Après une carrière de joueur longue de 19 années en D1 et une dernière en D2, l'une des figures emblématiques du basket belge est devenue coach. Ronny Bayer fut longtemps l'un des joueurs emblématiques du basket belge. Sous le maillot de Merksem, de Malines, d'Ostende, de Mons et enfin d'Alost, il a engrangé un total de quatre titres, six coupes, 87 sélections en équipe nationale, un titre de Joueur de l'Année en 1990 et deux sélections dans l'équipe européenne.
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Après une carrière de joueur longue de 19 années en D1 et une dernière en D2, l'une des figures emblématiques du basket belge est devenue coach. Ronny Bayer fut longtemps l'un des joueurs emblématiques du basket belge. Sous le maillot de Merksem, de Malines, d'Ostende, de Mons et enfin d'Alost, il a engrangé un total de quatre titres, six coupes, 87 sélections en équipe nationale, un titre de Joueur de l'Année en 1990 et deux sélections dans l'équipe européenne. D'abord, mon dos me faisait souffrir. Ensuite, Alost ne voulait pas monter. La seule façon d'éviter la montée était de... perdre les quatre dernières rencontres. Ce que nous avons fait... sans moi. D'une certaine manière, je le regrette, car cela m'aurait permis de terminer ma carrière sur un titre. J'avais été contacté par Anvers, pour y poursuivre ma carrière de joueur mais j'ai pu y exposer mes idées et les dirigeants anversois m'ont proposé un contrat d'entraîneur. Il fallait recommencer de zéro, en privilégiant les jeunes du cru. Deux bons Américains me suffisent, dans une équipe à 80 % belge, où la priorité est de construire. Je n'ai pas besoin de joueurs européens, sauf s'ils apportent réellement une plus-value. Mais, quels sont ceux que l'on peut cataloguer dans cette catégorie, depuis que les frontières se sont ouvertes ? Roger Huggins, d'accord. Virginius Praskevicius, aussi. C'est tout. Il n'y a plus que dix équipes en D1. Chacune possède deux Américains : cela fait 20 joueurs. Il reste donc de la place pour 80 joueurs. La moitié d'entre eux, au moins, sont étrangers. Il y a donc encore, au maximum, 40 joueurs belges parmi l'élite. Je trouve cela triste. Comment voulez-vous former une équipe nationale de cette manière ? En 1993, je me suis gravement blessé au genou. Avant cet instant fatal, j'étais un joueur explosif, qui traversait les murs. Je jouais à l'intuition. Ces ennuis physiques ont tout changé. J'ai dû compenser ma perte d'explosivité en modifiant mon style de jeu. Je suis davantage devenu un leader : le prolongement du coach sur le terrain. Ce n'est pas un hasard si beaucoup d'entraîneurs, dans le monde, sont d'anciens distributeurs. Mes anciens coaches, dont Ton Boot et Dirk Bauerman, ont aussi vu en moi un futur coach. Ils m'ont prêté des livres. J'ai commencé à prendre des notes et je les ai conservées. Je savais qu'elles me serviraient un jour. Je craignais même que ce soit plus tôt que prévu. Heureusement, j'ai encore pu réaliser un beau parcours après cette blessure. J'ai passé un été très chargé. J'ai composé mon équipe, préparé un schéma d'entraînements, discuté avec la direction et les joueurs, élaboré des systèmes. Un joueur s'entraîne deux heures le matin, se repose, et revient à l'entraînement en fin d'après-midi. Un entraîneur est occupé de sept heures du matin à onze heures du soir. Mais c'est un travail qui me plaît. J'ai vécu toute ma vie dans le milieu du basket, je n'aurais pas pu le quitter. Ton Boot m'a marqué. C'est l'entraîneur qui a eu le plus d'influence sur moi mais mes entraînements ne sont pas une copie conforme des siens, loin de là. L'avantage que j'ai, c'est d'avoir moi-même vécu toutes les situations par lesquelles passent les joueurs. Je peux me mettre à leur place. Je sais qu'un joueur de 2m00 et 110 kilos n'est pas fait pour courir 40 minutes dans les bois. Je sais aussi qu'un " petit " doit être explosif et, donc, sprinter. J'adapte les entraînements en fonction de l'état de fatigue, physique ou mentale, que je ressens chez les joueurs. Et je ne pénètre jamais dans les vestiaires. C'est un endroit sacré, réservé aux joueurs. Les joueurs peuvent y lâcher ce qu'ils ont sur le c£ur, en toute intimité. Y compris des insanités envers le... coach ! Ils le traitent de fou, de con, d'enfoiré et que sais-je encore. C'est... bien ! S'ils râlent, cela signifie qu'ils se sentent concernés. Un coach ne doit pas se placer au-dessus de tout le monde, il doit parfois être à l'écoute de ses joueurs. Un jour, après un match à Tournai, cela a éclaté entre Yves Defraigne, le coach de Mons, et moi. Depuis lors, nous ne nous parlons plus. Pourtant, je suis encore parvenu à convaincre Jean-Marc Jaumin de rejoindre Mons. Nos épouses respectives sont très amies et j'ai pu l'influencer. Malgré mon différent avec le coach, je n'ai donc jamais agi contre l'intérêt du club. Il faut essayer de ne pas céder à la pression si on veut jouer avec des Belges. Yves Defraigne a cédé et je le regrette. Lors des premiers contacts que j'avais eus avec lui, il avait aussi en tête de limiter son recrutement d'étrangers à deux Américains et deux communautaires. Aujourd'hui, il n'y a plus que deux... Belges à Mons. J'essayerai de ne pas céder. Anvers ne vise pas le titre. Le seul objectif est de faire mieux que la saison dernière, avec des moyens encore plus limités. Il faut être patient, travailler sur le long terme. Dans le championnat de Belgique, cinq équipes peuvent viser le sommet : Charleroi, Ostende, Mons, Pepinster et Liège. Les cinq autres auront des ambitions plus limitées. Il faudra essayer de battre ces équipes-là et de forger l'un ou l'autre exploit, à domicile, contre un ténor. L'avantage d'une D1 réduite à dix clubs est qu'avec cinq équipes sur dix qui visent les premières places, on a la certitude qu'un match sur deux est un match au sommet. Il faudra du souffle pour jouer 36 matches. La différence de moyens entre les équipes du top et les autres est une réalité. Mais, si l'on considère que l'équipe nationale est le baromètre d'une nation, il faut également admettre que le basket belge est malade. Les Lions n'ont plus rien fait de valable depuis 1993. Combien de joueurs belges, hormis Eric Struelens, ont-ils réellement réussi à l'étranger ? Le staff actuel de l'équipe nationale a de beaux projets. Je suis entièrement derrière Giovanni Bozzi lorsqu'il veut reconstruire avec des jeunes mais pourquoi Jacques Stas a-t-il joué les trois matches du tournoi de Liège, alors que des joueurs comme Dimitri Lauwers ou Hugo Sterk ont parfois dû rester en civil. A 34 ans, il a déjà affronté la France et la Croatie à maintes reprises. Ce sont les néophytes qui ont besoin de contacts internationaux, pas lui. Il paraît qu'il n'y a pas d'argent à la fédération mais quelque chose m'échappe : la fédération de basket est la troisième fédération sportive belge, mais il n'y a jamais d'argent pour organiser des événements. On en trouve seulement pour organiser des réunions ou un Congrès de la FIBA à Ostende. Je comprends mal, aussi, la décision de confier la direction des rencontres à trois arbitres dès cette saison. La Belgique sera le seul pays au monde dans ce cas. Pour les compétitions organisées par la FIBA, on n'y viendra qu'en 2004. Notre nation, enfin à la pointe du progrès ? Quel progrès ? Pour que le système fonctionne, il a fallu faire monter de catégorie des arbitres qui sifflaient en D2. Voyez-vous un arbitre de D2 siffler un Charleroi-Ostende ? Bonne chance à lui. Et puis, était-ce bien nécessaire ? Trois arbitres pour dix joueurs, cela fait un arbitre pour trois joueurs et demi ! On aurait mieux fait de trouver les moyens pour leur offrir un statut professionnel, ou semi-professionnel, comme en Italie ou en Espagne. " Il y a encore, au maximum, 40 joueurs belges parmi l'élite : c'est triste "