Le paradis c'est l'enfer. Gainsbarre c'est Gainsbourg. Cissé c'est Djibril. Pas un autre. Des Cissé footeux, y en a beaucoup, mais un seul reste dans notre imaginaire pour autre chose que des fulgurances footballistiques. Y a qu'un Djibril. Celui dont le charme et le talent ne perd pas de sa force quand la jupe a pris la place du short.
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Le paradis c'est l'enfer. Gainsbarre c'est Gainsbourg. Cissé c'est Djibril. Pas un autre. Des Cissé footeux, y en a beaucoup, mais un seul reste dans notre imaginaire pour autre chose que des fulgurances footballistiques. Y a qu'un Djibril. Celui dont le charme et le talent ne perd pas de sa force quand la jupe a pris la place du short. Sa liberté d'esthète se voit dans son jeu, dans sa vie, sur son corps. Gainsbarre aurait aimé. Gainsbourg aussi. Vanessa aussi, sûrement. Son paradis à lui, a parfois ressemblé à l'enfer. Mais il a su faire face à l'envers du décor. Il a craqué, parfois. De toute pièce pour mieux redevenir à chaque fois une pièce un peu plus unique. Unique comme la rencontre de la semaine dernière. Il s'est présenté à nous. A nu. Sincère. Authentique. Invité de Betv il a fait de nous des Be Happy. Oubliés les 18 changements de billets d'avion. Car pas de caprices de stars. Simplement les délices d'un homme qui vit dans les étoiles. Des Cieux qui lui ont permis de surmonter deux doubles fractures de la jambe. Pas l'idéal pour un footeux. Il a eu l'intelligence d'en faire deux étapes de son cheminement vers la sagesse. Sa sagesse à lui, c'est la gentillesse conjuguée par la " non prise de tête ", c'est la lucidité de savoir qu'il a exercé " le plus beau métier du monde ". Nous, à la lecture de son livre, on élucide un mystère. En le voyant jouer, je me disais toujours, ce qu'on voit à l'extérieur ne colle pas avec ce qu'il donne de l'intérieur. Je m'explique. Son look de " CoolMan, onverrabien " cache, en fait, un " AdonfMan, faut yaller ". Un gros bosseur. Qui a su retenir certainement le meilleur conseil de coach que lui a donné sa...maman. " Si tout travail mérite salaire, tout salaire mérite aussi travail, mon fils " Hey les jeunes ! Vous avez lu ? Maintenant, comprenez et retenez. Dans la vie, faut se bouger. Rien n'est dû. Surtout quand la vie t'a donné un don. Rien que pour cette leçon, son livre est à lire mais il y a bien plus dedans. Comme son histoire d'amour avec... GuyRoux. Ses flirts avec RafaBenitez et RoyKeane. Pas vraiment des midinettes. Mais la passion de sa vie de footballeur, c'est avec l'essence même du foot qu'il la partage. Avec ceux sans qui le foot ne serait que de l'onanisme frustré et non plus une partie de plaisir. Les supporters. " J'ai besoin de me sentir aimé ". Il sera servi. Comme lorsqu'il atterrit à Athènes pour y rencontrer les dirigeants du Panathinaikos, ils sont 4.000 fans à l'attendre. La signature n'attendra pas longtemps. En mai dernier, il monte au jeu au Stade Vélodrome. Il porte le maillot de Bastia et il reçoit une ovation de 60.000 Marseillais. Ceux-là mêmes qui, de son temps à l'OM, l'avaient parfois sifflé. Grand moment qui ne trompe pas. Ils saluent le joueur mais aussi et surtout l'homme. L'amour désintéressé, ça se mérite. Il annoncera sa retraite sportive un peu plus tard. Sans fard, les larmes aux yeux. Problème à la hanche. Trop mal. Opération. Et puis, pour nous, une confidence de fin d'interview : " C'est pas normal, ça se passe trop bien ma rééducation. " Et là, on perçoit dans ce regard, le compétiteur qui rugit. On se dit que l'histoire n'est peut-être pas finie. Et on repense à ce chiffre de 96 buts marqué en Ligue1. Et on comprend qu'il a trouvé son Graal...son but. En remettre 4. 100, j'en veux 100. J'en suis sûr, Djibril va rejouer et marquer. Histoire de boucler un beau parcours qui a croisé le sublime, l'exceptionnel, l'unique un soir de mai 2005. Liverpool réinvente l'exploit. Une entrée dans la légende au bout d'un match qui devient un chef d'oeuvre. Et d'une séance de tir aux buts qui révèle les biens burnés. Tu as marqué le tien, sans stress : " Quand on a connu l'enfer de mes blessures, on relativise les choses. " Les choses de ta nouvelle vie te poussent à nous quitter. Tu vas mixer dans un bar de Bruxelles. Que ta nuit soit douce, nous on a passé une bien belle journée. Un lion ne meurt jamais. Djibril Cissé Edition Talent sport PAR FRÉDÉRIC WASEIGE