La scène se passe au Challenge Edhem Sljivo, il y a quelques années. En marge de cette épreuve de futsal, réservée tantôt aux seniors, tantôt encore à la jeune classe, une compétition était destinée aussi aux sponsors de l'événement ainsi qu'aux ex-gloires de notre football. En tant que parraineur, un team de Sport/Foot Magazine avait été versé à l'époque dans une poule au sein de laquelle figuraient également les anciennes stars brésiliennes du RFC Sérésien.
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La scène se passe au Challenge Edhem Sljivo, il y a quelques années. En marge de cette épreuve de futsal, réservée tantôt aux seniors, tantôt encore à la jeune classe, une compétition était destinée aussi aux sponsors de l'événement ainsi qu'aux ex-gloires de notre football. En tant que parraineur, un team de Sport/Foot Magazine avait été versé à l'époque dans une poule au sein de laquelle figuraient également les anciennes stars brésiliennes du RFC Sérésien. Contre toute attente, notre équipe de journalistes avait défloré la marque, d'entrée de jeu, face à la bande emmenée par Wamberto. Un avantage qui n'avait guère plu à son compère, Isaias, toujours aussi râleur que jadis, manifestement. Au moment de reprendre le jeu par une balle au centre, celui-ci avait profité d'une petite passe d'Edmilson pour catapulter le cuir illico en pleine lucarne de notre but. C'en était dès lors fini de notre petite avance. Et d'autres réalisations allaient suivre... " Les tirs puissants, sur coup franc ou non, c'était en quelque sorte ma marque de fabrique " observe l'intéressé au Parvis, un café où il a ses habitudes sur la place Saint-Pierre, non loin de son domicile ucclois. " Mon autre spécialité, dont je peux même réclamer la paternité sur le sol belge, concerne la fameuse rame. C'est au FC Metz, effectivement, que j'avais appris à célébrer un goal en invitant mes partenaires, à genoux, à agripper les chevilles du coéquipier placé devant eux pour former un train qui se met en branle. Depuis lors, cette manie s'est étendue à d'autres championnats. " Après avoir fait ses premiers pas en Belgique, au Pairay (1990-95), la Lorraine française (1995-97) avait été la deuxième expérience à l'étranger du n°10, né à Sampaio Correa, au Brésil, le 29 novembre 1973. Il n'allait d'ailleurs pas s'arrêter en si bon chemin, avec de nouvelles haltes à Gaziantepspor (1997-98) et Lausanne (2001-02) avant de retrouver son pays d'adoption, où il milita encore tour à tour au FC Liège (2002-03), Battice (2003), Dessel Sport (2003-04), la RES Acrenoise (2004-06), le RWDM (P4, 2006-07) et Walhain (2007-08). " J'ai multiplié les clubs afin de me reconstituer un petit bas de laine " dit-il. " Car à mon retour en Belgique, je n'avais malheureusement plus un sou vaillant. J'ai eu tort de brûler la chandelle par les deux bouts lors de mon passage en Suisse. Au total, je pense avoir grillé près de 400.000 euros au jeu. Je devais être le meilleur client du casino de Divonne-les-Bains. Black jack, poker, bingo, tout y passait chez moi. Sans compter que j'aimais aussi la dive bouteille. J'ai dépensé une fortune en whisky. " A son retour, Isaias put heureusement compter sur ses potes, Wamberto en tête, pour se refaire une santé. " Il m'a aiguillé vers la Communauté Chrétienne Brésilienne de Belgique, afin que je trouve refuge dans la foi plutôt que dans le vice " observe notre homme. " Et l'entreprise a été marquée de succès, car du jour au lendemain j'ai abandonné l'alcool. Du même coup, j'ai également pu assurer ma reconversion comme chauffeur-livreur. D'abord à Deux-Acren, où je combinais encore le foot et cette activité journalière puis, plus tard, après avoir rangé mes boots, pour la firme Autoparts Flanders, située à Grammont. J'ai malheureusement perdu mon emploi, en ce début d'année, suite à une restructuration. Dès lors, je prospecte le marché. A choisir, j'aimerais me retremper dans le monde du football. Comme scout, par exemple. J'ai conservé pas mal de contacts dans le nord du Brésil, d'où je suis originaire. Si Wambi, Edmilson, Rubenilson ou moi-même avons fait une belle carrière en Belgique, je ne vois pas pourquoi d'autres garçons, du même coin, ne pourraient pas marcher sur nos traces. C'est fort de cette conviction que je vais en tout cas entreprendre des démarches auprès de clubs intéressés. Avec l'espoir que l'un ou l'autre d'entre eux adhère à ce projet. " PAR BRUNO GOVERS