L'élimination sans gloire de l'Angleterre au dernier Mondial a ranimé le débat sur la réforme du football national. In tempore non suspecto, un mois avant la Coupe du Monde, une commission emmenée par le président de la FA, Greg Dyke, a concocté un plan, peut-être en se doutant de ce qui risquait de se produire. Cette commission comprenait notamment l'ancien sélectionneur Glenn Hoddle, l'ex-directeur technique Howard Wilkinson ainsi que les anciens internationaux Rio Ferdinand et Danny Mills. Ils ont mis en avant quatre axes. La semaine passée, Dyke a affiné l'un d'eux. Tout cela doit permettre à l'Anglet...

L'élimination sans gloire de l'Angleterre au dernier Mondial a ranimé le débat sur la réforme du football national. In tempore non suspecto, un mois avant la Coupe du Monde, une commission emmenée par le président de la FA, Greg Dyke, a concocté un plan, peut-être en se doutant de ce qui risquait de se produire. Cette commission comprenait notamment l'ancien sélectionneur Glenn Hoddle, l'ex-directeur technique Howard Wilkinson ainsi que les anciens internationaux Rio Ferdinand et Danny Mills. Ils ont mis en avant quatre axes. La semaine passée, Dyke a affiné l'un d'eux. Tout cela doit permettre à l'Angleterre de rêver. Pas de performances dans quatre ans mais dans huit. L'objectif est le titre mondial 2022. D'abord, le rappel des propositions effectuées en mai avec une idée belge, mise en pratique aux Pays-Bas et en Espagne : aligner les équipes B des grands clubs dans des compétitions de niveau inférieur. La FA veut qu'elles jouent contre les meilleurs amateurs de la Conference League. Dans une première phase, on vise dix équipes de Premier League, réunies dans une nouvelle League Three. Les équipes B peuvent monter et descendre, sans dépasser la League One. Elles ne peuvent jouer en D2, la Championship et doivent toujours évoluer une division en dessous de leur équipe A. Grande exigence : rendre ces équipes B britanniques. 20 des 25 joueurs couchés sur la feuille de match doivent être home grown et 19 doivent avoir moins de 21 ans. L'objectif est de donner leur chance aux jeunes du cru. L'enquête a révélé que durant la saison 2012-2013, seuls 32 % des joueurs titularisés dans un match de Premier League étaient sélectionnables en équipe nationale. Il y a vingt ans, ils étaient encore 69 %. Il faut donc faciliter l'éclosion des Britanniques, en les plaçant dans des équipes B mais aussi en imposant une limite au nombre d'étrangers. De maintenant à 2021, le nombre de joueurs non formés en Angleterre doit passer d'un maximum de 17 à douze. Quatrième point, la limitation du nombre d'étrangers non européens. Durant la campagne en cours, on recense 90 joueurs étrangers à l'Union européenne contre 297 Européens. En mai, Dyke a proposé de ne plus en autoriser que deux par club et de les interdire carrément dans les autres divisions. La semaine dernière, il a revu sa proposition. L'élite absolue, style Falcao ou Di Maria, reste la bienvenue. Les transferts supérieurs à 12 millions d'euros obtiennent immédiatement un permis de travail. En dessous, les conditions sont strictes. Les clubs qui ne jouent pas en Premier League n'obtiendront plus de permis de travail pour des internationaux - les seuls à entrer en ligne de compte - dont le pays ne figure pas dans le top 50 du classement FIFA, contre le rang 70 actuellement. Cela veut dire qu'un talent d'Afrique du Sud ou du Paraguay peut oublier l'Angleterre. Ils ne peuvent pas être loués non plus. Toutes ces mesures doivent entrer en vigueur la saison prochaine. PAR PETER T'KINTLes transferts supérieurs à 12 millions d'euros obtiennent immédiatement un permis de travail.