"Mais c'est un scandale : ce n'était pas la carte jaune qu'il méritait mais bien la rouge " : ah... ces envolées de Jean Duriau (62 ans) vont beaucoup nous manquer à partir de la semaine prochaine. Les arbitres hésitants et les faucheurs seront désormais moins stressés. Le citoyen de Lasne déposera son micro après le match retour de Coupe de Belgique Lierse-Charleroi afin de prendre sa retraite. Il aura désormais le temps de se rendre régulièrement à Rome, sa ville préférée, de visiter calmement l'Italie de long en large.
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"Mais c'est un scandale : ce n'était pas la carte jaune qu'il méritait mais bien la rouge " : ah... ces envolées de Jean Duriau (62 ans) vont beaucoup nous manquer à partir de la semaine prochaine. Les arbitres hésitants et les faucheurs seront désormais moins stressés. Le citoyen de Lasne déposera son micro après le match retour de Coupe de Belgique Lierse-Charleroi afin de prendre sa retraite. Il aura désormais le temps de se rendre régulièrement à Rome, sa ville préférée, de visiter calmement l'Italie de long en large. Jean Duriau fut à sa façon le digne successeur de celui qui le lança sur les ondes : Luc Varenne. Pour lui, tout commença en 1974 après huit saisons passées plume à la main au service des quotidiens : Les Sports et Le Peuple. Il a toujours baigné dans le monde du sport et joua notamment au hockey au sein des équipes du Parc de Woluwé. Au fil de nombreux championnats, de six phases finales de Coupe du Monde dans le sillage des Diables Rouges et d'un interminable chapelet de matches de coupes d'Europe, Jean Duriau est devenu, en toute simplicité, dans un style inimitable, une des grandes voix de notre football. Il feuillette son dico belge avec quelques pages étrangères. " L'Ardennais est un des personnages les plus atypiques qu'il me fut donné de croiser dans le monde du football. En partant de très loin, il a réussi une grande carrière : Charleroi, Malines, Anderlecht, Newcastle, Fulham, retour chez les Zèbres. Il s'est imposé en Premier League, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Philippe Albert a aussi été un roc de l'équipe nationale. La gloire et le fric ne l'ont pas rendu fou. Il s'est élevé dans la société grâce au football, s'exprime dans plusieurs langues, etc. Tout cela ne l'empêche pas de se lever à cinq heures du matin pour bosser, déplacer des caisses de fruits et légumes au marché matinal de Charleroi. Philippe Albert est un homme libre ". " Un arrière gigantesque. Franco Baresi semblait souvent infranchissable, indestructible. Quel sens du placement. Il symbolise à mon avis le grand arrière italien. Il possédait toutes les qualités, techniques, tactiques, physiques, intellectuelles, afin de redéfinir le rôle des arrières et cela explique son rôle dans la défense à plat de l'AC Milan. A l'époque, ce nouvel agencement défensif était une révolution culturelle ". " La fresque qui lui est consacrée à Sclessin est magnifique. Il est chez lui. Roger Claessen en donnait toujours pour son argent. Il était percutant, spectaculaire dans le trafic aérien. On l'a souvent relevé la tête en sang ou les jambes en compote. Mais Roger Claessen n'était pas qu'un baroudeur. Il le prouva plus tard à Aix-la-Chapelle, au Beerschot et au Crossing. On a retenu ses frasques et les enquêtes de Michel Pavic pour le retrouver aux petites heures dans les bistrots du Carré liégeois avant de grands matches. Cet homme vivait à du 200 à l'heure. Il était le prototype de l'avant-centre idéal. Roger-la-Honte connaissait parfaitement l'histoire de la Grèce antique, c'était un érudit ". " C'était un seigneur des terrains, le technicien élégant d'une défense du Standard qui savait mettre le pied avec les Jacky Beurlet, Léon Jeck et Jean Thissen. A la fin des années 60 et au début des seventies, cela déménageait. Et là au milieu, il y avait le roi Nicolas qui intéressa de grands clubs européens. Fils d'une famille aisée, ce Limbourgeois n'avait pas assez de caractère. Sans cela, il serait devenu aussi célèbre que celui à qui on le comparait : Franz Beckenbauer. Il avait plus de similitudes avec le regretté Laurent Verbiest qu'avec Vincent Kompany, plus puissant. Balle au pied, Dewalque était impressionnant, très fin ". " Il avait des qualités typiquement belges : caractère, engagement, sens tactique. Il a fait partie du grand Malines, entraîné par Aad de Mos qui gagna la Coupe des Coupes en 1988 face à l'Ajax Amsterdam (1-0, but de Piet Den Boer). Médian, il a apporté ensuite sa force de travail à Anderlecht mais fut rattrapé par les blessures. Ce genre d'ouvrier qualifié nous fait désormais défaut ". " Au plus fort de la France platinienne, tout le monde évoquait le fameux triangle d'or de la ligne médiane : Jean Tigana - Michel Platini- Alain Giresse. C'est une définition incomplète de la France de 1982, 1984 et 1986. Il fallait parler d'un carré en or car Luis Fernandez faisait le ménage derrière le fameux trio. Sans lui, cette ligne médiane n'aurait pas eu la même allure ". " Eric serait le parfait coach national. En tant que joueur, le Limbourgeois a longtemps tenu tout seul le Standard. Après l'affaire de corruption Standard-Waterschei, il a eu le courage de rebondir. Cela lui vaut toujours l'honneur d'être le seul joueur belge ayant gagné la Coupe d'Europe aux grandes oreilles en étant capitaine du PSV Eindhoven. En tant qu'entraîneur, il a brillé au PSV, à Bruges, plus brièvement en Allemagne et surtout au Lierse. Etre champion avec un petit club, c'est significatif. Les Diables Rouges ne sont-ils pas le Lierse des équipes nationales ? La lettre G, c'est aussi celle de Raymond Goethals. Le génie du football, l'homme qui a offert la Coupe des Champions à Marseille. Raymond-la-Science, on pourrait en parler durant des heures. Tu saisis, fieu ?" " Pierre Hanon a fait partie du grand Anderlecht des années 60. Superbe médian, il lisait remarquablement le jeu. Cet organisateur disposait d'une sacrée frappe de balle mais vivait un peu dans l'ombre de Joseph Jurion. Ce dernier était une forte personnalité et il inscrivit le but qui résume cette période : celui du 1-0 à Bruxelles qui évinça le grand Real Madrid de la Coupe des Champions en 1963. Jef Jurion devint Mister Europe mais il ne faut pas oublier... Poepke ". " Le plus fou, le plus énervant, le plus sympathique. Je le range dans la catégorie des entraîneurs étrangers ayant le plus apporté au football belge. Un rien cependant derrière Ernst Happel infiniment plus offensif. A Anderlecht, le temple du jeu offensif, il a importé en 1980 le pressing et a fait partager sa vision du football par vedettes comme Morten Olsen, Arie Haan, Ludo Coeck, etc. Au Standard, il avait perdu de sa superbe ". " On en parle toujours avec respect. Il symbolisait la gentillesse et c'était toujours un plaisir de discuter de football avec lui. Avec Franky Vercauteren, il requinqua les Mauves après le dernier règne d' Arie Haan ". " Enfin un éclair dans la grisaille du foot belge. Du talent 24 carats mais aussi un jeune homme poli, bien élevé. Je me demande s'il n'est pas né trop tard. L'équipe nationale ne se qualifiera plus six fois de suite pour la phase finale de la Coupe du Monde. Enzo Scifo et tant d'autres ont bénéficié des exploits de l'équipe nationale pour accentuer leur réputation internationale. J'aurais aimé voir Kompagny aux côtés d'Enzo, de Jan Ceulemans, etc. Maintenant, il pourrait ne devenir, façon de parler, qu'un grand joueur de club. En équipe nationale, quand on le lance au médian droit, ce n'est pas normal... " " Michel Verschueren a réalisé une affaire en or en allant le chercher aux Washington Diplomats. C'était la classe à l'état pur mais Ivan Desloover a décidé un jour, à Waregem, d'assassiner Mozart. Aux débuts de Foot Magazine, qui était alors un mensuel auquel je collaborais, nous lui avions consacré une couverture. Juan était habillé en Diable Rouge car sa naturalisation était quasiment réglée. Le ministre de la Justice, Herman Vanderpoorten, fit tout capoter. La couverture de Foot Magazine était bonne pour la poubelle. Lozano n'était-il pas assez Belge ? Il n'y a pas plus Anversois. Cette idiotie a privé les Diables Rouges d'un immense joueur ". " Je déteste la triche, son mode de vie, son image actuelle ou la main de Dieu mais quel joueur. Sans sa vie de patachon, il aurait été le successeur de Pelé qui est resté un géant après sa carrière. Il était l'Argentine. En 1986, c'est lui qui a conquis le titre mondial. Quasiment tout seul. On ne se souvient presque pas du nom de ses équipiers tant il fut génial, notamment face à l'Angleterre et à la Belgique. Le Brésil gagna la plus belle Coupe du Monde en 1970 mais Pelé n'était pas seul. A Naples, Maradona a aussi fait la différence en solo. Naples champion, cela n'arrangeait pas la mafia des pronostics. Elle aurait tenté de faire pression sur Diego Maradona mais la population ne l'aurait pas supporté et la camorra fit marche arrière, vaincue par la classe de Maradona. Puis, l'immense joueur devint un clown triste ". " Il signait des buts comme on en rêve. Bizarrement, ce ne fut pas le cas en équipe nationale où il tarda à trouver le chemin des filets. Par contre, à Anderlecht, et surtout au PSV Eindhoven, avec Ruud Van Nistelrooy, il les enfilait comme des perles ". " Le Danois était venu par la petite porte en Belgique. Après le Cercle Bruges, il joua au RWDM avant de devenir le patron de la défense d'Anderlecht. Sobre, calme, il commandait la man£uvre du hors-jeu et du pressing chère à Tomislav Ivic. Cet homme a souffert dans la vie. Sa femme a disparu alors qu'elle se trouvait à bord d'un navire. Quelle personnalité... " " Je refuse de les séparer, de classer l'un avant l'autre. Piot était le rempart de Goethals en équipe nationale. Raimundo allait le voir (ou prier ?) chez lui, à Banneux, quand il était blessé. Je me souviens d'un 0-0 à San Siro : Piot arrêta tout et la Belgique se qualifia pour la phase finale de l'EURO organisé en Belgique. En 1994, à Orlando, Preud'homme réalisa le match parfait face à la Hollande. C'était quasiment du jamais vu : il était invincible et mérita son titre de meilleur gardien de but du monde. Au Standard et à Malines, il fut souvent génial. Je n'oublie pas non plus les deux autres grands portiers du Standard, Jean Nicolay et Gilbert Bodart. " L'ancien président du Lierse était unique. Dans les années 60 et 70, quand son club avait un déplacement européen, il obligeait ses joueurs à visiter la ville qui les recevait. Jouer et s'instruire. Ce serait inimaginable de nos jours ". " Le plus grand jamais vu en Belgique. La taille mondiale. Tout le monde allait voir Robby et quand il mettait son smoking, c'était magnifique. Je n'ai plus jamais admiré cela en Belgique. Quand il se lançait dans un raid, rien ne l'arrêtait. C'était magique. A Bruges, il bafouillait mais Constant Vanden Stock l'a pris dans ses bagages quand il quitta la Venise du Nord pour les Mauves. Rensenbrink a fait la fortune d'Anderlecht. En équipe nationale des Pays-Bas, il vivait un peu dans l'ombre de Johan Cruijff ". " Splendide joueur qui a fait la renommée du football dans le monde entier. Son palmarès n'est pas à la hauteur de son talent. Il a eu des hauts, des bas, se relança à Auxerre grâce à Guy Roux après avoir frôlé l'oubli à Bordeaux. Après la Coupe du Monde 98, sa dispute avec Georges Leekens défraya la chronique. Il fit des déclarations incendiaires à mon micro sur le quai de la gare de Lyon avant de rentrer en Belgique. La presse écrite l'a entendu et reprit ses propos : ce fut la bombe. Il tient à l'honneur de sa famille. Quand je l'entends parler de son père, c'est touchant : j'aimerais bien que les miens pensent la même chose de moi ". " Immense personnage. Tout le contraire du ketje qu'était Raymond Goethals. Derrière son whisky et son cigare, il cachait une connaissance des hommes et du football. En Italie, je me souviens d'un match parfait, à... l'italienne, face aux Azzurri qui furent pris à leur propre piège : la défense belge était imperméable. Finale de l'EURO 80, succès contre l'Argentine lors de l'ouverture du Mondial 82, demi-finaliste de la Coupe du Monde en 1986, etc. Il savait décider aussi. En 1984, il ne paniqua pas alors que les Diables Rouges étaient privés des Standardmen suite à leur affaire de corruption. Deux ans plus tard, il renvoya René Vandereycken et Erwin Vandenbergh du Mexique afin de faire confiance, avec succès, aux jeunes ". " J'aurais pu dire Union Belge. Bof, je serais trop méchant. United, c'est Manchester. Un club immense. On y vibre pour le football de façon unique. En 1958, une grande génération trouva la mort dans une catastrophe aérienne. Dix ans plus tard, Manchester United, emmené par un survivant du crash, Bobby Charlton, gagnait la Coupe d'Europe ". " Deux légendes, une collection de Souliers d'Or. Paul n'a pas été surnommé le Peléblanc pour rien. Ses dribbles, sa couverture de balle, ses slaloms ont fait sa réputation. Entraîneur, il a disputé deux finales de Coupe de l'UEFA avec Anderlecht dont une gagné contre Benfica. Quand revivra-t-on cela ? Il a qualifié les Diables Rouges pour la phase finale de la Coupe du Monde 94. Van Moer a été moins chanceux que Van Himst en tant que coach fédéral. Comme joueur, il a été immense, surtout au Standard et en équipe nationale. Thys le rappela alors qu'il jouait à Beringen : ce fut le début d'un âge d'or ". " Un homme pas facile à vivre doté d'un humour particulier auquel il faut être capable de répliquer. Mais il connaît son métier, sait motiver les hommes, est l'auteur d'un parcours aussi long qu'un jour sans pain. Nous a-t-il offert nos dernières joies en Coupe du Monde ? Même si la polémique a éclaté après le nul face à la Tunisie au Japon, ce fut une belle Coupe du Monde pour nous avec, à la clef, un super-be match contre le Brésil. Waseige était un bon coach fédéral qui a été leurré par le challenge que lui proposait le Standard. Là, il a commis une erreur de casting qui lui a coûté cher. J'ai un autre W : Louis Wouters. Un président de l'Union Belge de haut niveau. Au Mondial 1982, la FIFA envisagea de déplacer deux matches de la Belgique de Camp Nou au stade Saria de l'Espanyol Barcelone. Il fallait un plus grand stade pour le Brésil à l'étroit à l'Espanyol. Les pressions sur la Belgique furent très fortes. Wouters résista et demanda même à Willy Gillard, de la firme Adidas, de préparer des équipements tout noirs en guise de protestation. Les Diables Rouges jouèrent finalement à Camp Nou dans leur tenue traditionnelle. Wouters avait été plus coriace que la FIFA ". " En 1983, Anderlecht et le Standard se retrouvent en Supercoupe. Tomislav Ivic contre Raymond Goethals. 0-0, 20 joueurs sur une bande de dix mètres de chaque côté de la ligne médiane, pressing, hors-jeu. Du jamais vu. Raymond Goethals, pardon le Standard, gagna à l'issue des tirs au but ". " Il fut tout de suite un des symboles du Beveren ivoirien. Beau à voir mais personne n'est dupe : ce n'est pas le club, même s'il survit en D1 grâce à cet apport de talents africains, qui tire les marrons du feu. " Il est devenu un grand joueur en transformant son problème de diabète en atout, en source de motivation ". Pierre Bilic" Eric Gerets serait le PARFAIT COACH NATIONAL " " J'aurais aimé voir KOMPANY aux côtés de SCIFO, CEULEMANS, etc "