Stefan Everts : " La Citadelle représente beaucoup, pour moi. Gamin, j'assistais aux courses qui s'y disputaient. Joël Robert, Roger De Coster, Eric Geboers y ont écrit des pages d'histoire. J'ai dû attendre dix ans, jusqu'en 1998, avant de pouvoir moi-même rouler à Namur. C'est un de mes parcours préférés car il est technique et difficile. Il faut constamment s'adapter : en forêt, le sol est mouillé, il faut se méfier des racines, puis on roule sur des pavés, sans oublier les virages et les descentes difficiles, sur des chemins parfois étroits. L'ambiance est magique, surtout au Café du Monument : les gens y boivent toute la journée, jusqu'à notre passage. Puis, il y a la dernière montée vers la Citadelle et un dernier petit tour. La grande différence par rapport aux circuits classiques est que nous sommes presque au milieu de la ville, dans un beau cadre. Namur est unique... "
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Stefan Everts : " La Citadelle représente beaucoup, pour moi. Gamin, j'assistais aux courses qui s'y disputaient. Joël Robert, Roger De Coster, Eric Geboers y ont écrit des pages d'histoire. J'ai dû attendre dix ans, jusqu'en 1998, avant de pouvoir moi-même rouler à Namur. C'est un de mes parcours préférés car il est technique et difficile. Il faut constamment s'adapter : en forêt, le sol est mouillé, il faut se méfier des racines, puis on roule sur des pavés, sans oublier les virages et les descentes difficiles, sur des chemins parfois étroits. L'ambiance est magique, surtout au Café du Monument : les gens y boivent toute la journée, jusqu'à notre passage. Puis, il y a la dernière montée vers la Citadelle et un dernier petit tour. La grande différence par rapport aux circuits classiques est que nous sommes presque au milieu de la ville, dans un beau cadre. Namur est unique... " Stefan Everts : Oui. Il y a deux ans, j'ai vécu pareil scénario alors que je pouvais remporter à Namur mon 50e GP. C'était un chiffre magique pour moi, un chiffre qui me permettait d'égaler Joël Robert. J'ai gagné mais les jours précédents ont été pénibles. En trois participations à Namur, j'ai gagné trois fois. J'étais trop focalisé sur cette catégorie. J'ai voulu trop en faire. Certains, comme mon père, ont paniqué : T'es-tu bien entraîné, le moteur est-il bon ? Je voulais montrer ce dont j'étais capable, comme durant ma période dorée, en 1997-1998. Par la suite, j'ai eu un moteur lourd, qui ne me convenait pas, qui manquait de souplesse. J'ai obtenu le titre mondial mais sans en profiter. D'emblée, cette année, je me suis senti bien avec le nouveau moteur Yamaha. J'ai pu de nouveau reculer mes limites. La préparation s'est bien déroulée, ce qui a soulevé l'espoir général, le mien y compris, avec la suite que vous savez. Peut-être. On ne parlait que de cette nouvelle catégorie, rassemblant les grands champions de 250 cc et de 500 cc. L'un réussit d'emblée, l'autre pas, ce qui m'a fait enrager, je l'avoue. Ça m'a fâché car je saurai quand le moment de raccrocher sera venu. Je n'ai que 30 ans. Joël Smets est à son meilleur niveau alors qu'il en a 34. Je dois pouvoir rouler encore trois ou quatre saisons. Je suis dans le milieu depuis longtemps, puisque mon premier titre remonte à 1991, mais je ne suis pas vidé. Chacune constitue une lourde déception. Sur le circuit, on discute de la course, on est dans l'ambiance, on cherche l'origine du problème. Quand on rentre chez soi, c'est comme si on prenait un coup de marteau. Enfin, c'est ce qui fait la beauté du sport : deux jours après, vous préparez la course suivante. Je reste sur cinq victoires. Tout peut aller très vite. Sabine Appelmans m'a confié que ce qui lui pesait maintenant, c'était la régularité de sa vie. J'avais besoin de ça. Il n'y a guère de temps entre les deux courses mais comme ça, je ne me focalise pas sur cette seule manche. La formule a ses avantages : je sais où me placer et attaquer. J'achèverai donc la saison en 125 cc aussi. Je n'ai plus le temps de m'énerver pour le MXGP. Je dois récupérer... Et en 125 cc, je roule sans pression. J'y pensais déjà la saison passée et j'en ai parlé pendant mes négociations avec Yamaha. J'aime ce moteur. Il est idéal pour entretenir sa souplesse. Il faut rouler plus offensivement qu'en MXGP car on a moins de CV. On ne peut trop freiner avant un virage ou dans la boue pour ne pas perdre trop de puissance. Après, sur ma 450 cc 4 temps, j'ai plus de chevaux mais je roule quand même agressivement. Une semaine avant l'Italie, mon patron, Michele Rinaldi, m'a téléphoné : - N'est-ce pas le moment d'essayer en 125 cc ? Il a toujours cru en moi. J'ai discuté le coup avec mon entraîneur, qui a estimé que l'accumulation des courses ne constituerait pas un problème physique. J'ai testé une fois la machine, elle était bien et la première course s'est parfaitement déroulée. C'était super, même si ce n'était pas mon intention. L'Italie était un gros point d'interrogation. Puis j'ai gagné les qualifications et j'ai pensé : -Tiens, demain, je pourrais remporter les deux épreuves ! Vous vous rendez compte : rien en trois journées, puis deux victoires d'un coup ! L'équipe tout entière a revécu. Je veux être le meilleur et battre des records mais peut-être que j'y attacherai moins d'importance dans cinq ans. J'aurai de toute façon une place dans l'histoire grâce à mes prestations et à mon style de conduite. Ce serait unique et je pourrais être tenté. En cinq courses, j'ai gagné quatre fois. Cependant, j'ai 42 points de retard sur Steve Ramon... Il est impossible de refaire ce retard en cinq courses. Seulement en Autriche, parce qu'il s'est accroché. Ce fut une des plus belles courses des cinq dernières années. Il aurait pu gagner au même titre que moi. Cependant, même au début de la saison, j'ai toujours eu le sentiment de pouvoir le battre. Maintenant, il commet des erreurs. Les rôles sont inversés et c'est lui qui est sous pression. N'oublions pas non plus Joël Smets : il n'a que sept points de retard sur moi. On parle trop peu de lui alors qu'il a pratiquement toujours été sur le podium et il ne serait pas le premier champion du monde à n'avoir pas gagné de course. Rien n'est encore joué, pour aucun des trois. J'ai réagi violemment à une man£uvre dangereuse mais en revoyant les images, j'ai réalisé que j'avais moi-même commis une faute. Je me suis excusé. Pichon n'en a pas fait un plat. Il conserve ses distances. En Autriche, il aurait pu crier sur moi mais s'est abstenu. J'admets que c'est mieux ainsi. C'est différent avec Joël : nous sommes compatriotes. L'un déclare quelque chose, la presse pimente la déclaration et c'est parti. Inge Van Meensel" J'aurai une place dans l'histoire grâce à mes prestations et à mon style de conduite "