Si l'on se fie au bilan chiffré, on peut écrire que La Gantoise a réalisé un début de championnat tout à fait satisfaisant avec ses 9 points sur 12. Mais les chiffres reflètent mal la réalité. Sans un but de Westerlo injustement annulé par l'arbitre, les Buffalos auraient dû s'incliner 1-0 en Campine au lieu de s'y imposer 0-1. La victoire contre Eupen a été tirée par les cheveux. Et dimanche, Gand a été bousculé pendant une demi-heure par un excellent Charleroi. Mais c'est aussi son mérite d'avoir réussi à inverser la tendance. Le coup de gueule poussé par Christophe Lepoint, actuellement blessé, est-il en train de porter ses fruits ? Entretien à c£ur ouvert.
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Si l'on se fie au bilan chiffré, on peut écrire que La Gantoise a réalisé un début de championnat tout à fait satisfaisant avec ses 9 points sur 12. Mais les chiffres reflètent mal la réalité. Sans un but de Westerlo injustement annulé par l'arbitre, les Buffalos auraient dû s'incliner 1-0 en Campine au lieu de s'y imposer 0-1. La victoire contre Eupen a été tirée par les cheveux. Et dimanche, Gand a été bousculé pendant une demi-heure par un excellent Charleroi. Mais c'est aussi son mérite d'avoir réussi à inverser la tendance. Le coup de gueule poussé par Christophe Lepoint, actuellement blessé, est-il en train de porter ses fruits ? Entretien à c£ur ouvert. ChristopheLepoint : Je suis monté au jeu à la mi-temps, lors du match amical disputé par les Diables Rouges en Finlande. Je me sentais bien, j'avais de bonnes sensations. Pendant dix minutes, j'ai essayé d'imprimer le rythme en me donnant à fond, comme je l'avais fait contre la Bulgarie en mai. A un moment donné, je suis allé au duel avec un joueur finlandais. Je suis passé devant lui, pour protéger le ballon avec mon corps. Il y a eu un petit coup d'épaule et il est tombé derrière moi, en m'écrasant le genou droit. En fait, je n'avais jamais ressenti cette douleur-là, je ne savais donc pas très bien à quoi m'attendre. J'ai d'abord pensé à un simple coup, je suis sorti me faire soigner, le médecin a actionné la bonbonne et j'ai essayé de continuer à jouer, mais j'ai rapidement senti que cela n'irait pas. Le lendemain, j'ai passé des examens en Belgique et on s'est rendu compte que le ligament postérieur était atteint. Cela m'a fait un choc, c'est ma première blessure sérieuse. Et elle arrivait à un très mauvais moment : des échéances importantes allaient se présenter, aussi bien avec les Diables Rouges qu'avec Gand, avec ces tours préliminaires de l'Europa League. Dans quelques jours, je dois repasser un scanner. Le médecin m'a plus ou moins rassuré, il m'a certifié que la blessure se cicatrisait plus rapidement que prévu. Dans le meilleur des cas, je pourrai rejouer dans cinq à six semaines à la fin septembre ou au début octobre. Croisons les doigts : dans l'état actuel, j'y échapperai. Mais si, dans trois semaines, la blessure ne s'est pas entièrement cicatrisée, je devrai bel et bien me résoudre à passer sur le billard. Dans ce cas-là, j'en aurais pour six mois, si pas plus. Je n'ose pas y songer. Contre la Bulgarie, pour mon premier match, j'avais inscrit un but. En Finlande, je me sentais capable de reproduire le même genre de prestation, mais celle-ci a malheureusement été écourtée. C'est dur à accepter. Oui, c'est un rôle qui me convient : batailler 90 minutes, courir aux quatre coins du terrain, j'adore cela. Dans une équipe composée d'une majorité de joueurs techniques, comme c'est le cas des Diables Rouges, il faut toujours un ou deux joueurs qui vont au charbon, et je pensais pouvoir être celui-là. La fatalité en a décidé autrement. Il ne faut pas sous-estimer la Finlande : c'est une équipe difficile à jouer. Lorsqu'on entrait en possession du ballon, on se retrouvait face à une formation qui se regroupait à neuf derrière. On a eu du mal à trouver les espaces. L'un ou l'autre nouveau joueur avait été introduit, comme Kevin De Bruyne, et ces gars-là ont dû trouver leurs marques. Cela ne se fait pas d'un claquement de doigts. On a vu l'une ou l'autre bonne chose, même si dans l'ensemble ce ne fut pas brillant. La dernière passe, ou le dernier geste, a toujours fait défaut. Ce raisonnement ne vaut pas pour moi. Je suis toujours motivé, même pour un match amical. D'autant que je dois encore gagner ma place chez les Diables Rouges. Si l'on s'est trouvé difficilement à Turku, c'était plutôt dû aux automatismes défaillants. En outre, on jouait sur un petit stade, et sans que cela puisse être invoqué comme excuse, l'hôtel n'était pas génial. Le sélectionneur lui-même s'est excusé des conditions dans lesquelles on avait été hébergés. Il est clair que Francky Dury prône un autre style de jeu que Michel Preud'homme. Il nous demande de combiner davantage, alors que la saison dernière, on privilégiait un jeu direct. Preud'homme préférait que l'on trouve les attaquants en une passe, alors que Dury nous demande de faire circuler le ballon avant de trouver l'ouverture. ( Ilrit) Bonne question ! L'avenir nous l'apprendra. Si Zulte Waregem était capable de produire un football d'une telle qualité, je ne vois pas pourquoi La Gantoise n'en serait pas capable, avec le noyau qu'elle possède. Oui, peut-être. Mais je crois que c'est aussi une question de concentration. Si l'on ne se concentre pas à 100 %, on ne parviendra pas à produire le football que Dury attend de nous. A Feyenoord, j'ai constaté une amélioration, malgré la défaite. Demain, on peut encore inverser la tendance, mais on a hypothéqué notre qualification au match aller, faute d'avoir pu inscrire ce fameux but si important en déplacement. Beaucoup de choses peuvent expliquer ce début de championnat laborieux. Nos défaites successives - en Supercoupe à Anderlecht, deux fois contre Kiev en Ligue des Champions mais surtout la déroute contre Genk - ont miné la confiance. On sortait d'une défaite 0-4 contre Genk, et on n'avait rien montré sur le terrain. J'étais énervé, et dans les jours précédents, il s'était passé des " choses " au sein du groupe. Face aux caméras, je me suis dit : - Jevaisbalancer, celaservirapeut- être àcreverl'abcès !Par rapport à la saison dernière, l'ambiance s'était évaporée. Il y avait un monde de différence et cela se ressentait sur le terrain. A l'hôtel, dans le car, sur le terrain : ce n'était plus comme avant. Des clans commençaient à se former. J'ai poussé un coup de gueule, en espérant que cela produise son effet. En tout cas, on a discuté dans la semaine qui a suivi. Certains ont vidé leur sac. Je ne peux pas dire que l'ambiance soit revenue au beau fixe, mais je ressens une amélioration. C'est un ensemble de circonstances qui ont conduit Gand sur la mauvaise voie. Après la deuxième place et la victoire en Coupe de Belgique, la saison dernière, certains joueurs se sont mis en tête qu'il était temps pour eux d'aller monnayer leur talent ailleurs. Ils n'ont plus pensé à l'équipe, seulement à eux-mêmes. Le nouvel entraîneur a aussi dû effectuer des choix, et certains joueurs les ont mal acceptés. Pour un joueur, au moins, je suis certain que cela a joué à 80 %. Ou plutôt, à 50 % : il y avait pour moitié l'ambiance, et pour l'autre moitié le fait qu'il n'était plus considéré comme un titulaire. Je veux parler d'Adnan Custovic, évidemment. Je le connais bien, on habite encore tous les deux à Mouscron et on faisait tous les jours la route ensemble. Dans la voiture, on discutait régulièrement de l'ambiance qui régnait à Gand en début de saison. Je sentais qu'il en avait marre. Lorsqu'Adi a quitté Mouscron, un peu contraint et forcé, il était en larmes. Cet été, lorsqu'il est revenu à Gand pour chercher ses affaires après avoir signé au Germinal Beerschot, il était rayonnant. Je ne l'avais jamais vu aussi heureux. Espérons-le. Après le 0-4 encaissé face à Genk, on n'avait pas le choix : il fallait absolument battre les germanophones. Si l'on avait encore mordu la poussière, je crois que toutes les alarmes du stade se seraient déclenchées en même temps. Et, pour l'instant, on est loin du compte. Contre Genk et Eupen, on n'a pas été capable d'aligner deux ou trois passes d'affilée. Peut-être la peur de mal faire. Le public est parfois une arme à double tranchant. Nos supporters sont exigeants, et lorsqu'ils se mettent à siffler, certains joueurs ont peur de prendre des initiatives. Oui, on travaille cela sous forme de petits matches. Parfois, aussi, on prend position et on se transmet le cuir, mais sans adversaire. Afin de répéter des systèmes de jeu. Mais en match, forcément, l'adversaire essaie de déjouer nos plans. L'été passé, j'avais trouvé la préparation de Preud'homme très exigeante. Il faut sans doute relativiser : j'arrivais de Mouscron et je n'avais pas trop travaillé pendant les vacances. Cet été, je voulais absolument rester au niveau que j'avais atteint en fin de saison dernière et je suis allé courir tous les jours pour me maintenir en forme. J'ai donc digéré la préparation beaucoup plus facilement. Les entraînements de Dury sont différents de ceux de Preud'homme, simplement parce qu'il voit le football d'une autre manière. Pour comprendre la différence, il suffit d'observer Bojan Jorgacevic. Cette saison, les attaques se construisent à partir du gardien. La saison dernière, il était hors de question que Bojan transmette le ballon à l'arrière droit ou à l'arrière gauche, il devait dégager le plus loin possible. Peut-être. Assimiler ce style de jeu prendra du temps, mais je suis convaincu qu'on y parviendra. J'ai toujours déclaré que je le considérais comme le meilleur entraîneur avec lequel j'ai travaillé durant ma carrière. J'apprécie les coaches dont on sent la présence au bord de la touche. Celle de Preud'homme se ressentait et c'est un euphémisme. Dury est beaucoup plus calme, plus... gentleman, oserais-je. A part cette constatation, je ne connais pas encore Dury depuis assez de temps pour pouvoir porter un jugement sur son travail. Celui qu'il a réalisé à Zulte Waregem mérite en tout cas le respect. Il m'apparaît très proche de ses joueurs également, leur parle beaucoup, donne énormément de conseils. Il faut sans doute le temps que chacun s'habitue à l'autre. Au Standard, il est parti après avoir offert le titre aux Rouches. A Gand, il est parti après avoir qualifié l'équipe pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions et remporté la Coupe de Belgique. Peut-être s'est-il persuadé qu'il ne pourrait pas faire mieux. Peut-être avait-il, simplement, besoin de relever un autre défi. De toute façon, c'est fréquent en football : les hommes bougent sans cesse. Je me sens bien à Gand. Je n'ai jamais envisagé un départ. J'ai évidemment entendu, comme tout le monde, des rumeurs faisant état de l'intérêt d'autres clubs à mon égard. Mon manager a été contacté à deux ou trois reprises, mais à ma connaissance, aucune offre concrète n'est parvenue sur le bureau de Michel Louwagie. Personne, non plus, n'a demandé mon prix. A partir de là, je considère que ce n'étaient que des rumeurs. Même si, oui, des journalistes revenaient régulièrement à la charge avec la même question : - As- tudesnouvellesduFCTwente ? Ce club était susceptible de m'intéresser, c'est clair. Cela ne s'est pas concrétisé, je ne vais pas pleurer. J'ai encore beaucoup d'objectifs à réaliser avec Gand. En ce qui concerne la participation aux poules de la Ligue des Champions, c'est déjà raté. A celles de l'Europa League, c'est encore possible même si ce sera difficile. Je pense être le style de joueur qu'il apprécie, effectivement. Et aussi, sans doute, le style de joueur qu'il recherche pour Twente afin de compenser le départ de Cheik Tioté. J'ai lu que le club d'Enschede recherchait un infiltreur. Sera-ce moi ou un autre ? Pour l'instant, je ne songe pas à un transfert. D'autant que je suis blessé. C'est surtout ma guérison qui me hante l'esprit. par daniel devos"Je ne peux pas dire que l'ambiance soit revenue au beau fixe, mais je ressens une amélioration. "