Toutes ces histoires de hors-jeu me mettent hors de moi, et j'en profite pour redire à Stéphane Pauwels que les arbitres sont bien moins critiquables que les lois du jeu sur lesquelles les vieux du Board les invitent à s'appuyer : s'appuyer pour se péter la tronche plus souvent qu'à leur tour, et rester depuis des décennies les dindons de la farce comme s'ils chérissaient ça, comme s'ils avaient besoin de vindicte populaire autant que moi de chocolat. On ne peut pas aimer l'arbitrage sans aimer la souffrance, l'opprobre, l'autoflagellation, le chemin de croix. D'accord, quand tu arrives au niveau de Frank De Bleeckere et des autres, s'amènent le fric, la gloriole, les médias, la compensation. Mais pour continuer à siffler durant des années dans les tréfonds compétiteurs, faut de la folie ou de la sainteté...
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Toutes ces histoires de hors-jeu me mettent hors de moi, et j'en profite pour redire à Stéphane Pauwels que les arbitres sont bien moins critiquables que les lois du jeu sur lesquelles les vieux du Board les invitent à s'appuyer : s'appuyer pour se péter la tronche plus souvent qu'à leur tour, et rester depuis des décennies les dindons de la farce comme s'ils chérissaient ça, comme s'ils avaient besoin de vindicte populaire autant que moi de chocolat. On ne peut pas aimer l'arbitrage sans aimer la souffrance, l'opprobre, l'autoflagellation, le chemin de croix. D'accord, quand tu arrives au niveau de Frank De Bleeckere et des autres, s'amènent le fric, la gloriole, les médias, la compensation. Mais pour continuer à siffler durant des années dans les tréfonds compétiteurs, faut de la folie ou de la sainteté... Mon irritation d'aujourd'hui est très basique, elle ne concerne même pas les subtilités et controverses des hors-jeu soit disant passifs ou de position. Je gloserai simplement sur le thème : quand tu pars au but limite hors-jeu sur une passe en profondeur, que signifie en fin de compte être sur la même ligne que le dernier défenseur ? Faut d'abord rappeler le changement intervenu en 1990 : jusqu'alors, l'attaquant était hors-jeu quand il était plus haut ou sur la même ligne ; ça voulait dire que l'attaquant devait être un rien plus bas que le défenseur au moment de la passe, et que les uns comme les autres gueulaient quand c'était limite en leur défaveur. Puis en 1990, les penseurs du Board ont décidé que l'attaquant sur la même ligne ne serait plus hors-jeu. Ça ne pouvait évidemment rien changer aux gueulantes des cas limites toujours aussi nombreux, mais le but premier n'était pas là : éminemment louable dans une perspective de spectacle, l'espoir était que désormais, le doute profite à l'attaquant et qu'en conséquence, les marquoirs tressaillent davantage... Espoir déçu. En 15 ans, seule la polémique a augmenté. Car les télés se sont multipliées avec leurs multitudes d'arrêts sur image qui disent le plus souvent, en situation de controverse, que les silhouettes du défenseur et de l'attaquant sont grosso modo sur la même ligne, et que l'arbitre siffle hors-jeu dans grosso modo 50 % des cas, laissant l'action se poursuivre lors des 50 autres. Qui attestent que le doute profite tout autant au défenseur, que la modification de 1990 n'a pas amené davantage d'attaquants à tagadagader impunis jusqu'au face-à-face avec le gardien, et qu'évidemment la moyenne de buts marqués n'a pas augmenté d'un poil de zizi de mouche. Si bien qu'en 2005, les illuminés du Board se sont fendus d'une illumination supplémentaire. Alors qu'ils s'en étaient passé durant un siècle, ils ont entrepris de préciser quelles parties du corps entraient en lice pour départager attaquant et défenseur, je cite le texte saint : L'expression " plus près de la ligne de but adverse " signifie que n'importe quelle partie de la tête, du corps ou des pieds du joueur est plus près de la ligne de but adverse qu'à la fois le ballon et l'avant-dernier défenseur. Les bras ne sont pas inclus dans la définition. On croit rêver devant tant de bêtise, on ne rêve pas. D'un côté, le Board refuse l'appoint des images télévisées. De l'autre, il exige de ses arbitres de touche une réaction au quart de tour pour lever le drapeau ou pas, selon que le bout du nez de l'attaquant qui démarre est, ou n'est pas, plus près du but adverse que le bout du cul du dernier défenseur ! Sans oublier que le nez de l'un peut être en retrait de son genou, ou que le cul de l'autre peut être en avant de son talon ! Arrêtons. Un linesman normalement constitué, même champion d'acuité visuelle, ne peut juger que des silhouettes grosso modo sur la même ligne ; et un linesman ambitionnant d'appliquer à la lettre le texte ci-dessus est un maso pur et dur ! Quant à l'attaquant, si rusé et attentif soit-il lorsqu'il appelle le ballon, tout au plus peut-il faire gaffe à l'alignement de ses pieds par rapport à ceux du dernier défenseur,... faut quand même pas lui demander en plus de démarrer buste en arrière et menton vers le ciel ! En matière de hors-jeu, je me demande si nous ne fêtons pas cette année le centenaire de la dernière modification de règlement intelligente : c'est en 1907 en effet que les jeunes technocrates du Board d'alors décidèrent qu'un joueur ne serait plus hors-jeu dans son propre camp. Le saviez-vous ? Et vous imaginez-vous l'ampleur du bordel si cette règle ancestrale était toujours d'application ? par bernard jeunejean