Sandy Martens : "Si je suis nerveux? Je dois toujours chipoter avec quelque chose. Pourquoi? Je me demande aussi ce que je fais ici... Si je doute beaucoup de moi? Peut-être. A chacun son caractère. Si je me suis vraiment fâché une fois? Je ne sais pas. Il m'arrive de pester, intérieurement, sans rien en montrer. Disons que le seau est tellement grand qu'il ne déborde pas! J'évite les problèmes mais il ne faut pas aller trop loin non plus. Sinon, je dis ce que j'en pense. Il ne faut pas me harceler mais j'accepte la plaisanterie.
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Sandy Martens : "Si je suis nerveux? Je dois toujours chipoter avec quelque chose. Pourquoi? Je me demande aussi ce que je fais ici... Si je doute beaucoup de moi? Peut-être. A chacun son caractère. Si je me suis vraiment fâché une fois? Je ne sais pas. Il m'arrive de pester, intérieurement, sans rien en montrer. Disons que le seau est tellement grand qu'il ne déborde pas! J'évite les problèmes mais il ne faut pas aller trop loin non plus. Sinon, je dis ce que j'en pense. Il ne faut pas me harceler mais j'accepte la plaisanterie. Jbari? Il n'était le grand copain de personne à La Gantoise. Il y est venu en se disant qu'il allait y jouer un an avant d'être transféré. Du style: je suis le king et vous êtes mes sujets. Pourquoi l'un serait-il supérieur à l'autre? Je ne serais pas venu à Bruges si Jbari y était resté. Allez, vous jouez ensemble à Gand. Vous êtes blessé et sans rien dire, il prend vos godasses pour jouer. Or, qu'y a-t-il de plus important pour un footballeur? Il a joué avec mes chaussures! Quand je l'ai interpellé, il s'en est pris à moi. Toutes ces choses font qu'on préfère se passer de lui. Je suis capable de me faire mal. A l'entraînement, je me livre à 100, 200%. Evidemment, en foot, tout va vite: en une semaine, on peut dégringoler de l'échelle. Je suis suffisamment réaliste pour le comprendre. Peut-être cette irrégularité est-elle innée, chez moi. Je ne suis pas un grand joueur mais il faut rester soi-même. C'est important et difficile. A mes débuts à La Gantoise, en D1, j'ai eu du mal à rester moi-même: une bonne saison, tant de compliments... Tout est sans doute allé trop vite. Je n'en ai pas vraiment profité. Rendez-vous compte: passer de la Promotion à la D1 et être en équipe nationale au terme de la saison. D'un coup, je me suis retrouvé à mon plafond". Trop gâté"Je suis enfant unique. Peut-être trop gâté. Tous les jours, mon père me parle de football. Parfois, j'en ai marre... Qu'on me laisse en paix! On ne peut en vouloir aux gens. Ils veulent mon bien. Quand j'ai le ballon,mon père est aux anges. Il siffle. Il vit mes matches. Il peut difficilement se contenir, dans la tribune. Il est trop nerveux. Il veut sans arrêt me parler, me crier des consignes mais ça ne va pas. En Promotion, il était plus près du terrain et c'était plus familial; en D1, on n'entend rien.Mon père peut être dur. Quand j'ai été bon, il le dit, et il ne m'épargne pas dans le cas contraire. Il est important de pouvoir faire confiance à quelqu'un mais j'ai été trop protégé et je m'en rends compte maintenant. Je dois apprendre des choses que les autres savent depuis belle lurette. Je pourrais peut-être être plus indépendant. Il me manque quelque chose.Habiter seul changerait complètement ma vie. Maintenant, on me tient encore à l'oeil mais si... Je cherche quelque chose, pour habiter seul. Je ne sais pas encore si je vais acheter ou construire. éa devra arriver, un jour ou l'autre. Un cousin qui a grandi chez nous passe très souvent nous rendre visite. Je sais que je resterai le bienvenu et qu'en fait, je continuerai à passer beaucoup de temps à la maison. Je ne pourrais me passer de la chaleur de mon cocon familial.Pas plus que du tir à l'arc, qui est une passion familiale. Le motocross me plaît beaucoup. En fait, c'est ma mère qui a influencé mon choix sportif. L'ambiance du tir à l'arc est très agréable: on est en famille, avec ses oncles, ses cousins. On passe quelques heures ensemble. Nous sommes affiliés à un club de Brakel. Je me débrouille bien. Entre les coups, on boit un verre, on bavarde, on joue aux cartes, parfois. Je pratique ce sport depuis mes six ou huit ans. Je possède des photos sur lesquelles l'arc est moitié plus grand que moi! J'ai rencontré beaucoup de gens, beaucoup circulé, ce qui est très chouette. Mais surtout, je suis entouré des gens que j'aime". Célibataire endurci"Une amie? Euh... J'ai eu une longue relation (il soupire) mais ce fut très difficile et pour être honnête, je n'aime pas en parler. Vraiment... éa me met mal à l'aise. J'ai de nouveau quelqu'un mais de là à ne vivre que pour une personne... J'aime avoir quelqu'un en qui je puisse avoir confiance. C'est très important. Sans doute ai-je aussi besoin d'attention. Je continue à recevoir beaucoup de courrier des supporters, dans les bons moments comme dans les mauvais, et c'est très important. Parfois, quelques mots peuvent faire des miracles. Cet intérêt peut être génial, quoique, à d'autres moments, j'ai envie d'être tranquille. Mais la satisfaction domine. Même quand je retourne à Gand, je reconnais beaucoup de gens. Leur accueil me fait chaud au coeur. Je souffre beaucoup quand je sens qu'on n'est pas content de me voir. On ne peut être aimé de tous: alors, qu'on me laisse en paix. Il est difficile de bien connaître les gens. Dans mon boulot, on ne connaît pas les sentiments réels des gens. C'est très dur... Des amis qui vous tirent dans le dos, c'est vraiment moche. Quand on me blesse, c'est fini pour la vie. éa s'est produit une fois. éa arrive, dans la vie... On fait confiance à quelqu'un qui vous démolit en lançant des ragots. Enfin, c'est passé.Ma carrière me met en rapport avec des gens que je n'aurais jamais rencontrés autrement. Ce n'est pas dépourvu d'avantages. Ces gens peuvent faire quelque chose pour moi, ils m'offrent des réductions, par exemple. C'est toujours bienvenu. Pourquoi pas, hein? Quand on me demande de donner une séance d'autographes dans un magasin ou de faire quelque chose pour les jeunes, je m'exécute de bonne grâce.Comme la présentation, l'éducation est importante. On m'a inculqué ces principes. C'est pour ça que je me soigne. J'ai travaillé deux ans dans la construction. C'était différent (il rit). Mais il y avait aussi des belles choses, quand on commençait les étages. Je les préférais au rez-de-chaussée, qui était plus sale, oui. (Il rit)".Les gants"Une fois, à Charleroi, j'ai joué avec des gants. Après, que n'ai-je pas entendu comme remarques... C'est toujours les mêmes qu'on vise. Pourquoi juger ainsi les gens? On va quand même au stade pour voir un match de foot, non? Et un joueur doit se mettre à l'aise. On remarque tout de suite si je me sens bien ou pas, dans mes prestations. Donc, je fais tout pour me sentir bien. Les supporters brugeois réagissent de manière très extrême. C'était différent à La Gantoise. Je comprends les supporters mais, un moment donné, j'ai été le bouc émissaire des mauvais résultats. Sans doute étais-je la cible la plus facile. Pourquoi? Je n'en sais rien. éa me touche d'être ainsi conspué mais je pense que nul ne peut me reprocher de ne pas m'engager à fond. Il n'empêche, ça me touche, du moins quand ça vient de mes supporters. Les huées des adversaires ne me font rien. A la longue, on comprend que la vie continue.La vie est courte, aussi, donc, j'aime sortir. Il faut profiter de ce qu'on peut. Un de mes oncles est mort très jeune. Il a été atteint d'une tumeur cérébrale à 30 ans. Neuf ans plus tard, il est décédé. Nous étions très proches. De choses pareilles vous force à réfléchir. La vie est aussi trop courte pour se disputer. Même en dehors du football, je suis sensible. Un film émotionnel peut me toucher, par exemple. Je pourrais crier devant la télévision. Je suis comme je suis. (Il se tait). Mon problème, c'est que je suis un peu trop renfermé, que je ne parviens pas à exprimer vraiment ce qui est en moi, ce qui m'intéresse"... Raoul De Groote "On m'a trop protégé. Je m'en rends compte maintenant"