1 Ton Cameroun est déjà qualifié pour la CAN 2019 puisqu'il l'organisera. Tu es donc tranquille ? Aucune pression ?

Pas de pression au Cameroun ? Mais ça ne va pas, non ? (Il éclate de rire). Dans ce pays, la pression est partout et tout le temps. L'équipe est qualifiée d'office, mais on va quand même jouer dans une poule éliminatoire. Nos résultats ne compteront pas mais je sais ce que j'ai à faire : terminer en tête. On commence en juin contre le Maroc et je sais déjà que si on ne gagne pas ce match, ça deviendra chaud. Je ne dis pas que je serais viré, parce que j'ai quand même accumulé pas mal de crédit en gagnant la CAN, mais ce crédit, c'est de la neige au soleil ! Il peut fondre et disparaître en un m...

Pas de pression au Cameroun ? Mais ça ne va pas, non ? (Il éclate de rire). Dans ce pays, la pression est partout et tout le temps. L'équipe est qualifiée d'office, mais on va quand même jouer dans une poule éliminatoire. Nos résultats ne compteront pas mais je sais ce que j'ai à faire : terminer en tête. On commence en juin contre le Maroc et je sais déjà que si on ne gagne pas ce match, ça deviendra chaud. Je ne dis pas que je serais viré, parce que j'ai quand même accumulé pas mal de crédit en gagnant la CAN, mais ce crédit, c'est de la neige au soleil ! Il peut fondre et disparaître en un minimum de temps. Parce qu'au Cameroun, la patience, c'est un mot qu'on ne connaît pas. Cette Coupe des Confédérations, c'est le meilleur test pour nous, une façon de savoir ce qu'on vaut dès le moment où on quitte l'Afrique. Mais j'ai déjà prévenu tout le monde au Cameroun : on ne va pas gagner le tournoi. Il ne faut pas rêver. Contre l'Australie, on peut toujours faire un bon résultat. Les Allemands, c'est autre chose, ils sont champions du monde en titre... Et le Chili est champion d'Amérique du Sud, hein ! Sur un match, on peut toujours réussir des grandes choses. Mais on a moins de qualités que l'Allemagne et le Chili, c'est clair. Je pense qu'on peut finir à la quatrième ou à la cinquième place de cette Coupe des Confédérations. Pas plus bas. Mais pas plus haut non plus. Attention, je ne me suis excusé ni devant la Fédération, ni devant le président du Cameroun ! Que ce soit clair. Je me suis excusé au peuple parce qu'il s'est senti humilié par cette défaite, et je ne voulais pas humilier les Camerounais. J'ai expliqué que les problèmes venaient à nouveau d'un manque de professionnalisme. C'est malheureux parce qu'au moment de la CAN, je n'ai plus rien eu à redire sur l'organisation. Mais deux mois plus tard, c'est reparti. Et je ne peux pas garantir que des situations pareilles ne vont plus se reproduire. Oui. Et il y en a eu d'autres. Je suis un homme libre, j'ai le droit de discuter avec qui je veux. Mais il n'y a rien eu de vraiment concret. Dans certains cas, ça s'est limité à un coup de fil. Dans d'autres, on a discuté un peu plus. Je dois penser à mon avenir, mon contrat avec le Cameroun se termine en février 2018. Je ne sais pas du tout si je serai toujours en poste pour la CAN 2019. Avec la fédé camerounaise aussi, j'ai discuté d'une prolongation éventuelle, mais là encore, ce n'était pas très concret. Mes chances d'être toujours à mon poste en début d'année 2019, c'est 50/50. Aucun. Il y a eu tout un temps où l'absence d'intérêt belge pour moi me surprenait, me fâchait, me frustrait. Mais j'ai passé cette phase entre-temps. Si ça ne change même pas après ma victoire à la CAN, ça veut sûrement dire que Broos est un mauvais entraîneur pour le championnat de Belgique. Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? PIERRE DANVOYE" Je ne me suis excusé ni devant la Fédération, ni devant le président du Cameroun. Je me suis excusé devant le peuple. " HUGO BROOS