Mardi: le Conseil d'Administration du RWDM se réunit et renouvelle sa confiance en Patrick Thairet... jusqu'à la prochaine défaite. Jeudi: Patrick Thairet est démis de ses fonctions. A notre connaissance, les Molenbeekois n'ont pourtant pas disputé de match de championnat le mercredi soir. Il ne faut donc pas chercher à comprendre. Toujours est-il que, depuis vendredi passé, Emilio Ferrera est le nouvel entraîneur du RWDM.
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Mardi: le Conseil d'Administration du RWDM se réunit et renouvelle sa confiance en Patrick Thairet... jusqu'à la prochaine défaite. Jeudi: Patrick Thairet est démis de ses fonctions. A notre connaissance, les Molenbeekois n'ont pourtant pas disputé de match de championnat le mercredi soir. Il ne faut donc pas chercher à comprendre. Toujours est-il que, depuis vendredi passé, Emilio Ferrera est le nouvel entraîneur du RWDM.A vos débuts, vous aviez l'impression d'être peu apprécié dans le milieu, particulièrement par un groupe d'anciens qui ont un long passé d'entraîneur et de joueur en D1 derrière eux. Le fait d'avoir retrouvé de l'embauche dans un club de l'élite, quinze jours à peine après votre mise à l'écart de Beveren, doit-il être perçu comme une reconnaissance de votre travail?Emilio Ferrera: J'ai surtout eu la "chance", si l'on peut dire, d'être libre sur le marché au bon moment. Je pourrai réellement considérer que mon travail sera reconnu lorsque je serai appelé par un club du haut du classement qui aura fait de moi son candidat n°1. L'avantage que je possède, dans ce cas-ci, est que je connais la problématique des clubs en difficultés. Je sais ce qu'il se passe dans les vestiaires lorsque l'équipe a besoin de points. Je sais également, pour avoir déjà vécu ce genre de situation, comment réagissent les dirigeants et le public. Retrouve-t-on partout les mêmes syptômes?En tout cas, il y a des points communs. Généralement, lorsque cela tourne mal, on essaye de trouver des coupables. Parfois, il n'y en a pas. L'absence de résultats peut simplement résulter d'une conjoncture défavorable. Souvent, les équipes qui montent ont besoin d'une période d'adaptation à leur nouvelle division. Je me demande si le RWDM n'a pas tout simplement été confronté à des difficultés "logiques". Comme l'a été, à un autre niveau, Anderlecht après avoir perdu plusieurs joueurs-clefs.Le coupable tout désigné est souvent l'entraîneur. On l'a encore vu au RWDM avec Patrick Thairet.J'en suis désolé pour mon prédécesseur, mais ce n'est pas ma décision. Un changement d'entraîneur est souvent une arme à double tranchant: soit cela marche, soit cela... ne marche pas! La saison dernière, lorsque le RWDM avait changé d'entraîneur, tout le monde avait crié au scandale. Patrick Thairet a fait monter le club en D1. Avec le recul, on doit donc considérer que le changement avait été judicieux. Aujourd'hui, c'est ce même Patrick Thairet qui a été victime d'un limogeage... comme j'en avais été victime à Beveren voici quinze jours, pour d'autres raisons. Tous les entraîneurs passent un jour par ce moment difficile durant leur carrière."Si Pfaff m'emm..., je le lui dirai!"De quand dataient vos premiers contacts avec le RWDM?(Hésitant). Je peux simplement dire que tout a été très vite. Nous sommes tombés d'accord jeudi matin. Aviez-vous également eu des contacts avec La Louvière?La Louvière m'a fait part de son intérêt via un intermédiaire. Je n'ai pas eu de contact concret avec ce club. Il devait y en avoir un... si je n'avais pas opté pour le RWDM.Pourquoi avez-vous donné la préférence au club molenbeekois?Je n'ai pas eu à choisir, puisque j'ai rencontré les dirigeants molenbeekois en premier lieu et que nous sommes immédiatement tombés d'accord. Je suis bruxellois et le RWDM m'attire naturellement. Mais la proximité de mon domicile n'est qu'un détail. Le RWDM possède une histoire. Il a été champion de Belgique, il a joué en Coupe d'Europe, il dispose d'un stade conforme aux exigences de la D1 et il est dirigé par des personnes qui ont investi des sommes d'argent considérables. Les signes extérieurs que montre le RWDM sont des signes de réussite. Le club est monté de D2 en D1 avec des moyens limités: lorsque je vois les sommes investies par Malines pour essayer de retrouver l'élite, je dois parler d'exploit dans le cas des Molenbeekois. C'est un club en proie à des difficultés financières, mais lorsqu'on a travaillé à Beveren, on est blindé à ce sujet. Tout laisse penser que le RWDM est en train de remonter la pente. Freddy Smets essaye de restructurer le club au niveau sportif. Jean-Marie Pfaff est arrivé pour s'occuper de l'aspect commercial. Ce sont des personnages qui méritent le respect.Précisément, Pfaff semblait déranger Thairet: si l'on en croit les rumeurs, l'ancien gardien de but semblait vouloir outrepasser son rôle de directeur commercial pour se mêler de l'aspect sportif.Ces rumeurs sont-elles fondées? Je n'étais pas là, je ne peux donc pas en parler. Je ne veux pas réagir à des ragots. Si Pfaff m'emmerde, je le lui dirai! (sic) Et si j'en paye les conséquences, tant pis. "Parler est inutile"Quels seront vos objectifs au RWDM?A plus long terme, ce serait bien de réussir avec le RWDM ce que j'avais réussi avec Beveren. Mais, dans l'immédiat, il est évident que l'objectif prioritaire est de maintenir le club en D1. Sur base de la composition de l'effectif, cela ne devrait pas être trop difficile. Mais une autre donnée est apparue cette saison, qui compliquera la tâche: trois équipes -le RWDM, La Louvière et Beveren- ont rapidement été larguées. Celui que l'on considérait comme un autre candidat très sérieux à la descente -Alost- est actuellement en course pour la Ligue des Champions. Dans l'état actuel des choses, on peut donc considérer qu'il y a trois clubs pour deux places descendantes. Et, par conséquent, en déduire qu'un seul se sauvera. On ne peut pas considérer Mouscron ou Lokeren comme des candidats à la descente. Lorsque vous aviez repris Beveren, en début de saison 99-2000, le club se trouvait-il dans une situation similaire à celle du RWDM aujourd'hui?Après onze matches, Beveren comptait trois points. C'est en effet comparable à la situation du RWDM, qui compte un point après sept matches. Mais, si j'utilisais la même recette qu'à Beveren pour sauver le RWDM, je suis persuadé que je courrais à l'échec. La problématique de Beveren à l'époque était sans doute très différente de celle du RWDM aujourd'hui.Comment comptez-vous vous y prendre pour remettre le train molenbeekois sur les rails? En parlant beaucoup, pour redonner confiance aux joueurs?Pas nécessairement. Généralement, lorsqu'une équipe vient de changer d'entraîneur, ses membres ont déjà beaucoup parlé. Parfois trop. Les vaines discussions sont donc à éviter. Ce que les joueurs demandent, c'est de remonter le plus vite possible sur le terrain et de retrouver des repères. J'axerai mon travail sur les nécessités qu'impose un match de championnat en D1: la rigueur, la concentration, le respect des consignes. Je devrai faire en sorte que l'équipe marque davantage de buts qu'elle en encaisse. Ce sera difficile, j'en suis conscient. Il faudra se serrer les coudes, se soutenir mutuellement. Mais, au cours d'un championnat, la tâche de toutes les équipes est difficile. Simplement, les objectifs sont différents. Pour Anderlecht, être champion ne sera pas facile. Pour Mouscron, être européen ne le sera pas non plus. Le RWDM ne doit pas craindre la difficulté. Avec un point en sept matches, nous partons avec un handicap par rapport à nos rivaux, mais après sept journées, personne ne peut encore se reposer sur ses lauriers. Il reste 81 points à prendre et tout peut encore changer. Lommel, avec ses dix points, n'est pas encore sauvé. Pas plus... qu'Alost. On s'était moqué de mon frère lorsqu'il avait déclaré qu'il engrangeait des points dans l'optique du maintien. Avec la victoire à trois points, tout peut changer très vite, et les candidats européens d'aujourd'hui peuvent devenir les menacés de demain.Daniel Devos