La victoire à domicile de samedi face au Germinal Beerschot permet à José Riga et ses troupes de respirer. Si la mission est accomplie, l'Albert s'est fait peur et a, une nouvelle fois, fait preuve de maladresse en zone de conclusion. A l'avenir, des services involontaires du type Ninoslav Milenkovic, auteur de deux floches, ou de l'arbitre Stéphane Breda ne risquent pas de se répéter souvent. Tout est donc loin d'être parfait, même si les dernières rencontres plaident en faveur des Montois. Suspendu pour cette rencontre, Wamberto était d'un optimisme aveugle.
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La victoire à domicile de samedi face au Germinal Beerschot permet à José Riga et ses troupes de respirer. Si la mission est accomplie, l'Albert s'est fait peur et a, une nouvelle fois, fait preuve de maladresse en zone de conclusion. A l'avenir, des services involontaires du type Ninoslav Milenkovic, auteur de deux floches, ou de l'arbitre Stéphane Breda ne risquent pas de se répéter souvent. Tout est donc loin d'être parfait, même si les dernières rencontres plaident en faveur des Montois. Suspendu pour cette rencontre, Wamberto était d'un optimisme aveugle. Je suis en pleine forme. Le stage en Espagne m'a fait énormément de bien. Etant donné que j'avais raté la préparation estivale suite aux pépins liés à mon avenir, je n'ai jamais atteint le rythme escompté. Oui, c'était à Lokeren lors de la 7e journée. J'avais inscris deux buts qui nous avaient permis de l'emporter (0-2). Mon envie de retrouver les terrains était énorme, je voulais apporter quelque chose à ce groupe, leur donner le maximum. L'attention que l'on m'a portée après ces débuts en fanfare a peut-être joué en ma défaveur... C'est difficile de répondre à cette question. Nous développons un beau football, nous avons une défense fiable. Mais nous n'arrivons pas à concrétiser nos possibilités pour enfin sortir de la zone rouge. On n'a pas non plus été vernis jusqu'à présent... La concentration nous fait cruellement défaut dans les moments importants. Le match à Saint-Trond en est un exemple éloquent. Combien d'occasions avons-nous eues lors de ce match ? Facilement dix, et pourtant, on repart sans but et sans point. C'était incroyable ! Leur position n'est pas facile. La presse a beaucoup critiqué ces transferts mais je suis convaincu qu'ils vont nous apporter un plus. Ils l'ont d'ailleurs déjà montré, mais la réussite les a lâchés. Une fois encore... On a un groupe humainement formidable et dont les qualités sont indéniables. Nous devrions nous situer dans le Top 10. Malheureusement, dans le football moderne, être doué et technique ne suffit plus. Regardez le Brésil à la dernière Coupe du Monde. Il avait les meilleurs joueurs et il s'est planté. L'Italie, elle, a montré que c'était en jouant en bloc que l'on allait au bout. L'aspect physique est primordial : il nous manque des joueurs costauds, des joueurs du type flamand. Au Standard, j'ai eu le bonheur de côtoyer Karel Geraerts et, on a beau souvent le dénigrer, c'est quelqu'un d'incroyablement utile. Avec son abattage et sa rage de gagner, il vous facilite la vie sur le terrain. C'est sans conteste le meilleur infiltreur qui évolue en Belgique... Non, certainement pas. Tactiquement, il est très fort, bien plus fort, par exemple, que Dominique D'Onofrio. D'ailleurs, je n'ai jamais compris pourquoi le Standard l'avait laissé filer. Il me fait penser à José Mourinho, les résultats mis à part ( il rit). Je le place dans mon top 3. Derrière Ronald Koeman, que j'ai connu à l'Ajax et qui était le top en matière de coaching et Georges Heylens qui m'a guidé lors de mes premiers pas à Seraing et m'a permis à 16 ans de devenir un homme. C'est quelqu'un d'extrêmement correct avec tous les joueurs. Y compris les réservistes, qui lui sont reconnaissants pour cela. C'est vrai que certains sont surpris qu'il soit si gentil. Humainement, il est formidable. L'amour que j'ai pour ce club... Si nous n'étions pas en position si délicate au général, je serais parti. J'avais des offres de l'AEK Athènes et de Bochum. Si je ne suis pas retourné au Brésil pendant les fêtes, c'est parce que je voulais être fixé sur mon sort. C'est le président, Leone, qui m'a demandé de rester pour sauver l'Albert. Je ne pouvais pas lui dire non. C'est grâce à lui que j'ai pu retrouver un club alors que le mercato d'été était fini. Et c'est aussi grâce à lui que j'ai la nationalité belge aujourd'hui. Ma première année au Standard a été gâchée par une fracture à la jambe et lors de la deuxième, malgré mes bonnes performances en Réserve et aux entraînements, on m'a rarement fait confiance. Mais le Standard restera, avec Mons, le club de mon c£ur. Je suis particulièrement attaché à ses supporters et la ville dont je suis amoureux. Même à l'époque de l'Ajax, je revenais régulièrement à Liège. Et dès mon arrivée en Belgique à 16 ans, je m'y suis directement plu. Aujourd'hui, je connais cette cité dans ses moindres recoins. L'an dernier, il était proche d'un accord avec Bruges. Je l'ai appelé pour le convaincre de nous rejoindre. Mon argument était qu'il allait trouver au Standard une atmosphère incroyable créée en grande partie par leurs supporters qui sont les meilleurs en Belgique. Aujourd'hui, je ne suis pas étonné de sa réussite. Au-delà de ses dispositions techniques ou physiques, c'est quelqu'un de très intelligant. Malgré sa blessure, il est revenu dans le parcours sans s'affoler. Avec Igor et Sergio Conceiçao, le titre ne nous aurait jamais échappé. Quand je regarde ma carrière, je pense être plus vieux ! J'ai vécu tellement de belles choses. Et pourtant, je ne compte pas m'arrêter. Mon fils vient tout juste d'intégrer la Réserve de l'Ajax et mon rêve est de jouer en équipe Première avec lui. Si j'y arrive, je penserai à tirer un trait sur le football. Je suis persuadé que si un jour, je souhaite retourner à l'Ajax pour réaliser ce rêve, les dirigeants m'accueilleraient sans hésiter. C'est une question de formation. C'est incomparable avec ce qui se fait chez nous. En plus de vous encadrer et de vous apprendre parfaitement les bases du football, on vous fait plus facilement confiance. Regardez Rafael van der Vaart ; j'ai joué en Ligue des Champions avec lui alors qu'il avait à peine 17 ans. En Belgique, les jeunes baissent les bras parce qu'en leur proposant des contrats ridicules, on leur montre indirectement qu'on ne compte pas vraiment sur eux. Dans ces conditions, beaucoup arrêtent ou se tournent vers la Hollande. Quand je vois l'exemple de Thomas Vermaelen, titulaire à l'Ajax, je me dis qu'il y a beaucoup de gâchis dans nos clubs. La technique n'est pas notre point fort en Belgique. Quand je vois certains des formateurs de clubs dans lesquels je suis passé, je me pose des questions ! Il n'était pas rare qu'ils n'aient jamais joué au football ou alors à un niveau très bas. Quand Simon Tahamata était entraîneur des jeunes au Standard, les jeunes ont émergé, ils ont appris plein de petits trucs qui font la différence au haut niveau. Simon est à l'Ajax aujourd'hui... Ça me fait mal au c£ur de voir les Diables jouer de la sorte. J'ai décidé tout récemment de suivre des cours pour être entraîneur. C'est ma femme, pourtant loin d'être une passionnée de foot, qui m'a convaincu. Après ma carrière, je compte m'impliquer auprès des jeunes, pour le bien de la Belgique. Déjà maintenant, je joue le coach auprès de mes fils en visionnant les vidéos de leurs matches que mon épouse filme. J'essaye de rectifier leur jeu de position, de leur apporter mon expérience. On se voit toujours autant, on restera des amis pour la vie. Nous jouons encore ensemble de temps à autre avec le FC Gospel. À ce sujet, on compte préparer une grande fête du football brésilien en fin de saison en organisant un match de gala. Tous les Brésiliens de Belgique seront présents. On essaye de rallier quelques grands noms. Maxwell, avec qui j'ai joué à l'Ajax et qui évolue maintenant à l'Inter Milan, sera de la partie. Grâce à lui, j'espère attirer d'autres stars comme Kakà, qu'il côtoie régulièrement à Milan. Les bénéfices de ce match iront à une ASBL qui s'occupe de gens défavorisés au Brésil et, au-delà de l'apport financier, tente de construire des écoles, de fournir des livres... THOMAS BRICMONT