Notre premier contact avec JonathanBlondel remonte à janvier 2001 : HugoBroos l'avait invité au stage hivernal de l'Excelsior Mouscron, à Jerez en Andalousie. Le gamin de Ploegsteert, enclave hennuyère perdue entre la Flandre et la France, n'a encore que 16 ans et 9 mois, mais est présenté comme un grand talent. La presse, avide de découvrir de nouveaux visages, l'entoure. Mais face aux journalistes, Jo se crispe. Il faut...

Notre premier contact avec JonathanBlondel remonte à janvier 2001 : HugoBroos l'avait invité au stage hivernal de l'Excelsior Mouscron, à Jerez en Andalousie. Le gamin de Ploegsteert, enclave hennuyère perdue entre la Flandre et la France, n'a encore que 16 ans et 9 mois, mais est présenté comme un grand talent. La presse, avide de découvrir de nouveaux visages, l'entoure. Mais face aux journalistes, Jo se crispe. Il faut tendre l'oreille pour comprendre ce qu'il murmure. Il n'est pas timide, pourtant, et il le démontre sur le terrain où il n'a pas froid aux yeux. Broos le lance en D1 la saison suivante. Il jouera 18 matches de championnat et la finale de la Coupe de Belgique contre... Bruges, où il marque 13 secondes après son entrée au jeu. Sa joie d'adolescent fait plaisir à voir. Ce sera son dernier exploit sous le maillot des Hurlus. A 18 ans et 3 mois, après avoir déjà été invité à effectuer un essai à Manchester United un an plus tôt, il signe à Tottenham. Forcément, certains se croient obligés de lui faire la leçon : il a privilégié l'argent plutôt qu'une construction progressive de sa carrière. Des critiques un peu gratuites : d'abord, Mouscron avait besoin du million et demi d'euros que lui a offert le club anglais ; ensuite, qui cracherait sur un salaire cinq ou six fois supérieur ? Sans parler de la progression sportive : lorsqu'un club décide de vous engager, on peut imaginer que c'est parce qu'il croit en vous et on ne pense pas à l'échec. Avec le recul, on peut se dire que Jo avait sans doute visé trop haut, mais s'il a peu joué en PremierLeague, il n'a pas perdu son temps outre-Manche. Lorsque Bruges le rapatrie, en janvier 2004, on sent qu'il a mûri. Obligé de se débrouiller seul dans un pays étranger, et de faire face à une concurrence féroce à l'entraînement, il est devenu un homme et un footballeur adulte. AiméAnthuenis l'avait déjà sélectionne en août 2002, pour un match amical en Pologne où il montera au jeu en fin de partie. Deux autres sélections suivront, contre l'Allemagne et la Turquie. Mais la confirmation tarde, tant au niveau de l'équipe nationale qu'à celui du club. De temps en temps, Jo livre un match brillant, puis il replonge dans l'anonymat pendant trois mois. Certaines blessures en sont partiellement responsables, mais est-ce la seule raison ? Aujourd'hui, à 22 ans, il est temps pour lui de s'affirmer définitivement.