Il y a un an, Tom Boonen a bredouillé quelques mots avec l'air d'un écolier puni pendant que Patrick Lefevere s'exprimait face à la meute des journalistes, tentant de défendre son champion, positif à la cocaïne. Cette fois, à domicile, Boonen s'est exprimé en personne, face à la VRT. D'après ceux qui le connaissent, il semblait honnête mais comment avoir encore quelque foi dans le cyclisme ? Boonen a donné l'impression d'être une victime plutôt qu'un coupable. Quand il a bu, explique-t-il, c'est comme si quelqu'un d'autre prenait le co...

Il y a un an, Tom Boonen a bredouillé quelques mots avec l'air d'un écolier puni pendant que Patrick Lefevere s'exprimait face à la meute des journalistes, tentant de défendre son champion, positif à la cocaïne. Cette fois, à domicile, Boonen s'est exprimé en personne, face à la VRT. D'après ceux qui le connaissent, il semblait honnête mais comment avoir encore quelque foi dans le cyclisme ? Boonen a donné l'impression d'être une victime plutôt qu'un coupable. Quand il a bu, explique-t-il, c'est comme si quelqu'un d'autre prenait le contrôle de son cerveau. Il a insisté : il s'est bien comporté pendant 364 jours. Ce n'est pas une excuse. Sachant qu'il peut faire des bêtises sous l'emprise de la boisson, pourquoi se laisse-t-il aller, d'autant qu'il sait les contrôles nombreux, qu'il risque d'être puni et suspendu et qu'il menace l'emploi de 60 personnes ? Pourquoi gravite-t-il toujours dans un milieu où la drogue est une pratique courante ? Comment est-il possible que nul, dans son entourage, ne le protège de lui-même ? Boonen est responsable de ses actes, même s'il semble impensable qu'une équipe comme Quick Step, au budget de dix millions d'euros, ne dispose pas d'un encadrement psychologique. Indépendamment du cas Boonen, les grands coureurs vivent sous pression. Une course se gagne aussi avec la tête. Boonen paraît assez fort en course mais en dehors, il ne semble pas conscient de son statut et encore moins de son rôle de modèle. Maintenant, il va chercher de l'aide. Nul n'y avait songé. La cocaïne, la drogue dure de la jet set, aide à fuir la réalité, elle apporte euphorie et excitation. La liste des stars qui ont succombé à la drogue ou à l'alcool faute de pouvoir brider leurs démons est interminable. Alors qu'il a grandi dans une famille chaleureuse et structurée, Boonen ne parvient pas à fuir la tentation. Il défonce une Lamborghini, entretient une relation avec une gamine de seize ans, fonce à 180 km/h sur le ring de Mol, en état d'ébriété, se voit retirer son permis de conduire à deux reprises. Comme tant de vedettes, il est entouré de béni-oui-oui et perd tous ses repères. Les consommateurs de cocaïne ont besoin de doses sans cesse plus fortes pour obtenir l'effet escompté. On ignore la dépendance exacte de Boonen. Il a été contrôlé à plusieurs reprises en dehors des compétitions mais a-t-il subi d'autres tests durant les derniers mois ? On n'a en tout cas pas trouvé trace de cocaïne lors des contrôles effectués après les courses. Entre-temps, Quick Step l'a suspendu pour une durée indéterminée. Son avenir sportif est menacé. Si Quick Step le limoge, au terme d'une éventuelle suspension, il aura l'embarras du choix parmi les autres équipes. Boonen est un produit commercial, une machine à fric. Sans lui et malgré la présence de Stijn Devolder, Quick Step n'est plus qu'une équipe moyenne. Elle est placée devant un fameux dilemme mais cela ne peut l'inciter à laisser Boonen accumuler les bêtises. PAR jacques sys