Charleroi est passé près de l'exploit à Anderlecht ?

Ce n'est malheureusement pas la première fois, cette saison, que les Zèbres perdent une ou deux unités en toute fin de rencontre. S'ils doivent s'en mordre les doigts face à des concurrents directs, la portée de ce gaspillage n'est pas du tout la même au Parc Astrid. Au contraire, je crois que les hommes de Robert Waseige doivent puiser dans ce revers de réelles raisons d'espérer. Car s'ils font preuve, à la fois, du même esprit de corps et d'entreprise jusqu'à la fin de cette campagne, c'est sûr qu'ils échapperont à la relégation. Je me demande même si, défaits, ils n'ont pas infligé un uppercut décisif aux deux formations en ballottage défavorable : Heusden-Zolder et l'Antwerp qui, face à des opposants de moindre valeur que les futurs champions, ont réalisé une mauvaise affaire tout en offrant un jeu ...

Ce n'est malheureusement pas la première fois, cette saison, que les Zèbres perdent une ou deux unités en toute fin de rencontre. S'ils doivent s'en mordre les doigts face à des concurrents directs, la portée de ce gaspillage n'est pas du tout la même au Parc Astrid. Au contraire, je crois que les hommes de Robert Waseige doivent puiser dans ce revers de réelles raisons d'espérer. Car s'ils font preuve, à la fois, du même esprit de corps et d'entreprise jusqu'à la fin de cette campagne, c'est sûr qu'ils échapperont à la relégation. Je me demande même si, défaits, ils n'ont pas infligé un uppercut décisif aux deux formations en ballottage défavorable : Heusden-Zolder et l'Antwerp qui, face à des opposants de moindre valeur que les futurs champions, ont réalisé une mauvaise affaire tout en offrant un jeu de piètre qualité par rapport à celui des Zèbres. Ce match n'était pas sans présenter de similitudes avec celui que le Sporting avait disputé contre le Rapid Bucarest, en préliminaires de la Ligue des Champions, l'été passé. Ce jour-là, qu'on s'en souvienne, les Mauves avaient rejoint les vestiaires avec un passif de deux buts avant de renverser la vapeur en deuxième mi-temps et de s'imposer sur le fil, 3-2, comme samedi dernier. A l'époque, l'entraîneur, Hugo Broos avait modifié complètement ses batteries à la pause, en lançant Pär Zetterberg dans la bagarre au côté de Walter Baseggio et en faisant monter le Suédois Christian Wilhelmsson sur l'aile droite. Comme par hasard, le même artifice a porté ses fruits face aux Zèbres, à cette nuance près que, dans ce contexte-ci, c'est le Clabecquois qui se trouvait, au départ, sur le banc. La question que je me pose est pourquoi le coach anderlechtois n'a pas procédé à ces changements dès la reprise. Auquel cas, ses troupes n'auraient jamais dû attendre la 89e minute pour se mettre à l'abri. Une fois de plus, la preuve est faite que le 3-5-2 peut être parfaitement payant à domicile avec un triangle central formé de Pär Zetterberg, Walter Baseggio et ce remarquable infiltreur qu'est Oleg Iachtchouk. Si l'on y ajoute Martin Kolar et Chistian Wilhelmsson sur les flancs, il y a là de quoi jouer un pressing très haut qui asphyxie inévitablement l'adversaire, comme les Mauves l'ont prouvé pendant les 45 dernières minutes. Puisque le potentiel est là, pourquoi donc priver le public d'un même régal durant la première mi-temps ? Bucarest d'abord, en Coupe d'Europe et Charleroi, à présent, dans le cadre du championnat : Hugo Broos a-t-il enfin compris ? Au vu de ce que ce jeune garçon a montré à l'occasion de son maiden match contre Charleroi, je me fais deux réflexions : la première, c'est que le Sporting, et Franky Vercauteren en particulier, fournissent manifestement un remarquable travail avec la jeune classe. La deuxième, c'est qu'il est regrettable, lorsqu'on possède des jeunes de ce calibre, de transférer des footballeurs comme Michal Zewlakow, la saison passée, ou Mark Hendrikx, auparavant, qui n'ont manifestement pas la pointure pour évoluer à Anderlecht. Comme l'a dit Olivier Deschacht dans vos colonnes, cette mauvaise habitude d'aller chercher ailleurs ce qu'on a sous la main est de l'argent stupidement dépensé. Ce timing est très mal choisi. Tout d'abord, il a dû mettre particulièrement dans l'embarras le gardien de Gand, contre qui les Rouches jouaient, précisément, le week-end passé. Et il n'aura pas fait non plus que des heureux du côté de Mouscron et de Genk, deux clubs qui, comme le Standard, visent une qualification européenne. Sans compter qu'au sein même du noyau liégeois, les éléments concernés par cette possible concurrence doivent la trouver saumâtre. J'ose espérer pour elle que la direction ne se mordra pas les doigts d'avoir annoncé la couleur trop tôt. Le Club s'est installé à la deuxième place et ne devrait plus la lâcher. D'autant plus qu'il aura l'avantage d'accueillir le Standard le mois prochain. Au risque de me tromper, j'ai bel et bien l'impression que les Rouches devront se contenter de l'UEFA.n Propos recueillis par Bruno Govers