A l'époque, le choc Wasyl- Witsel fit un tel ramdam qu'ajouter mon grain de sel à chaud m'apparut superflu. Mais je retrouve mes notes aujourd'hui qu' Axel Witsel a purgé,... et l'envie me prend d'ajouter mon grain à froid : pas pour me positionner par rapport à une guéguerre Mauves/Rouges, rien à cirer, mais par désir de mieux situer ce nouvel épisode triste de l'histoire footballistique engagée.
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A l'époque, le choc Wasyl- Witsel fit un tel ramdam qu'ajouter mon grain de sel à chaud m'apparut superflu. Mais je retrouve mes notes aujourd'hui qu' Axel Witsel a purgé,... et l'envie me prend d'ajouter mon grain à froid : pas pour me positionner par rapport à une guéguerre Mauves/Rouges, rien à cirer, mais par désir de mieux situer ce nouvel épisode triste de l'histoire footballistique engagée. " Le vent n'agite que les sommets ", avait lyriquement commenté José Happart en précisant que, si pareil accident s'était produit sur une pelouse de D3, personne n'en aurait parlé. C'est vrai. Mais est-ce à dire qu'on a fait trop de foin avec un fait de jeu hélas pas si exceptionnel que ça ? Non : il est infiniment dommage que pareilles blessures graves existent en foot,... il est heureux (!) qu'elles se passent parfois au top plutôt qu'en cambrousse, pour qu'on se rende compte qu'elles existent, qu'on se scandalise et qu'on veuille y remédier. Ce fut un match lamentablement musclé comme on en accepte des tas, sauf que de temps en temps, une petite conséquence atroce est statistiquement inévitable, avec deux gars médiatisés dans les rôles de victime et bourreau... Le football autorise les contacts, et la nécessité d'en sortir vainqueur amène les joueurs à mettre le pied. Certes, on garde le vernis moral en parlant d' agressivité saine (comme on parlerait de violence salubre !)... même quand cela génère des fautes : en effet, une équipe mal barrée au classement sans avoir pris de carton se voit accusée de candeur coupable ou de niaque insuffisante ! Remémorons-nous donc tous ces tibias et péronés craqués sur terrain de foot pour repérer LA constante, qui n'est pas une intention manifeste de faire mal chez l'un des protagonistes : la constante est qu'il s'agit d'un duel où l'un des deux joue le ballon en se jetant à l'horizontale ! Alors, éviter ces craquements abominables, c'est interdire le tacle glissé : que le foot reste un sport de contact et d'arrachage, mais entre deux gars OBLIGATOIREMENT DEBOUT... Dans l'immense majorité de ces fractures, c'est le gars qui se jette qui casse l'autre, et c'est celui resté debout qui est cassé. Ce fut ici l'inverse : pour conquérir le ballon avant ce soir sinistre, Marcin Wasilewski, la victime, se jetait souvent, aimait mettre le pied et n'avait pas vraiment les coudes pacifiques. Faut l'admettre. De là à jouer les supporters de Jésus en rappelant que " Celui qui a vécu par l'épée périra par l'épée "... y'a une marge, Wasyl n'était pas un criminel exécutable. Ce n'était qu'un exemplaire typé d'un football que nous cautionnons tel quel, un football notamment viril, réaliste,engagé qui exige à la fois de ne pas se laisser chatouiller... et de chatouiller tant qu'on n'est pas sifflé : Wasyl était le produit de ce que la loi et les arbitres permettaient qu'il soit. Puisse-t-il rejouer, vite, dans un monde footeux plus sévère et plus doux. Witsel est un produit différent, mais typé lui aussi : tripoteur de ballon par vocation, libellule balle au pied, il a appris contre-nature, par obéissance, pour être un joueur complet, à mettre le pied lui aussi : et il l'a mis intentionnellement face à Wasyl... sans avoir l' intention de blesser Wasyl ! Un peu comme un loulou de Poméranie en vadrouille, qui voit débouler vers lui en TGV un clebs plus costaud, qui choisit de le mordre au hasard et qui mord pile là où ça fait très mal... Axel ne met pourtant le pied qu'épisodiquement, se signalant bien davantage par ses arabesques que par ses corps à corps. Faut l'admettre : dans l'ordre des probabilités footeuses, quand il pénètre sur un terrain et parce qu'il est un manieur de ballon, Axel a dix fois plus de (mal)chance d'être cassé que de casser lui-même ! Pas de bol : un peu comme un gamin en bagnole, qui ne picole guère le samedi soir au contraire de ses potes qui sont régulièrement torchés avant de reprendre le volant,... mais qui provoque un accident grave pour une fois qu'il a picolé. Pas de bol, mais faute. Witsel n'a rien d'un bourreau. Il n'est que la preuve par l'absurde d'un foot parvenant même à rendre agressifs ceux qui, au départ, l'adorent pour des raisons tout autres. Ce sport n'est pas toujours jojo. par bernard jeunejeanWitsel a appris contre-nature, par obéissance, à mettre le pied : il l'a mis intentionnellement face à Wasyl... sans avoir l'intention de le blesser !