L' Arena Auf Schalke, samedi après-midi. Le stade est comble à l'occasion de la visite des Löwen de Munich 1860. Sur les parkings voisins du stade, le marché noir bat son plein. 50 DM (environ 1.000 francs) pour une place assise, mais les billets passent vite d'une main à l'autre. Didier Dheedene est titularisé à l'arrière gauche, côté visiteurs, sous le regard de Vince Briganti, qui apprécie la qualité de sa prestation. Dheedene ne laisse guère d'espaces à Gerald Asamoah. Deux Belges dans l'équipe locale: Sven Vermant, dans l'entrejeu gauche, et Nico Van Kerckhoven, juste derrière lui. C'est grâce à Van Kerckhoven qu'à la 13e minute, le gardien adverse expédie du pied le ballon dans son propre but, sur un heading d' Ebbe Sand. Ce sera l'unique but d'une rencontre médiocre.
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L' Arena Auf Schalke, samedi après-midi. Le stade est comble à l'occasion de la visite des Löwen de Munich 1860. Sur les parkings voisins du stade, le marché noir bat son plein. 50 DM (environ 1.000 francs) pour une place assise, mais les billets passent vite d'une main à l'autre. Didier Dheedene est titularisé à l'arrière gauche, côté visiteurs, sous le regard de Vince Briganti, qui apprécie la qualité de sa prestation. Dheedene ne laisse guère d'espaces à Gerald Asamoah. Deux Belges dans l'équipe locale: Sven Vermant, dans l'entrejeu gauche, et Nico Van Kerckhoven, juste derrière lui. C'est grâce à Van Kerckhoven qu'à la 13e minute, le gardien adverse expédie du pied le ballon dans son propre but, sur un heading d' Ebbe Sand. Ce sera l'unique but d'une rencontre médiocre. Deux internationaux belges ne sont pas de la partie. Marc Wilmots est dans la tribune. Son genou doit récupérer du match de Coupe d'Europe à Majorque. Il n'a rien de grave: ce mercredi soir, Wilmots peut jouer contre l'Olympiakos du Pirée et sa participation aux matches de barrage contre la Tchéquie n'est pas menacée. Le cas d' Emile Mpenza est plus grave. Il est carrément absent. Rudi Assauer, le manager de Schalke 04, est furieux, au terme du match. "Jeudi, j'ai eu un entretien d'une heure et demie avec Emile. Nous avons convenu qu'il m'appellerait samedi avant midi pour me dire s'il se faisait opérer ou non. Emile n'a pas donné de ses nouvelles. Il n'a pas téléphoné, il n'est pas là. Il aggrave sa situation". Quand on lui demande s'il n'aurait pas pu téléphoner lui-même, il fulmine: "Non, je ne l'ai pas appelé, je ne cours pas après mes joueurs comme un petit chien! Nous ne sommes pas au jardin d'enfants. Bitte!" Le manager ne lui pardonne pas d'être passé par l'intermédiaire de Wilmots pour prévenir le club qu'il serait opéré mardi (hier). Assauer: "Wilmots est-il le public relation de Mpenza? Non, pour moi, c'est comme s'il n'avait pas donné de ses nouvelles"."Ce serait mieux qu'il retourne à Mouscron!"Schalke 04 et son avant se réconcilieront-ils jamais? Assauer: "Je ne peux pas encore le dire. Son comportement est répréhensible. Peut-être vaudrait-il mieux qu'il retourne à Mouscron. Il pourra y faire ce qu'il veut. Il ne faut jamais dire jamais, mais sa situation ici devient très difficile. Je ne comprends pas ce garçon. Il y a deux jours, il a réagi très intelligemment. Puis voilà qu'il ne donne plus de ses nouvelles. Peut-être a-t-il eu un accident en se rendant au stade". Schalke 04 va-t-il le vendre? Assauer: "Là n'est pas la question. Sa situation s'aggrave. Beaucoup. C'est grave pour lui-même. Son contrat prévoit des sanctions pour ce genre de comportement. Nous allons le toucher par l'argent. Je sais que ça lui fait très mal. Peut-être devra-t-il même vendre sa Ferrari". Et si un club acquéreur se présentait? Assauer: "Si l'offre est sérieuse, alors... Au fond, Schalke 04 veut conserver Mpenza. Nous le lui avons clairement signifié jeudi. C'est pour ça que je ne comprends pas sa réaction. L'entraîneur et moi lui avons tendu la main. Nous lui avons dit: -Oublions notre dispute". En fait, toute l'affaire a commencé six jours plus tôt, au départ pour Majorque. Schalke 04 restait sur trois revers d'affilée en Ligue des Champions, dont deux dans sa propre Arena. La rencontre face à l'équipe espagnole constituait donc la dernière chance de rester européen au terme du premier tour. Lundi, Mpenza a brusquement signifié qu'il n'était pas en forme et qu'il ne pouvait pas jouer. Le club l'a suspendu, à l'ébahissement de Mpenza, qui s'est fait assister par Lieven Maesschalck, le kinésithérapeute, et par son amie, Nathalie Kratzborn, pour l'entretien de jeudi. Assauer: "Nous ne contestons pas le fait qu'il soit blessé mais cette affection ne l'empêche pas de jouer. C'est l'essence de la discussion. Il estime devoir être opéré, nous affirmons que des exercices adaptés peuvent lui éviter une intervention chirurgicale en lui permettant de jouer. Ça se passe dans la tête. Peut-être est-ce là qu'il faudrait l'opérer mais il s'agirait d'une intervention extrêmement difficile".D'Onofrio joue les pompiers de serviceLes sujets d'énervement ne manquent pas, à Schalke 04, au sujet de Mpenza. Assauer: "Tous les trois mois, il s'amène avec un nouvel homme d'affaires. Le dernier s'est pointé la semaine passée. Je l'ai reçu". Il s'agit de Laurent Denies, un avocat qui a travaillé avec Luc Misson dans le passé et qui est maintenant souvent mandaté par des clubs tels que La Gantoise ou le RWDM. Luciano D'Onofrio, qui pourrait passer pour l'agent de Mpenza, dément tout contact récent: "Si Emile m'appelle, je lui donne un coup de main, mais il ne le fait pas. Je ne suis pas au courant de toute cette histoire". Autres sujets d'énervement: il commande des autos comme des petits pains pour annuler ensuite la commande, comme un gosse qui veut tout le temps des nouveaux jouets. Chaque fois, le club doit rectifier le tir. Assauer: "Je préfère ne pas m'étendre là-dessus". Un autre son de cloche nous apprend que c'est un peu exagéré et que dans un cas récent, il s'agissait de la commande d'une 4x4 BMW, suivie d'un malentendu à la livraison. Au moment où la voiture devait être livrée, Mpenza n'était pas là: il était requis en équipe nationale. Tout s'est arrangé, avec un peu de retard, et l'international a effectivement pris possession du véhicule. La recherche d'une maison a été pénible aussi, comme l'annonçait le quotidien Bild la semaine dernière. Depuis janvier 2000, tout le monde sait qu'Emile Mpenza préfère vivre à Liège qu'à Gelsenkirchen. Il a d'ailleurs été impliqué dans un accident avec sa Porsche pendant une navette et le club a mis un chauffeur à sa disposition. Mpenza a repoussé toutes les tentatives faites pour le rapprocher du club. Les maisons proposées ne sont jamais assez bien. Marc Wilmots: "Il a maintenant un appartement à deux minutes de mon domicile".Wilmots le défend quand mêmeSon professionnalisme cause aussi problème. Parfois, Schalke 04 s'entraîne le dimanche matin, parfois, il n'y a que des soins à l'agenda. Dans ce cas, l'avant ne se manifeste pas et le lundi, il déclare à un staff technique hors de lui qu'il est blessé. En outre, il ne respecte pas le programme qui a été établi pour lui permettre de supprimer le déséquilibre entre son quadriceps et ses ischio-jambiers. "Emile ne fait rien pour guérir", dit-on au club. D'après l'observateur de Bild, la majorité des joueurs sont favorables à sa suspension. Marc Wilmots semble être son dernier refuge. Samedi, après le match, il a plaidé pour qu'on fasse preuve de compréhension. Quant au silence d'Emile: "Il est ainsi fait, on ne le changera pas". Quant à ses autos et aux femmes: "Ça me fait rire: de belles autos, de belles femmes, qui n'en veut pas? Emile fait son boulot. Cette saison, malgré sa blessure chronique, il a disputé presque tous les matches. Pourquoi lui cherche-t-on noise? Il affirme souffrir du tendon situé derrière le genou et je le crois. Vous devez voir cette blessure: le tendon est deux fois plus gros que celui de la jambe gauche. Le manager parle toujours d'une inflammation à l'aine. C'est une blessure qu'on peut effectivement guérir en deux ou trois jours, avec un traitement médical. Mais Emile a deux blessures et la seconde est bien plus grave. Le match à Majorque était capital, Emile ne voulait pas jouer, le manager l'exigeait. Il voulait qu'il fasse son possible pour être prêt. Le club a estimé qu'il manquait de professionnalisme mais je ne comprends pas l'ampleur de sa colère. Un joueur ne demande pas une opération pour le plaisir". Pour Wilmots, la santé d'un joueur prime le reste: "Le Docteur Declercq et Lieven Maesschalck sont les mieux placés pour en juger. J'ai conseillé à Emile de passer toute la batterie de tests nécessaires avant de chercher une solution définitive. Il traîne ça depuis trois ou quatre ans. Ce n'est pas normal. Le reste n'est que fadaises. L'année dernière, il retournait fréquemment à Liège mais l'équipe obtenait de bons résultats et n'a rien dit. Ces derniers mois, je suis également retourné trois fois par semaine en Belgique. J'ai une famille et je n'aime pas rester seul ici. Pourtant, je dois rouler plus loin qu'Emile... Mais comme ça va moins bien, tout se mélange". Gros malaiseManifestement, le malaise est plus profond. Quand on parle d'opération à la tête... Wilmots: "Imaginez qu'Emile continue et que son tendon se déchire complètement. S'agira-t-il encore d'une opération à la tête? Il serait indisponible un an! Je comprends le joueur. Comme l'attitude du manager... Assauer a fait beaucoup pour Emile. Il estime recevoir trop peu en retour et il réagit à la façon d'un père déçu. Durement. Maintenant, c'est au tour d'Emile de réagir. Une bonne réaction, c'est l'opération, suivie d'une revalidation très dure pendant six ou sept semaines". Et la mauvaise réaction? "Ne pas être venu au stade aujourd'hui. Ne pas téléphoner. Ne pas apprendre l'allemand. Et ne pas vivre à 100% pour Schalke 04..." Peter 'T Kint, Envoyé spécial à Gelsenkirchen