Ceux qui ont suivi le Club Bruges ces dernières semaines espèrent beaucoup de Vadis Odjidja (22 ans), qui, dans un rôle un rien plus offensif, doit pouvoir marquer de son sceau la nouvelle équipe. Peut-être sera-t-il le joueur le plus marquant de la saison, puisqu'il est délivré de la plupart de ses tâches défensives et que l'arrivée de joueurs dotés d'une forte aura va le délivrer d'un surcroît de pression.
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Ceux qui ont suivi le Club Bruges ces dernières semaines espèrent beaucoup de Vadis Odjidja (22 ans), qui, dans un rôle un rien plus offensif, doit pouvoir marquer de son sceau la nouvelle équipe. Peut-être sera-t-il le joueur le plus marquant de la saison, puisqu'il est délivré de la plupart de ses tâches défensives et que l'arrivée de joueurs dotés d'une forte aura va le délivrer d'un surcroît de pression. Vadis Odjidja : Je veux montrer qu'à mon nouveau poste, je suis plus à l'aise. Je vais essayer de bien jouer avec les nouveaux, pour former une solide équipe, capable d'atteindre les objectifs fixés par la nouvelle direction. J'ai quand même longtemps oscillé entre le milieu défensif et une position plus offensive. Ce n'est qu'à la fin des play-offs que j'ai été plus audacieux. Nous avons de bons footballeurs cette saison et je pense que l'entrejeu a gagné en technique et en vista. En principe, une fois que nous serons lancés, tout devrait aller plus facilement que la saison passée. Nous devons faire le jeu mais aussi nous infiltrer, ce que je fais plus volontiers que Victor Vazquez, qui aime avoir le ballon dans les pieds et délivrer la dernière passe. Enfin, ça viendra avec le temps... Parce qu'il est mieux rôdé. J'ai joué deux ans avec Nabil et Carl est également un ancien, tandis que l'autre flanc est tout neuf. De plus, Fredrik Stenman, à l'arrière gauche, s'est blessé d'emblée. Nous cherchons encore comment obtenir un rendement optimal de Rafa (Ilor Refaelov). J'ai inscrit six buts la saison passée. Je n'ai pas d'objectif précis et je ne me tracasse pas. Ce n'est pas une obsession, même si on juge les footballeurs sur leur sens du but. Si je ne marque pas, le Club cherchera un autre médian la saison prochaine. Voilà. Il est toujours courageux, travailleur, il livre de bons matches mais en fin de compte, ce sont ses statistiques qu'on décortique. C'est là-dessus qu'on est jugé, et à juste titre. Chacun doit apporter sa pierre à l'édifice, surtout dans un grand club. On ne peut pas se reposer sur les attaquants, en espérant qu'ils marquent chacun 20 buts. Chacun doit avoir une bonne moyenne afin que les attaquants soient moins sous pression. D'abord, les nouveaux membres de la direction ont exposé leurs projets. Ensuite, l'entraîneur a réalisé l'évaluation de l'année et expliqué ce qu'il attendait de moi. Avec la direction, j'ai surtout parlé des changements et de ce qu'ils représentaient pour nous : le fait que nous allions être suivis comme des athlètes, etc. On peut avoir le meilleur préparateur physique du monde, ce n'est pas une garantie de succès si les joueurs n'ont pas envie de courir ni de s'adonner à la musculation. D'un autre côté, il est plus amusant de s'entraîner dans un nouveau complexe que dans une salle vieille de quinze ans. Certains jours, il faut me pousser un peu pour relancer le moteur. Ballon au pied, il n'y a pas de problème mais d'autres aspects sont moins marrants : courir fait partie du football et il faut s'en acquitter comme du reste, sans trop réfléchir. Certains simulaient un bobo pour ne pas s'entraîner ou même ne pas jouer. L'année dernière, contre Lommel, quelques-uns n'avaient pas envie de jouer parce qu'une semaine après, nous affrontions le Standard. Chacun fait ce qu'il juge être bon pour lui-même. Si quelqu'un estime avoir besoin d'une semaine de repos, qu'il la prenne alors... Oui. J'attache beaucoup d'importance à l'honnêteté et à l'égalité. Il n'y a pas de problème quand les gens s'acquittent de leur devoir. Sinon... Absolument. Je ne supporte pas l'injustice ni ce genre de comportement. Tout le monde doit être traité de la même manière. Si quelqu'un se permet quelque chose, tout le monde doit pouvoir agir de la même façon. Parfois, j'étais frustré mais il faut se maîtriser. C'est la marque des grands footballeurs. Ils sont très calmes. Même si quelque chose ne leur plaît pas, ils ne le disent pas immédiatement. Ils abordent le sujet plus tard et vident l'abcès. Ils n'ont pas une grande gueule et ne disent pas : - Tout doit marcher comme ça. Ce serait différent si Bruges avait enrôlé dix Italiens ( rires). Le football dépend de tant de détails... Parfois, on se sent moins bien et on joue moins bien aussi. Ou il se produit ce qui m'est arrivé. Comme une interview que j'ai accordée pendant la trêve hivernale dans laquelle je rentrais dans notre ex-joueur culte Gert Verheyen qui m'avait critiqué dans son travail de consultant. Cela m'a amené pas mal de problèmes ( ndlr : Vadis a dû présenter ses excuses publiquement). En effet. Selon, les observateurs, son sort dépendait de cette joute et il m'a écarté du noyau. Je ne le comprenais pas. J'avais joué toute la saison pour l'équipe, jamais à ma place de prédilection, et je faisais de mon mieux. D'un coup, je n'étais pas repris, sans véritable motif. J'ai trouvé ça ingrat. Après l'entraînement, je suis immédiatement rentré à la maison. C'était une erreur. L'entraîneur a pensé que puisque j'étais parti, il ne me fournirait pas d'explication. Je l'ai eue le lundi. En voyant mes coéquipiers à la télévision, j'ai eu l'impression de ne pas être correctement traité. Oui. Puisque j'avais été écarté, tout le monde a cru que j'étais un mauvais garçon, que je ne vivais pas pour mon sport. Mon image en a quelque peu pâti. Ensuite, j'en ai discuté avec l'entraîneur. Ce n'était qu'un malentendu. Heureusement, il n'en est pas resté de trace. Thibaut Van Acker a reçu sa chance ce jour-là, j'ai joué plus haut par la suite et voilà. J'en ai tiré une leçon : la prochaine fois, je ne rentrerai pas à la maison mais je demanderai immédiatement à l'entraîneur de motiver sa décision, afin que la situation ne se dégrade pas. Il était très satisfait du premier tour et de la fin. Je pense avoir atteint un bon niveau. Oui, mais je ne peux pas être partout ni tout faire : faire le jeu, casser celui de l'adversaire et marquer vingt buts. Nous étions à trois dans l'entrejeu. J'étais l'élément défensif mais ce n'est pas parce que Victor et moi jouons plus haut que Niki doit maintenant se coltiner tout le sale boulot. C'est trop facile de dire : quand Vadis joue, le Club est fragile. Peut-être. Je pensais que si j'avais joué à un autre poste, je m'en serais sans doute mieux tiré que les autres. Non. Je ne suis pas de ceux qui vont trouver l'entraîneur pour critiquer les autres et dire : -Si je jouais là, je ferais mieux ceci ou cela. Il y a des footballeurs comme ça mais ils sont lâches. Oui. Quand on me reprochait certaines choses, je répondais que si on ne m'aidait pas, je ne m'en sortirais pas. J'avais encore des choses à apprendre. La saison passée a été ma première saison complète, après tout. Peut-être. J'avançais de ma propre initiative pour réaliser une action ou centrer. J'ai inscrit tous mes buts d'assez loin. Quand cela se répète, les gens s'y attendent de plus en plus mais l'entraîneur me demandait de bien rester en défense et de laisser d'autres se livrer offensivement. Néanmoins, c'était en moi. Je me sentais propulsé en avant et parfois, c'était au détriment de mes tâches défensives. Dans certains matches, je n'ai pas été un médian défensif mais je reprenais ce poste quand le titulaire montait. Je me sens frustré quand on ne le fait pas pour moi. Bien sûr, c'est une autre leçon. Le football est un sale milieu. Il ne faut pas être trop gentil avec ses coéquipiers. C'est vrai. L'égoïste et le joueur collectif ne sont pas éloignés l'un de l'autre. Il faut opérer des choix. Je joue toujours en fonction de l'équipe mais en effet, je veux montrer que je suis important pour son fonctionnement. Oui. Je regrette ce que j'ai dit. Je n'avais pas l'intention d'offenser autant de supporters. J'ai présenté mes excuses. Chacun commet des erreurs mais s'il le reconnaît, il doit pouvoir être pardonné. Les protestations des supportes n'ont pas duré longtemps. Tout a commencé par un malentendu avec l'entraîneur et j'aurais mieux fait de ne pas réagir. Nous étions en stage et il n'y avait pas d'attaché de presse pour me modérer. Absolument. Je n'aurais jamais dû dire ça. Point à la ligne. Les gens aiment Gert et j'aurais dû me taire. Oui. Chacun a des tâches bien spécifiques. Sportivement, les médians se sont entraînés séparément à plusieurs reprises. Nous avons testé nos positions, nous nous sommes entraînés à effectuer des passes sur le bon pied, à contrôler le ballon, nous avons peaufiné notre technique. A la fin, il y avait un jeu destiné à se mettre les uns les autres en difficulté. C'est excellent pour la technique. Au début, c'étaient souvent les mêmes qui perdaient, Jimmy Dejonghe ou Fries Deschilder, et ils devaient faire des pompages. Ce n'est pas encore arrivé. Nous travaillons dur, nous nous entraînons beaucoup, aussi du mauvais pied. Avant, les grands footballeurs disaient qu'il fallait travailler et que le reste suivait. Moi je pensais que tout était inné et j'ai compris. Quand on travaille ses points faibles, on progresse vraiment. Plus on s'entraîne, plus haut on place la barre pour soi-même et meilleur on devient. C'est mon boulot aussi. Les jeunes ont tendance à considérer que ce n'est leur travail qu'au club et ensuite, ils referment le chapitre jusqu'au lendemain mais en fait, il faut aussi travailler à la maison. Pas systématiquement courir dix kilomètres. Jouer un peu avec des copains est aussi utile. A mon retour d'Allemagne, je me sentais encore plus fort mais c'est difficile de conserver une telle pêche. Je me suis donc un peu émoussé sur le strict plan physique mais j'ai un meilleur rythme et j'ai acquis de l'expérience. Il y a longtemps que je n'avais plus entendu cette comparaison. Non. Niki (Zimling) est le nouveau leader. Moi, je veux aider l'équipe à gagner et stimuler les autres mais je n'éprouve pas le besoin d'être un leader. Sur le terrain oui, mais dans le vestiaire, je ne vais pas dire aux autres ce qu'ils doivent faire. Cela n'a rien à voir avec mon âge car ce n'est pas réservé aux anciens mais je suis trop je m'en-foutiste pour ça. Souvent, je ne sais même pas à quelle heure on s'entraîne le lendemain et je dois téléphoner à des coéquipiers le soir. Sous l'influence de Ryan. Je m'y suis mis mais ce n'est vraiment pas mon truc. J'aime m'amuser et être entouré d'amis. Je préfère voir les gens qu'échanger des messages avec eux. PAR PETER T'KINT " Je ne peux pas faire le jeu, casser celui de l'adversaire et marquer vingt buts ". " Je suis trop je-m'en-foutiste pour être un leader du vestiaire. "