller, je le dis. Cela fait-il de moi un caractère difficile ? J'ai été formé à l'Ajax, où le professionnalisme est poussé à l'extrême depuis les catégories les plus basses. J'ai aussi joué en Angleterre de 18 à 23 ans et je m'y suis sans doute imprégné de la mentalité anglaise. Le vestiaire est très sain. C'est important qu'il le reste. Lorsqu'on associe la discipline avec la joie de jouer, on a déjà beaucoup d'atouts. Lorsque le vestiaire est agité, cela se ressent généralement dans les résultats. Regardez Eupen, le Lierse, ou même le Club Bruges la saison dernière. En revanche, les clubs où l'ambiance était sereine, comme à Genk, ont réalisé de bons résultats. J'estime que oui. Ne serait-ce, précisément, que parce que notre vestiaire m'apparaît plus serein. Ensuite, et je ne dis pas cela pour défendre ma personne : ce n'est jamais une bonne chose lorsqu'on change constamment d'entraîneur. A Eupen, la saison dernière, on a commencé avec Danny Ost pour poursuivre avec Eziolino Capuano, puis Albert Cartier et enfin rappeler Ost. Les joueurs ont besoin de calme, d'un guide auquel ils peuvent se fier, de lignes directrices claires et stables. Les clubs qui ont gardé leur calme s'en sont sortis. Comme Saint-Trond, où Guido Brepoels a été confirmé malgré des passages difficiles. La stabilité du groupe est aussi importante. Acheter dix joueurs au mercato, ce n'est pas toujours la solution. Regardez Charleroi. Qui, soit dit en passant, a aussi changé plusieurs fois d'entraîneur. Le seul et unique objectif. S'il est atteint, on verra pour la suite. Peut-être pourra-t-on placer alors la barre plus haut la saison prochaine, développer d'autres projets. Chaque chose en son temps. Il faut grandir calmement. PAR DANIEL DEVOS" Si le président recevait un peu de soutien, l'Albert pourrait devenir un club de D1 très stable "