Mars 2015, Villarreal affronte Barcelone en demi-finale de la Coupe du Roi. Il a perdu le match aller 3-1. Au retour, il est mené 0-1 mais égalise avant le repos par Jonathan dos Santos sur un assist de Tomás Pina. Villarreal tente le tout pour le tout mais s'expose aux contres. Sur l'un d'entre eux, Neymar file vers le but. Pina tente un tacle désespéré mais ne touche que la cheville du Brésilien et est exclu. Le Barça s'impose 1-3.
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Mars 2015, Villarreal affronte Barcelone en demi-finale de la Coupe du Roi. Il a perdu le match aller 3-1. Au retour, il est mené 0-1 mais égalise avant le repos par Jonathan dos Santos sur un assist de Tomás Pina. Villarreal tente le tout pour le tout mais s'expose aux contres. Sur l'un d'entre eux, Neymar file vers le but. Pina tente un tacle désespéré mais ne touche que la cheville du Brésilien et est exclu. Le Barça s'impose 1-3. L'anecdote ne surprend pas Sebastià Adrover. Le journaliste d'El Diario de Mallorca connaît très bien Tomás Pina. " Nous étions voisins et je l'ai souvent interviewé lorsqu'il jouait ici (2009 à 2013, ndlr). C'est un joueur qui n'hésite pas à mettre le pied. Cette agressivité lui a été inculquée par l'entraîneur de l'époque, Joaquin Caparrós. Il prenait beaucoup de cartons jaunes mais aujourd'hui, il se contrôle mieux. " Par contre, Adrover se dit étonné que Pina ait opté pour Bruges. " Je pense qu'il a les qualités pour jouer dans un bon club espagnol comme Villarreal. Il n'est ni créatif ni très talentueux mais c'est un bosseur qui protège bien son ballon. " Pourtant, à Majorque, quand on lui demandait quels étaient ses modèles, il répondait : " Xavi. Wesley Sneijder n'est pas mal non plus, tout comme Sergio Busquets et Bruno Soriano. " Pourquoi, dès lors, quitte-t-il Villarreal, quatrième du défunt championnat d'Espagne et demi-finaliste de l'Europa League ? La réponse se trouve peut-être dans une interview de Marcelino, le coach du sous-marin jaune, en début de saison dernière. " Bruno Soriano pourrait jouer dans n'importe quel grand club d'Angleterre, d'Allemagne ou d'Espagne. Pina s'adapte bien à lui et le remplace parfaitement quand il n'est pas là. C'est à ce poste de médian défensif que nous avons le plus de joueurs car il y a encore Jonathan dos Santos et Manu Trigueros. " Autrement dit : la concurrence est énorme. Et si on regarde le temps de jeu de la saison dernière, la hiérarchie est clairement établie : 1) Bruno Soriano ; 2) Manu Trigueros ; 3) Dos Santos ; 4) Pina, même si celui-ci a joué 36 matches sur 46. " Le problème de Pina, c'est que Soriano et Trigueros figurent parmi les meilleurs joueurs d'Espagne à ce poste ", dit Adrover. Dans un premier temps, Villarreal voulait impliquer Pina dans un échange avec Alfred N'Diaye (26), un international sénégalais du Real Betis. Mais Pina ne voulait pas rejoindre le club de Séville qui, la saison dernière, a lutté pour son maintien. L'offre du Club Bruges était plus intéressante et Villarreal a investi l'argent dans le transfert de N'Diaye. A 18 ans, Tomás Pina avait entamé des études de journalisme à Madrid. Il voulait être journaliste sportif mais lorsque Majorque lui a offert sa chance en première division, il a mis l'école entre parenthèses. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un avis bien tranché sur la presse sportive espagnole. " La demande en matière d'information est très forte. Du coup, les thèmes abordés dans la presse sont souvent peu intéressants et basés sur le sensationnalisme. Ça manque de qualité ", a-t-il déclaré un jour. Lui, il lit plutôt JotDown et Panenka, les équivalents espagnols du Vif et de Sport/Foot Magazine. C'est aussi un grand fan de NBA qui, lorsqu'il peut dormir plus tard le lendemain, regarde souvent les matches en direct. " Ce n'est pas le genre de gars qui cause des problèmes ", dit Adrover. " Au contraire, il est très ouvert et très sympathique, il s'entend bien avec tout le monde. " Marvin Ogunjimi confirme. L'attaquant belge qui évolue actuellement en Thaïlande a été l'équipier de Pina à Majorque. " C'est une des personnes les plus simples que j'aie rencontré dans le monde du football. Il est très positif. Il n'aime pas les projecteurs. En tant que joueur, il me faisait penser à Fernando Redondo : jamais stressé, il perd rarement un ballon. On peut toujours compter sur lui. Je pense que Bruges a fait une bonne affaire. " PAR STEVE VAN HERPE - PHOTO PHOTONEWS