L uigi Pieroni était sans doute le joueur le plus sollicité de notre deuxième division. Avant de lier son sort à celui de Mouscron pour deux saisons, le jeune avant-centre (22 ans) principautaire fut cité un peu partout. On l'a annoncé au GBA, à Charleroi, en Angleterre. A ce sujet, il précise : " En écoutant mon manager de l'époque, j'ai fait le tour du monde sans jamais quitter le fauteuil du salon. Une semaine, je devais partir pour l'Autriche. Ensuite, on me citait une autre destination. Finalement, rien ne bougeait jamais. Heureusement, Eric Depireux, mon ancien équipier à Liège, m'a conseillé de changer mon fusil d'épaule. Raison pour laquelle j'ai finalement confié mes intérêts à Freddy Luyckx ".
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L uigi Pieroni était sans doute le joueur le plus sollicité de notre deuxième division. Avant de lier son sort à celui de Mouscron pour deux saisons, le jeune avant-centre (22 ans) principautaire fut cité un peu partout. On l'a annoncé au GBA, à Charleroi, en Angleterre. A ce sujet, il précise : " En écoutant mon manager de l'époque, j'ai fait le tour du monde sans jamais quitter le fauteuil du salon. Une semaine, je devais partir pour l'Autriche. Ensuite, on me citait une autre destination. Finalement, rien ne bougeait jamais. Heureusement, Eric Depireux, mon ancien équipier à Liège, m'a conseillé de changer mon fusil d'épaule. Raison pour laquelle j'ai finalement confié mes intérêts à Freddy Luyckx ". En réalité, seul le Standard vint frapper à sa porte. Une proposition en bonne et due forme arriva même au joueur. Celui-ci la trouva peu alléchante. Non pas qu'il s'estime au-dessus du lot. Disons plutôt que Luigi a pesé le pour et le contre d'une conjoncture un rien compliquée : " J'avais connu Daniel Boccar en équipes de jeunes au FC Liégeois. Un jour, il m'a appelé. Goossens et Aarst étaient toujours là. Bangoura et Kimoto arrivaient. Et on évoquait encore l'arrivée de Kaklamanos. Je n'ai pas voulu prendre le risque de me retrouver durant toute la saison en équipe Réserve. D'autant que pour gagner ma vie, il fallait impérativement que je sois titulaire ". L'argent ne constitue pas le vecteur essentiel de la réflexion de Pieroni. Cependant, il existe des moments où il devient primordial de faire bouillir la marmite. On ne le sait malheureusement que trop bien, Liège lui est redevable de plusieurs mois de salaire. Pas simple, donc, de joindre les deux bouts en fin de mois. " Lorsque le dialogue a été noué avec Mouscron, j'ai respiré un grand coup. Immédiatement, l'air du Canonnier m'a ressourcé. Lors de ma première visite, je me suis senti à l'aise. Teklak et Dugardein m'ont salué. Nous avons un peu parlé. J'ai senti que le courant passait bien. Je n'ai pas hésité ". Cet engagement à l'autre bout de la Belgique implique bien sûr de profonds changements pratiques. Pas question de se farcir la navette entre la Cité Ardente et le fief des Hurlus. Pieroni emménagera sur place. Actuellement, il séjourne à l'hôtel avant de prendre possession de l'appartement précédemment occupé par Kubik. L'attaquant puissant et élégant qui a planté 14 buts durant la défunte campagne ne débarquera pas seul. Son amie l'accompagnera. " J'y tenais. J'estime que c'est essentiel pour pouvoir mener une existence saine et équilibrée. Maintenant, j'espère qu'elle ne s'ennuiera pas trop. J'y veillerai "... Voilà pour l'intendance. Il reste maintenant à fourbir ses armes au plan sportif. Entre l'antichambre de l'élite et cette même élite, il existe un fossé. Tout va plus vite et plus fort en première division : " Psychologiquement, je suis prêt " ! Ce n'est rien de le dire. Encore faut-il le prouver. Son humilité plaide incontestablement en sa faveur. Avec, dans l'expression, le sourire de l'enfant qui s'apprête à pousser les portes de Disneyland, Luigi adopte un profil bas. Déterminé, certes, mais bas. " Qui suis-je pour revendiquer quoi que ce soit ? Je n'ai prouvé que peu de choses. A l'Excel, je n'aurai strictement rien à revendiquer. Sinon écouter, apprendre et me battre. J'ai abandonné l'école pour devenir footballeur professionnel. Je sais que c'est peut-être une folie. La crise touche durement le sport et personne ne peut être sûr de son avenir. Cependant, il en va ainsi. Je voulais y arriver. Je ne pensais qu'à ça. D'ailleurs, mon succès mitigé dans les études s'explique en grande partie par cette passion dévorante qui m'habite. J'aime le foot. Je l'adore. Il fallait que je tente l'aventure. A défaut de cela, il m'aurait manqué quelque chose ". Pieroni a de la taille. Une appréciable technique. Le sens du but. Un certain panache également. Par contre, devant lui se dresse un énorme point d'interrogation. " J'ignore à quel niveau je me situe physiquement. Je n'ai jamais été soumis au régime de deux séances quotidiennes. Je suppose que la période initiale risque de s'avérer dure. Je plonge en pleine inconnue. Toutefois, je dispose d'un repère. Je connais bien ChristopheGrégoire puisque nous avons été partenaires. Sa percée m'incite à l'optimisme ". Viendra ensuite l'incontournable période d'adaptation. " Un attaquant demeure tributaire des services que lui adressent les autres joueurs de l'équipe. Eux doivent savoir comment je demande le ballon tandis que je dois savoir comment ils se comportent. Les entraînements et les rencontres amicales sont faits pour ça. Pour apprendre à mieux se connaître. Peaufiner les automatismes. Apprendre à se trouver vite et bien ". Ce n'est pas tout. Une autre force, peut-être bien plus puissante, le poussera à aller de l'avant. A oublier le souffle court. A faire fi des douleurs musculaires. Il s'agit de la reconnaissance. " Sans l'aide de mon père, je ne serais rien. Depuis mon plus jeune âge, il me suit. Prend place à mes cotés. Me conseille. De manière parfois critique, mais toujours juste. Quand j'ai entendu son bonheur au moment où je lui ai annoncé au téléphone que je venais de signer à Mouscron, je me suis dit que je devais réussir pour lui. Il le mérite ". " J'ai abandonné l'école pour le foot : je dois réussir "