John Bostock a 15 ans lorsque le FC Barcelone lui envoie un maillot dédicacé de son idole, Ronaldinho. Il est le plus jeune joueur à avoir débuté en équipe première de Crystal Palace et de nombreux grands clubs le courtisent.
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John Bostock a 15 ans lorsque le FC Barcelone lui envoie un maillot dédicacé de son idole, Ronaldinho. Il est le plus jeune joueur à avoir débuté en équipe première de Crystal Palace et de nombreux grands clubs le courtisent. " Une période folle ", dit-il. " Mais tout ça me semblait normal. Notre seule préoccupation, c'était de faire le bon choix. Nous avons opté pour Tottenham parce qu'il offrait le meilleur programme et me permettait de rester à Londres. " Mais le rêve tourne vite au cauchemar. Il est prêté à Brentford, Hull City, Sheffield Wednesday, Swindown Town et même au FC Toronto, en MLS. " J'avais à peine le temps de m'adapter que je devais déjà partir ", dit celui qu'on qualifie déjà de transfert manqué et d'ex-espoir du football anglais. En 2013, Jimmy Floyd Hasselbaink l'amène à l'Antwerp, où Oud-Heverlee Louvain va le chercher. Aujourd'hui, il entame un nouveau chapitre de sa carrière, en D1. " Mon passage à l'Antwerp m'a permis d'oublier Tottenham, d'avancer. Ici, on n'attendait rien de moi. Pour marquer ce nouveau départ, je me suis même fait teindre les cheveux en blond. " Plus que la pression, c'est l'absence d'encadrement qui l'avait fait sombrer. " A 15 ans, toute l'Europe me voulait, j'étais capitaine de l'équipe nationale et je jouais en D1. Quatre ans plus tard, j'étais toujours au même point. Il fallait que quelque chose change. En venant en Belgique, j'ai pris la meilleure décision de ma carrière. " JOHN BOSTOCK : Non, même s'ils sont impitoyables. Je comprends qu'ils doivent vendre des journaux. Ce qui m'échappe, c'est la façon dont ils traitent parfois l'information. Ils ont dit que mon attitude n'était pas bonne alors que j'avais tout simplement perdu confiance. Je crois qu'ils cherchaient avant tout une explication au fait que j'échoue malgré mon talent. BOSTOCK :La plupart du temps, non. Mais j'acceptais car c'était mieux que de jouer avec les jeunes. J'étais pris dans un cercle vicieux. Ma femme et moi sommes devenus des experts du déménagement. Et je peux vous dire qu'à la fin, ça pèse. Ma femme n'en revenait pas. Je vais enfin savoir ce que veut dire le mot stabilité. Et puis, on a atteint un objectif avec la montée. Ça fait du bien. J'ai 23 ans et beaucoup de choses peuvent encore se produire. Je suis à un tournant de ma carrière. BOSTOCK :Avec Paul-José Mpoku, on est devenu amis à Tottenham. Malgré son anglais catastrophique, c'est la foi qui nous a rapprochés. Je suis souvent venu le voir à Liège et il me disait sans cesse de chercher un club belge. Lorsque Hasselbaink est devenu entraîneur de l'Antwerp, son agent m'a contacté. J'avais joué mon tout premier match de Premier League avec Crystal Palace contre lui, alors qu'il évoluait à Cardiff City. C'est un grand coach et un super gars. BOSTOCK :Je n'ai rien à reprocher à l'Antwerp, dont les supporters sont fantastiques et qui est doté d'expérience avec plusieurs joueurs anglais puisqu'il avait collaboré avec Manchester United. Mais en dehors du terrain, il se passait parfois trop de choses. A OHL, je pouvais ne penser qu'au football. BOSTOCK : J'aimais bien Leko. Il était gaucher comme moi et avait joué à la même place. On travaillait beaucoup les phases arrêtées. J'ai été surpris par son départ mais la direction a fait ce qu'elle pensait devoir faire et Mathijssen nous a amenés en D1. BOSTOCK : C'est sûr qu'il y a un problème. J'avais du talent et je n'y suis pas arrivé. Il y a beaucoup d'argent en Premier League. Les managers sont sous pression et il est logique qu'ils fassent moins confiance aux jeunes. Mais tout doucement, les clubs anglais commencent à comprendre qu'il peut être intéressant d'investir dans les jeunes. Pour ma part, je leur montre qu'ils peuvent aller chercher du temps de jeu à l'étranger, ce à quoi ils ne pensent pas toujours. Mon histoire et celle de Chuks Aneke à Zulte Waregem peuvent inciter d'autres jeunes internationaux à faire la même chose. PAR MATTHIAS STOCKMANS ? PHOTO BELGAIMAGE - LAURIE DIEFFEMBACQ" Malgré l'anglais catastrophique de Mpoku, la foi nous a rapprochés " JOHN BOSTOCK