L'équipe US Postal-Berry Floor a pris le départ de la Grande Boucle avec 24 employés : neuf coureurs, deux directeurs d'équipe, cinq soigneurs, quatre mécaniciens, un docteur, un chiropracteur, un chauffeur de bus et un cuisinier. Le Belge Dirk Demol, ex-vainqueur de Paris-Roubaix, a été appelé voici trois ans par Johan Bruyneel pour le seconder à la tête de l'équipe américaine. " Un transfert un peu inattendu. J'ai dû me préparer parce que les seuls mots que je connaissais en anglais c'était yes et no ".
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L'équipe US Postal-Berry Floor a pris le départ de la Grande Boucle avec 24 employés : neuf coureurs, deux directeurs d'équipe, cinq soigneurs, quatre mécaniciens, un docteur, un chiropracteur, un chauffeur de bus et un cuisinier. Le Belge Dirk Demol, ex-vainqueur de Paris-Roubaix, a été appelé voici trois ans par Johan Bruyneel pour le seconder à la tête de l'équipe américaine. " Un transfert un peu inattendu. J'ai dû me préparer parce que les seuls mots que je connaissais en anglais c'était yes et no ". Dirk Demol : J'avais de l'admiration pour lui mais je ne l'ai jamais fait remarquer. Johan m'avait bien expliqué qu'il fallait être sûr de soi avec les Américains. Chez Lance, c'est oui ou non, le reste c'est de la perte de temps. Lorsque l'équipe participe à une course avec Lance, les autres sont plus concentrés. Il tire l'équipe à un niveau plus élevé. Parfois il me fait penser à Bernard Hinault. Il en imposait aussi. Lance est un leader né. Quoi qu'il fasse après sa carrière sportive, chef d'entreprise ou autre, il connaîtra le succès. Lance, c'est un athlète d'exception avec un mental à toute épreuve. De tous les grands tours, c'est le Tour de France qui exige le plus : les meilleurs coureurs sont là, l'attention médiatique est importante, le public très nombreux. Certains coureurs en souffrent mentalement, ce qui les affaiblit physiquement. Lance fait abstraction de tout cela. J'ai couru avec beaucoup de grands cyclistes mais aucun n'avait sa force mentale. Il est exceptionnel, ne doute jamais. Neuf coureurs peuvent se présenter au départ et nous en préparons chaque année 12 ou 14. Ils ne sont presque jamais mis sous pression pour disputer des courses mais doivent montrer en juin qu'ils sont prêts pour le Tour. Le Dauphiné Libéré et le Tour de Catalogne étaient les derniers tests. Deux semaines avant la Grande Boucle, nous annonçons la sélection. Les trois éléments écartés doivent tout de même vivre et s'entraîner le jour du prologue comme s'ils faisaient la course. C'est dur pour eux : ils sont généralement davantage déçus de ne pas pouvoir participer au Tour que de ne pas voir leur contrat prolongé. Mais nous les évaluons toute l'année. Sont-ils de bons équipiers ? Résistent-ils au stress ? Nos coureurs sont sous pression pendant le Tour, durant chaque étape ils doivent aider notre leader et se décarcasser pour lui. On ne peut gagner chaque jour l'étape mais par contre chaque jour on peut perdre le Tour. Le danger de longues échappées est toujours présent. Nos coureurs ne peuvent jamais se reposer. Certainement. Parfois, certains sous-entendent qu'Armstrong est le vrai patron d'US Postal. Non, il en est le leader incontesté mais ce n'est pas lui qui décide qui vient ou pas. Il préfère d'ailleurs le système d'évaluation permanente. Lance aime parler. S'il voit des garçons commettre une erreur, il les corrigera. Johan Bruyneel a commencé le premier à effectuer ces parcours de reconnaissance et à présent tout le monde le fait. Lors de notre stage dans les Alpes, nous avons appris que l'équipe Rabobank y avait également logé. Cela ne nous gêne pas. Les parcours chronométrés sont reconnus, les étapes de montagne aussi. Nous nous sommes également déjà entraînés pour le contre-la-montre par équipes afin de voir dans quel ordre il vaut mieux rouler. Tout le monde doit se farcir ces nombreuses heures d'entraînement mais sans se vider. J'ai déjà assisté à une reconnaissance d'étape de 230 km et comportant cinq cols. Au sommet du dernier col, Lance est redescendu pour essayer d'autres vitesses et un autre tempo, alors que tous les autres étaient sur les genoux. Vu son passé, il se rend compte qu'être en bonne santé est un luxe. Lorsqu'il se lève le matin, Lance est content d'être en forme, de pouvoir aller rouler à vélo. Il peut pleuvoir des cordes, il fera ses six heures d'entraînement. C'est un gars très plaisant. Partout où il se trouve, on rit et on s'amuse, surtout à table. L'an dernier, il mettait à chaque fois le même morceau de ZZ Top dans le car. C'est le groupe préféré de son coéquipier Floyd Landis et ils poussaient la chansonnette avant le départ. Pendant le Tour, deux personnes le conduisent à la ligne de départ sinon des centaines de fans viennent lui demander un autographe. Quant à ses vols privés, c'est vrai il ne supporte aucune perte de temps. En 1999, ils lui ont fait beaucoup de mal en s'interrogeant à propos de ses prestations, suite à son cancer. Soyons clair : Lance a été victime d'un cancer des testicules qui s'est propagé aux poumons et au cerveau. Comment quelqu'un qui a vécu cela prendrait-il le risque avec je ne sais quel produit dopant mettant sa santé en danger ? Le fait qu'ils aient osé suggérer cela est absurde. Ce genre de discours a profondément touché Lance. Lance travaillait déjà avec Ferrari avant sa maladie... Il ne consulte pas tellement Ferrari en tant que médecin mais plutôt pour ses conseils à propos des entraînements. Ferrari ne s'est d'ailleurs fait remarquer qu'à cause d'une phrase : -Tout ce qui n'est pas sur la liste des produits interdits n'est pas du dopage. Johan a une vision globale de la préparation d'un Tour et détermine la plupart du programme. Mais il ne va pas jusqu'à écrire des schémas d'entraînement très détaillés. C'est surtout Lance qui en parle avec Ferrari. " Lance est le leader de l'équipe mais pas le patron "