Un peu avant la Nouvelle Année, Kevin De Bruyne a repris place sur les terrains. Bien plus tôt que prévu, après qu'il ait été victime d'une mononucléose infectieuse et accablé par le décès inopiné de sa grand-mère. La mononucléose a réduit ses ressources physiques, mais sa condition s'améliore de jour en jour. Début février, il a participé au match contre le Club Bruges, précisément la rencontre au cours de laquelle il a fêté, un an plus tôt jour pour jour, sa première sélection en équipe fanion.
...

Un peu avant la Nouvelle Année, Kevin De Bruyne a repris place sur les terrains. Bien plus tôt que prévu, après qu'il ait été victime d'une mononucléose infectieuse et accablé par le décès inopiné de sa grand-mère. La mononucléose a réduit ses ressources physiques, mais sa condition s'améliore de jour en jour. Début février, il a participé au match contre le Club Bruges, précisément la rencontre au cours de laquelle il a fêté, un an plus tôt jour pour jour, sa première sélection en équipe fanion. Kevin De Bruyne : Ce rêve s'est à présent partiellement évanoui. Mais mon grand-père est toujours là. Il était présent lors du match contre Courtrai et c'était un bonheur rare de pouvoir inscrire un but à cette occasion. Le lendemain, il m'a accompagné à une émission de télévision . C'était super. Il a 80 ans. J'espère le garder encore longtemps et qu'il puisse me voir jouer un jour en Angleterre. J'ai toujours voulu jouer là-bas. Ma mère est belge mais se sent anglaise. Et mes grands-parents habitent depuis 38 ans outre-Manche. Quelque part, j'ai cette fibre britannique. De plus, le foot y est très direct, à l'image de mon jeu. On m'a téléphoné le diagnostic à midi : mononucléose infectieuse. J'ai accepté car je suis quelqu'un qui voit les choses positivement. Il n'y a de toute façon rien à faire. Mais en soirée, un autre coup de téléphone nous a appris le décès de ma grand-mère. Alors, je n'ai plus pensé à ma maladie. Cette nuit-là, j'ai à peine fermé l'£il. Deux jours plus tard, nous prenions le train pour Londres. Mes grands-parents habitent à Ealing, à l'ouest de Londres, en métro à une dizaine de minutes du centre. Le frère de ma mère habite quelques maisons plus loin. Je connais ce quartier comme ma poche. C'est à Londres que je suis vraiment devenu malade : fortes fièvres, jusqu'à 40°. J'ai assisté à l'enterrement, sans plus. Le reste du temps je me suis reposé. Durant la première semaine, j'ai dormi dix-huit heures par jour. Quand j'ai dit ça je ne jouais pas encore chaque semaine. Depuis, j'en suis à près de 70 matches toutes compétitions confondues avec Genk. C'est énorme à mon âge. L'an dernier nous jouions pour la onzième place. A présent nous sommes deuxièmes et nous avons tenu notre rang contre Porto. Cela signifie que le niveau est élevé. Mon évolution dépendra des offres, mais il y a des défis qu'on ne peut pas refuser. Je suis très heureux ici et si nous obtenons un ticket européen, ce sera une raison supplémentaire pour rester. Mais si on me propose un défi que je crois pouvoir gagner, je ne dirai pas non. En deux ans, je suis passé de réserviste en U19 au banc de l'équipe nationale. C'est énorme. Je n'attendais pas cela. Cela va très vite et continue d'aller vite, mais je parviens à m'adapter. Non, mais il faut que cela avance. J'aime les défis. Quand, à 14 ans, je suis passé de Gand à Genk, c'était aussi un grand pas. Il ne m'a fallu qu'un an (difficile) pour m'intégrer. Je suis quelqu'un qui aime évoluer dans différentes conditions de club ou de compétition. Mais si je dois rester cinq ans quelque part, ce sera bien aussi. La vie est tellement courte qu'il faut oser. Si on se casse la figure, on peut au moins se dire qu'on a essayé. Je comprends que certains souhaitent passer toute leur carrière ici. Moi, cela ne me dit pas grand-chose. Si l'on a visé trop haut, on peut toujours redescendre d'un cran et recommencer. Si l'on continue à travailler bien sûr car celui qui s'estime trop bon parce qu'il vient d'un échelon supérieur court à sa perte. Pas grand-chose. S'il y a de l'intérêt, je n'en connais pas les détails. C'est l'affaire de mon manager. Nous étions au courant depuis quelques mois déjà. Sans vouloir en parler. Evidemment, quand des journalistes se mettent à fouiner sur le sujet, ils finissent toujours par apprendre quelque chose. Cela ne m'a toutefois pas gêné. Non. J'ai rêvé quand j'étais jeune. Plus à présent. Je suis assez serein. Advienne que pourra. Toutes ces histoires à propos de Chelsea, je ne m'en préoccupe pas du tout. A ceux qui pensent le contraire, je dis que c'est faux. Je suis très actif, toujours occupé à quelque chose. Alors on n'a pas le temps de fantasmer. Si je suis sans doute plus calme qu'avant, je suis toujours incapable de rester deux heures dans un fauteuil. Une petite semaine de soleil et de farniente : rien de mieux après ces deux mois de misère. J'y retournerais volontiers. La vie y est encore assez simple mais les gens sont heureux avec un rien. Bien sûr, mais je dois surtout veiller à beaucoup jouer. Genk a refusé l'offre et pour moi c'était terminé. En outre, je venais de me réengager pour cinq ans. Ce n'était pas le moment de faire le difficile. Il y a eu une approche, tout comme de la part du Standard. Je voulais d'abord négocier avec Genk. Seulement si cela n'avait abouti à rien, j'aurais dû voir ailleurs, car l'aspect financier de la carrière a bien sûr aussi son importance. Genk l'a très bien compris. Je n'avais qu'un petit contrat de jeune footballeur et il fallait le rehausser. Nous avons négocié un contrat à la performance. Désormais, je suis bien rémunéré, même si la moitié de l'équipe gagne toujours plus que moi. Cela ne me dérange pas. Si je m'en vais, je peux multiplier mes revenus par deux ou trois. Cela n'est toutefois pas une priorité pour le moment. D'abord jouer et penser gros sous par la suite. Non ! Je n'ai pas perdu beaucoup de matches en 2010. Dès l'instant où je suis rentré dans l'équipe, les résultats se sont améliorés. Personnellement, j'ai vécu une très bonne année. J'ai parfois le sentiment que cette seule année 2010 nous a aguerris de deux ou trois ans ! J'ai un plan de carrière... mais pas d'objectifs précis. Ce n'est pas contradictoire : un plan n'est pas un objectif. Vers mes dix ans, j'ai établi un plan jusqu'au moment de devenir pro. Pas au-delà. J'avais prévu deux années de latin, puis le sport-études et ensuite tenter de devenir footballeur. Et cela s'est passé comme prévu. Grâce sans doute à mon obstination. J'ai toujours continué à m'investir totalement, même quand cela allait moins bien comme au début à Genk. Quand on persévère, on finit toujours par y arriver. J'ai beaucoup changé durant cette période. Je suis surtout devenu plus autonome. Comme professionnel les choses changent vite : il faut souvent décider en quelques secondes. La vie du sportif pro est très particulière. Ce sont les défis continuels qui la rendent attrayante. Il faut profiter de chaque moment car cela peut être terminé du jour au lendemain. Je me sens facilement chez moi. Je ne suis peut-être pas très expansif mais ceux qui me connaissent bien savent que j'apprécie la tranquillité tout en n'aimant pas rester seul. Je ne suis pas attaché à un seul foyer, précisément parce que j'ai très rapidement voyagé de l'un à l'autre. Ainsi, on apprend à s'adapter. En fait, il s'agit surtout de conversations un peu plus animées. Je dis ce que je pense. Je ne suis pas à colporter des choses derrière le dos des gens. Comme je reste poli, les gens acceptent plus facilement mes propos. Avant, mes réactions étaient plus violentes. Avec l'âge j'ai appris la modération et la réflexion. Et puis, l'entraîneur me connaît mieux aussi. Non, je mets tout le monde sur le même pied. Chacun mérite le respect. Ce n'est pas parce que quelqu'un a réalisé quelque chose de remarquable qu'il vaut plus. J'applaudis la belle carrière qu'il a accomplie mais il est mon entraîneur et il faut pouvoir communiquer. Les gens qui ne me connaissent pas en déduisent que j'ai une grande gueule parce que j'ose dire ce que je pense. Ceux qui me connaissent affirment que je suis sincère. Parfois trop, peut-être. Il faut aussi savoir se taire à certains moments. Cela aussi, je l'ai appris. Je suis exigeant. Je souhaiterais que tout aille toujours bien. Ce qui est évidemment impossible. Je suis capable de me fâcher très fort, mais là aussi je me suis calmé. Avant, il m'arrivait de déclencher des colères très insultantes sur d'autres. Plus jeune, on croit que chacun évolue sur le même pied. Par après, on apprend que tout le monde n'est pas en mesure de faire ce dont on est capable. Je crois que je m'efface beaucoup. Dans notre système de jeu, un poste sur les flancs exige beaucoup de course, offensivement et défensivement. C'est dur. Dans certains matches, on ne reçoit pratiquement pas de ballon. Alors, il est difficile de rester concentré. Je désire toujours me hisser au-dessus du lot mais je ne crois pas être le seul. C'est au contact du ballon que mes qualités s'expriment le mieux. C'est toute une évolution : chez les jeunes, on peut attaquer. Ensuite il faut aussi défendre. A la longue, on veut briller sur les deux plans. Ce n'est pas possible. C'est ça qui est difficile. En tout cas, on ne peut jamais me faire le reproche de ne pas faire mon boulot. Je suis relativement explosif et rapide, mais ni le plus explosif ni le plus rapide. Je suis plutôt un distributeur qui aime glisser vers les flancs. Le long de la ligne je me sens parfois enfermé. On ne peut dribbler que d'un côté. Au centre, on a une meilleure vision. Pas grand-chose. Que nous évoluons sans médian offensif. Ce n'est pas un problème pour moi. Je me sens très bien sur le flanc gauche. Je n'ai jamais prétendu que je voulais jouer médian offensif. J'ai simplement dit que c'était ma position favorite parce que j'ai toujours été aligné à ce poste. Très souvent aussi comme deuxième attaquant. Les gens ne le savent pas mais chez les Espoirs nous avons très souvent évolué, Jelle et moi, derrière un attaquant de pointe qui était Christian Benteke. Cette saison là, nous avons inscrit une centaine de buts, Jelle et moi une trentaine chacun. Ce n'est pas nécessaire. Je ne ferai pas d'objection au club qui souhaite m'enrôler comme médian gauche. Je sais que je suis capable d'assumer cette fonction. Et les divers scouts savent évidemment aussi ce que j'ai presté avant... C'est évidemment exagéré. Il peut l'affirmer mais il faut savoir relativiser. Je ne m'en soucie pas. Cela m'a même plutôt fait rire : je connais bien sûr Cruijff de nom, mais je ne l'ai jamais vu jouer. Je ne peux qu'apprécier l'avis. Sans plus. Je sais. Non, je n'y pense pas ! C'est comme avec l'argent. J'en gagne beaucoup actuellement et je n'y touche pas. L'argent n'est pas le plus important dans la vie. J'ai acheté un appartement mais les voitures ou les belles fringues ne m'intéressent pas. Je ne souhaite pas paraître autrement que je suis. Sinon je me fais gronder par mes parents. L'an dernier, quand j'ai acheté mon premier iPhone, j'ai d'abord demandé à mes parents si je pouvais alors que je ne devais absolument pas le faire. Pourquoi l'ai-je fait ? Par respect, je pense. PAR JAN HAUSPIE" Je comprends que certains veulent jouer ici toute leur vie. Moi, cela ne me dit pas grand-chose. " " Je connais Cruijff mais je ne l'ai pas vu jouer. "