Le 14 janvier 1919, l'Union Saint-Gilloise inaugurait son stade du Parc Duden, chaussée de Bruxelles à Forest, face à l'AC Milan. 97 ans plus tard, le club saint-gillois est contraint pour la première fois depuis lors à faire une infidélité à ses installations historiques. L'antre des Jaune et Bleu ne satisfait en effet pas aux normes de la D1B et des travaux importants sont nécessaires. La commune de Saint-Gilles a mis la main à la poche et le stade sera prêt pour la saison 2017-2018. En attendant, l'Union a trouvé refuge 10 kilomètres plus au nord, au Stade Roi Baudouin. Un déménagement forcé qui ne plaît guère parmi les fidèles Unionistes, viscéralement attachés à La Butte.
...

Le 14 janvier 1919, l'Union Saint-Gilloise inaugurait son stade du Parc Duden, chaussée de Bruxelles à Forest, face à l'AC Milan. 97 ans plus tard, le club saint-gillois est contraint pour la première fois depuis lors à faire une infidélité à ses installations historiques. L'antre des Jaune et Bleu ne satisfait en effet pas aux normes de la D1B et des travaux importants sont nécessaires. La commune de Saint-Gilles a mis la main à la poche et le stade sera prêt pour la saison 2017-2018. En attendant, l'Union a trouvé refuge 10 kilomètres plus au nord, au Stade Roi Baudouin. Un déménagement forcé qui ne plaît guère parmi les fidèles Unionistes, viscéralement attachés à La Butte. Après deux déplacements, à Tubize (2-2) et Louvain (0-3), et un joli bilan de quatre points sur six, les Saint-Gillois disputaient donc leur première rencontre at home face au Lierse dimanche dernier. A midi, une demi-heure avant le coup d'envoi, ce n'est pas la grande effervescence sur l'avenue Houba De Strooper arrosée par un petit crachin bien bruxellois. Des ballons jaune et bleu ont toutefois été accrochés aux arbres et quelques dizaines de supporters prennent doucement leurs marques, une première bière à la main, dans les cafés qui jouxtent le stade national. Devant l'entrée principale, une petite file se forme et on y croise quelques visages connus comme l'ex-Carolo, aujourd'hui sans club, Guillaume François, venu applaudir son ami et associé Cédric Fauré. Une fois le portique d'entrée franchi, chacun a droit à sa petite fouille, sécurité oblige, et mieux vaut ne pas traîner avant de se diriger vers le stade sous peine de se voir réprimander par les agents de police qui forment le comité d'accueil. Un régime strict auquel même les joueurs ont été soumis comme le confirme le gardien unioniste Anthony Sadin : " C'est clair qu'on n'est pas au Parc Duden. On n'avait jamais mis les pieds ici avant aujourd'hui, donc on a découvert les vestiaires en arrivant, juste après que nos véhicules aient été fouillés ! " Les Bruxellois n'ont pas non plus eu l'occasion de tâter la nouvelle pelouse du Heysel avant la rencontre, le club en avait fait la demande mais c'était impossible car il y avait trop de manifestations organisées au Stade Roi Baudouin. Une fois pénétrés dans l'enceinte, la principale préoccupation des supporters à trait au houblon : auront-ils droit à de la vraie bière ou devront-ils se contenter de bière sans alcool ? Heureusement, ils peuvent compter sur Nicos Stamelos, le boss du club-house de l'Union qui aujourd'hui s'est délocalisé dans les couloirs du Roi Baudouin pour abreuver ses clients préférés au tarif habituel. Autour du terrain, les bâches au nom des sponsors de l'Union sont de sortie tandis qu'en tribune, Proximus le diffuseur et principal parraineur de la D1B a distribué 2000 drapeaux aux couleurs du club saint-gillois. Les fans du matricule 10 sont tous regroupés en tribune 1 dans les blocs A, B et C tandis que la grosse centaine de Lierrois présents occupent la partie de la tribune 2 traditionnellement réservée aux adversaires des Diables Rouges. Le reste de l'enceinte est désespérément vide : l'Union a encore du boulot avant d'égaler l'engouement que suscite les Diables ! Alors que l'hymne du club retentit et que quelques supporters désorientés tentent encore de trouver leur siège, les Union Bhoys, eux, sont déjà bien en place. Debout sur les marches du Bloc B, le groupe le plus chaud des Unionistes donne de la voix dès le coup de sifflet initial et ne s'arrêtera quasiment pas durant toute la rencontre. Sur le terrain, pas de round d'observation : les deux équipes passent directement à l'attaque et après une première occasion pour l'Union, c'est le Lierse qui ouvre le score à la 17e via Ayub Masika qui trompe un Sadin peu inspiré sur cette phase. Heureusement pour l'ambiance, l'Union ne baisse pas les bras et sept minutes plus tard, Yannick Aguemon déborde sur le flanc droit, délivre un centre tendu qui traverse la défense et est repris victorieusement par Nicolas Rajsel qui inscrit déjà son quatrième but de la saison. En tribune, les gobelets de bière volent de toutes parts et les " Ici, ici, c'est Saint-Gilles ! " sont repris en choeur. A la mi-temps, le marquoir, sans chronomètre, affiche un 1-1 logique. Après un détour par les cases urinoir et buvette, la seconde période reprend par une domination saint-gilloise qui finit par payer : à la 62e, Aguemon fait 2-1 de la tête et toute la tribune 1 se met à croire aux trois points pour cette grande première au Roi Baudouin. C'était sans compter sur le Lierrois Benson Manuel. Déjà auteur de l'assist sur le premier but, le Belgo-Angolais de 19 ans passe toute la défense en revue à un quart d'heure du terme et s'en va tromper Sadin pour faire 2-2. Alors que la drache nationale s'invite à la fête, le gardien unioniste sauve les siens dans les arrêts de jeu tandis que sur la phase précédente, toute la tribune 1 hurlait au penalty sans que Monsieur De Naeyer ne bronche. Après les traditionnels chants avec les joueurs, les fans quittent le stade satisfaits du point pris. Si le stade Roi Baudouin ne vaut pas le Parc Duden, l'ambiance était tout de même au rendez-vous et ils seront de retour début septembre pour accueillir l'Antwerp. Du côté du vestiaire unioniste, on préfère voir le côté positif : " Si on avait dit qu'on ferait 5 sur 9 contre ces adversaires, on aurait signé tout de suite ", analyse Sadin. " Mais on a quand même un petit goût de trop peu. On a raté le break à 2-1. Collectivement, on a fait un gros match mais personnellement je suis déçu de mes débuts ici : le premier goal encaissé est pour moi. Comme mes coéquipiers, je n'avais jamais joué dans ce stade. Malgré les tribunes vides, les supporters ont quand même mis l'ambiance. Avec le même nombre de gens au Parc Duden, le stade aurait quasiment été rempli. On ne se sent pas encore chez nous mais d'ici quelques matches, on aura d'autres sensations ". PAR JULES MONNIER - PHOTO KETELS" On ne se sent pas encore chez nous mais d'ici quelques matches, on aura d'autres sensations ". - ANTHONY SADIN