Né au Burundi d'une mère rwandaise et d'un père congolais, et élevé à Bujumbura par sa grand-mère maternelle (d'où son surnom de Mémé), MohamedTchité avait déjà failli débarquer à Anderlecht en 2003, comme l'explique son ami et conseiller, JoséDeMedina, chez qui il loge en attendant de trouver une maison à Bruxelles.
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Né au Burundi d'une mère rwandaise et d'un père congolais, et élevé à Bujumbura par sa grand-mère maternelle (d'où son surnom de Mémé), MohamedTchité avait déjà failli débarquer à Anderlecht en 2003, comme l'explique son ami et conseiller, JoséDeMedina, chez qui il loge en attendant de trouver une maison à Bruxelles. " En fait, au départ, il devait aller à... Charleroi. Personnellement, je travaille beaucoup avec Lokeren et plus précisément avec Willy Verhoost, lorsqu'il s'agit de dénicher des talents africains. Mais lorsqu'un ami m'a téléphoné pour me signaler qu'il avait décelé des capacités intéressantes chez un jeune surnommé Mémé, Verhoost n'était pas disponible et c'est au Mambourg qu'il est allé passer un test. Il y est resté trois ou quatre jours et on lui avait promis une réponse dans la semaine, mais cela a traîné et il s'est alors présenté au Standard. Après deux entraînements, Daniel Boccar était convaincu, mais il ne pouvait pas prendre la décision à la place de la direction. Celle-ci n'a pas voulu acheter un chat dans un sac et a demandé un délai d'un mois, pour mieux l'évaluer. Entre-temps, il est allé passer un test à Anderlecht et là aussi, on a demandé un délai de réflexion. Sachant que le Sporting était intéressé, le Standard n'a plus musardé et a sauté sur l'occasion. Quoi que mon avis puisse paraître subjectif, je pense qu'il ne l'a pas regretté. Mais je crois aussi que le fait d'avoir passé un test à Anderlecht a accéléré le processus. Frankie Vercauteren l'avait déjà vu à l'£uvre il y a trois ans et a pu se rendre compte de ce que Mémé était capable. Comme il a confirmé, sous le maillot du Standard, les bonnes dispositions qu'il avait laissé entrevoir à l'époque, l'entraîneur du Sporting a sans doute insisté pour qu'on le prenne. Certains se sont plaints que les négociations ont été dures, et ont même été jusqu'à affirmer que Mémé était un garçon difficile tant il posait des exigences, mais l'affaire a été rapidement réglée ". " En fait, Mémé a tout simplement pris conscience de sa valeur. Lorsqu'il a débuté au Standard, il avait un contrat tout à fait convenable pour un jeune qui avait encore tout à prouver. Mais ses preuves, il les a faites, et lorsqu'il a appris dans le vestiaire ce que certains de ses partenaires gagnaient, il s'est dit qu'il n'y avait aucune raison d'avoir de telles différences. Le Standard aurait-il pu revoir son contrat à la hausse ? Sans doute. Mais avait-il les moyens de s'aligner sur ce qu'on proposait ailleurs à Mémé ? Lorsque le club liégeois s'est rendu compte que Mémé ne resignerait pas si la nouvelle proposition de contrat ne se rapprochait pas un minimum de ce qu'il exigeait, je pense qu'il s'est dit qu'il était sans doute préférable de le vendre. Sachant, aussi, qu'il ne lui restait plus qu'un an de contrat ". " Attention : Mémé n'a pas opté uniquement pour l'argent. Beaucoup ont froncé les sourcils lorsqu'ils ont appris qu'il était en contacts avancés avec le Beitar Jérusalem, mais il y avait aussi un beau projet sportif là-bas. Depuis juin, l'entraîneur est un certain Osvaldo Ardiles et plusieurs joueurs de bon niveau y ont débarqué. C'était très intéressant. Mais lorsque Anderlecht est entré dans la danse, cela n'a pas traîné ". " Son intégration ? Mémé est un garçon timide au premier abord, mais il a beaucoup de caractère. Lorsqu'il a un projet en tête, il se donne à fond et généralement, il réussit. Il a l'art de transformer sa vie en conte de fées. Jusqu'ici, il a quasiment réussi tout ce qu'il a entrepris. Quelque part, il m'a réconcilié avec l'Afrique. Je me suis occupé de nombreux joueurs qui ont tenté leur chance en Europe. Souvent, j'ai été déçu par leur manque d'ambition. Mémé est différent. Lorsqu'il a débuté au Standard, il m'a d'emblée dit : - Je vais réussir ! Et il a réussi. Lorsqu'il débarqué à Anderlecht, il a témoigné de moins d'assurance. Il a regardé autour de lui et s'est rendu compte qu'il était entouré de garçons techniquement plus doués que lui, comme Mbark Boussoufa ou Ahmed Hassan. Il était un peu intimidé. Mais, depuis quelques jours, il me dit : -ç a va aller ! Je suis prêt à le croire. Cela prendra peut-être un peu de temps, mais il s'adapte partout. C'est un garçon très correct qui ne recherche pas les problèmes. Pierre Leroy, le délégué du Sporting, m'a déjà confié qu'il était surpris de la vitesse avec laquelle Mémé s'intégrait. Et si la pression est présente à Anderlecht, croyez-vous qu'elle était inexistante au Standard ?"