Un Brésilien qui se prénomme Igor ! Vous avez dit bizarre ? L'avant d'Heusden-Zolder Igor De Camargo se marre : " Demandez pourquoi à ma mère ! Ma famille est un peu folle. Ma mère est blanche, mon père noir, mais tous deux sont brésiliens. Igor est un nom russe et ma s£ur, Hayle, porte un nom africain... Nous habitons à 400 kilomètres de la côte, à Porto Feliz, une petite ville. Comme partout au Brésil, le moindre terrain libre est voué au foot et il y a un club professionnel chez nous. J'ai joué en D1 avec les Juniors de Ponte Preta mais aussi dans la rue, en rêvant de devenir pro. C'est dans le sang car mon grand-père et mon père ont joué.
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Un Brésilien qui se prénomme Igor ! Vous avez dit bizarre ? L'avant d'Heusden-Zolder Igor De Camargo se marre : " Demandez pourquoi à ma mère ! Ma famille est un peu folle. Ma mère est blanche, mon père noir, mais tous deux sont brésiliens. Igor est un nom russe et ma s£ur, Hayle, porte un nom africain... Nous habitons à 400 kilomètres de la côte, à Porto Feliz, une petite ville. Comme partout au Brésil, le moindre terrain libre est voué au foot et il y a un club professionnel chez nous. J'ai joué en D1 avec les Juniors de Ponte Preta mais aussi dans la rue, en rêvant de devenir pro. C'est dans le sang car mon grand-père et mon père ont joué. Ce dernier, professeur de biologie, évolue toujours en vétérans. Sa mère a également étudié et se destinait à l'enseignement mais elle est comptable. " Ils me manquent beaucoup, même si nous nous téléphonons tous les jours. Enfin, je parviens maintenant à trouver mes vêtements sans l'aide de ma mère (il rit) ! Je suis bien accueilli ici mais quitter ses proches est pénible. Je ne suis pas marié. Je porte seulement un anneau en souvenir de mon amie, Giovanna. Elle me rejoint en janvier. Nous verrons comment elle s'adaptera. Sa présence m'aidera beaucoup. Via les managers Paul Stefani ici et Francisco Lopez au Brésil, il y a trois ans. J'avais 17 ans et je devais effectuer un test au Racing Genk. Je n'avais rien à perdre. Mon manager brésilien m'a accompagné jusqu'à Paris puis je me suis retrouvé seul. Domenico Lasalle, qui m'a conduit de Zaventem à Genk, ne parlait qu'italien. Jamais encore je n'avais quitté le Brésil ni pris l'avion. Heureusement que mes parents m'ont beaucoup soutenu car les premiers mois ont été difficiles : tout était nouveau et il faisait froid ! Je déteste le froid. A mon arrivée, il gelait. Moins onze degrés. Je dormais avec un bonnet et des gants car ma chambre n'était pas équipée de chauffage. Lucienne Janssens m'a accueilli. Elle a trois enfants mais elle habite seule. Son mari est décédé il y a dix ans. Sa famille m'a vraiment adopté. Maintenant, au lieu de rester assis dans mon coin, à l'occasion des fêtes, ou de feuilleter un dictionnaire, je peux me mêler à la conversation. Je suis souvent chez notre soigneur, Eddy Pepels. Il m'invite à dîner chez lui et dans le vestiaire, nous bavardons, en buvant un café. C'est un excellent soigneur et un homme charmant. Comme lui, j'aime arriver au club en avance, pour lire les journaux. Quelques jours avant le match contre Anderlecht, Eddy m'a envoyé un sms pour me dire qu'il brûlait un cierge pour moi. Quand j'ai marqué le premier but d'Heusden-Zolder, lors de ce match, c'est vers lui que j'ai immédiatement couru, par reconnaissance. Vous savez, peu de Brésiliens reçoivent pareille chance. Nous avons tellement de bons footballeurs que vous ne rencontrez pas facilement quelqu'un qui vous propose l'Europe. J'ai saisi ma chance des deux mains. J'appartiens à Genk mais je travaille pour Heusden et c'est pour lui que je marque, qu'importe si c'est contre Genk, comme en Coupe, ou un autre club. Je suis content que Genk m'ait prêté à Heusden-Zolder car je peux ainsi jouer chaque week-end. Je fais de mon mieux pour retourner à Genk. J'ai été déçu de ne pas y obtenir ma chance après le départ de Sonck et de Dagano, qui étaient en superforme et avec lesquels je ne pouvais rivaliser, mais je suis positif : j'acquiers de l'expérience dans un club de moindre envergure. Après tout, pour construire une maison, on commence par le plancher, pas par le plafond. Genk constituait un cap trop important à franchir : d'emblée, je me retrouvais dans une grande équipe alors que je n'avais pas d'expérience. J'ai raté une partie de la préparation à cause de la déchirure du ligament latéral de mon genou puis d'un ongle incarné. Le médecin m'a interdit d'effectuer de longues séances de course. Je n'ai donc entretenu ma condition qu'avec ballon. Je dois mon niveau actuel à Peter Balette. Aucun autre entraîneur ne m'aurait sans doute permis de jouer sans condition physique. Il ne se contente pas de me parler sur le terrain : en dehors, il s'assure que j'apprends. Je suis donc heureux de lui rendre quelque chose dans les matches. Peter Balette voulait évoluer avec un centre-avant et deux ailiers. Sur papier, c'était très offensif mais ça n'a pas fonctionné. Par malchance. Nous avons trouvé notre fil, maintenant. Comment ? Il faut le demander là au-dessus ! C'est une question de patience et de chance. Avec cinq médians et moi tout seul devant, nous compliquons la tâche de l'adversaire. Genk a peiné, avec deux médians contre trois de notre côté. Au fond, Peter Balette ne me demande rien d'autre que ce que Sef Vergoossen voulait : jouer simplement et réaliser des actions dans le rectangle. J'estime avoir énormément progressé cette saison. Je ne cesse d'apprendre, je suis devenu plus fort de la tête : j'ai pratiquement marqué tous mes buts de la tête. Je sais conserver le ballon. A Genk, je tombais trop facilement. Je suis plus costaud et je reste davantage en pointe, au lieu de redescendre. J'ai appris qu'un attaquant devait rester dans les parages du but. Marquer, c'est ce qui compte, pour un avant. On s'en rend compte quand on reste stérile un certain temps. Mais je n'ai plus revu le champagne qu'on m'a offert après le match contre Anderlecht (il rit). Je l'ai laissé au club. Je ne sais pas si quelqu'un l'a bu. Il est peut-être chez l'entraîneur ? Si c'est le cas, j'en boirai une coupe au moment de la trêve hivernale. Toutes les équipes se méfient d'Heusden-Zolder, maintenant. Nous jouons bien contre les grandes équipes. Nous devons maintenant prouver que notre motivation est identique face aux autres. Je dois avouer qu'il y avait une différence, jusqu'à présent. En déclarant que le noyau allait être réduit, le président nous a donné la tape dont nous avions besoin. Quand vous voyez les noms alignés, Heusden doit vraiment être meilleur. Au début, nous n'avions pas de groupe mais maintenant, l'équipe est soudée. Nous avons dû changer de système, trouver nos automatismes. Avant, je n'avais joué qu'avec les éléments originaires de Genk. Depuis, nous avons appris à nous connaître, nous savons comment servir chacun. Un renfort annoncé de Scandinavie m'a sur-motivé. Cela ne s'est jamais fait mais j'ai continué à travailler comme d'habitude, très fort. Je ne me tracasse pas. A posteriori, je perçois cette arrivée comme un signal au groupe : nous devions être les meilleurs possibles. Maintenant, nous n'avons plus besoin de ça. Nous sommes plus détendus à l'entraînement. Nous produisons un beau football. Evidemment, ce qui est moins marrant, c'est de se produire dans un stade vide. Avec Anders Nielsen, nous avons perdu beaucoup de notre créativité. C'est dommage mais nous disposons de suffisamment de qualités pour atteindre un bon rendement. Heusden-Zolder va assurer son maintien. Raoul De Groote