A l'heure où l'on semble de plus en plus considérer la scission en deux ailes linguistiques (du moins au niveau amateur) comme l'une des solutions pour redresser le football belge, il est peut-être intéressant de se pencher sur l'exemple du basket. Là aussi, la Fédération avait longtemps résisté aux souhaits des hommes politiques. Elle était demeurée comme l'un des derniers bastions de l'unitarisme avant de, finalement, céder aux pressions et adopter une scission fort comparable à celle que ...

A l'heure où l'on semble de plus en plus considérer la scission en deux ailes linguistiques (du moins au niveau amateur) comme l'une des solutions pour redresser le football belge, il est peut-être intéressant de se pencher sur l'exemple du basket. Là aussi, la Fédération avait longtemps résisté aux souhaits des hommes politiques. Elle était demeurée comme l'un des derniers bastions de l'unitarisme avant de, finalement, céder aux pressions et adopter une scission fort comparable à celle que MichelPreud'homme préconise pour le football. En basket aussi, il y a actuellement une Coupole fédérale qui gère les trois plus hautes divisions nationales (D1, D2 et deux séries de D3). En dessous, ce qui était autrefois la D4 (qui comportait quatre séries nationales) est devenu la 1e Régionale (pour l'aile francophone) ou la 1e Landelijke (pour l'aile néerlandophone). Scission aussi pour les jeunes, qui ne disputent plus que des championnats régionaux (avec, parfois, une finale nationale pour clôturer la saison). Cette scission n'a pas produit que des effets positifs. Des subsides sont effectivement versés, mais ils ne constituent pas la manne financière que les clubs espéraient. Si chaque aile linguistique, dans sa région, a la possibilité de gérer les compétitions à sa guise, des effets secondaires ont été décelés. Comme le souligne GeorgesHeylens dans sa chronique, le cas de Bruxelles s'est révélé le plus problématique Les clubs de basket bruxellois ont dû choisir une appartenance linguistique et s'affilier soit à l'AWBB (Association Wallonie-Bruxelles de Basketball), soit à la VBL ( Vlaamse Basketbal Liga). Trois clubs bruxellois seulement ont choisi l'aile néerlandophone. Cela signifie que les joueurs de ces trois clubs (les adultes, mais aussi les jeunes) ne peuvent plus jouer contre des clubs d'une commune bruxelloise voisine, mais affrontent chaque semaine Aarschot, Scherpenheuvel ou Landen. Dans certaines séries de jeunes, le nombre de clubs participants s'est révélé insuffisant (du fait de la scission) pour organiser un championnat valable. Conséquence aussi au niveau des jeunes d'élite : comme le championnat est régionalisé, les Cadets et Juniors de Spirou Charleroi n'affrontent plus ceux d'Ostende. Peut-on imaginer qu'en football, les Juniors UEFA du Standard n'affrontent plus ceux de Bruges ? Le niveau du championnat diminuerait également.Problème également au niveau du financement de l'équipe nationale : trois fédérations (la Coupole fédérale et les deux ailes linguistiques) doivent marquer leur accord. D. DEVOS