5 octobre 2015. L'équipe B d'OHL s'impose 0-2 à Waasland-Beveren, sur des buts de deux joueurs du noyau A, Thomas Azevedo et David Vandenbroeck. OHL rate une volée d'autres occasions mais n'en concède pas. Le score ne change plus. Ce n'est que la deuxième victoire louvaniste de la saison.
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5 octobre 2015. L'équipe B d'OHL s'impose 0-2 à Waasland-Beveren, sur des buts de deux joueurs du noyau A, Thomas Azevedo et David Vandenbroeck. OHL rate une volée d'autres occasions mais n'en concède pas. Le score ne change plus. Ce n'est que la deuxième victoire louvaniste de la saison. Dans le vestiaire, après coup, Vandenbroek téléphone au capitaine de l'équipe première, Romain Reynaud, sans se douter que le coach est toujours dans les parages. Il parle de paris sur les matches de l'équipe B quand plusieurs joueurs A y participent. Des matches gagnés, comme ce soir-là. Le coach des Espoirs avertit Hans Vander Elst, T2 et coordinateur des jeunes, qui prévient ensuite le coach principal, Jacky Mathijssen. Celui-ci convoque immédiatement Vandenbroek et Reynaud, qui avouent. Le coach s'adresse alors à tout le groupe : parier est inacceptable. Un mois plus tard, OHL est battu 3-0 par Ostende. Reynaud ou le gardien Rudy Riou sont fautifs sur chaque goal. Mathijssen et son adjoint Sven Vandenbroeck ont compris. Ils sont renvoyés une semaine plus tard. David Vandenbroeck n'a joué que trois matches en début de saison mais a régulièrement insisté pour pouvoir jouer en équipe B. Etait-ce pour entretenir sa condition seulement ? Son contrat a été résilié en janvier et il a rejoint le club luxembourgeois de Differdange. 22 février 2016, deux jours après le revers contre le RMP : OHL a galvaudé en dix folles minutes son avantage de 0-1, il s'incline 3-1 et est dernier. Reynaud est impliqué dans tous les buts contre et Riou n'est pas blanc sur deux d'entre eux. L'équipe joue toute la deuxième mi-temps en direction du kop hennuyer, ce qu'on voulait éviter. Mais Reynaud, qui a gagné le toss, choisit le contraire, affirmant avoir agi par superstition. Reste qu'on peut aussi parier sur ça. Ce lundi-là, un des adjoints d'Emilio Ferrera lui raconte l'ancienne affaire. La direction, alertée, prétend n'avoir jamais été informée avant. Le capitaine avoue, dans la foulée, ce que tout le groupe sait depuis des mois. Le jeudi, le club avertit l'UB, qui transmet l'affaire à l'UEFA. On n'a repéré aucune mise suspecte pour le match Mouscron-OHL. Vendredi soir, OHL ne parlait plus que de rumeurs alors que les faits sont là : Reynaud reconnaît qu'il parie, y compris sur des matches de son club, mais seulement ceux de l'équipe B. Samedi, après sa large victoire sur Ostende, l'arrière le confirme à la presse. Les paris sont contractuellement interdits mais OHL craint de n'avoir pas assez de fondements juridiques pour limoger le coupable et en plus, il lutte pour le maintien. En parlant de rumeurs, OHL permet à Ferrera d'aligner Reynaud. Dans le cas contraire, Oleksandr Volovyk et Konstantinos Rougkalas étant blessés, il ne resterait qu'un défenseur central, Kanu, peu fiable. De là la présence de Reynaud dans le onze de base. Dix jours avant Mouscron, OHL a reconduit les contrats de John Bostock, Yohan Croizet et Reynaud. La prolongation du bail du Français jusqu'en 2018 surprend : le Français a 33 ans et est le tendon d'Achille de l'équipe. Il lui a déjà coûté pas mal de points. Jacky Mathijssen insistait pour qu'il parte, en vain. Seul le coordinateur technique, Patrick De Wilde, était contre un renouvellement. Le président, le DT, le chef du scouting et Ferrera étaient pour. Il y a deux ans, la division du vestiaire avait déjà entraîné la rétrogradation. Les dirigeants s'en tirent toujours. On espérait beaucoup du nouveau président, Jimmy Houtput, mais il est d'une naïveté sans bornes. Jeudi, confronté aux rumeurs, il a répondu que le club n'alignerait que des joueurs en lesquels il avait pleine confiance. Le lendemain, il revenait sur ses dires. Au coup d'envoi, Reynaud et Riou se tenaient par le bras, flanqués de Flavien Le Postollec et Jordan Remacle - quatre joueurs de Mogi Bayat. Une image éloquente. Avec en plus Kenneth Houdret en cours de jeu, ça faisait cinq éléments d'un même manager. Mais nul ne s'en est soucié samedi : OHL-Ostende : 4-1. Bingo ! PAR JAN HAUSPIE - PHOTO BELGAIMAGE