Le tour final de D2 a débuté samedi. Sur la ligne de départ de ce mini-championnat qui prendra fin le jeudi 31 mai: Turnhout, Geel, le RWDM et l'AEC Mons. La première journée offrait déjà au menu le choc entre les deux favoris. Après avoir mené par 2-0 à vingt minutes de la fin, le Turnhout de Stéphane Demol n'a rien pu faire contre l'enthousiasme des jeunes Molenbeekois dans le sprint final. Le 2-2 profite davantage aux Bruxellois qui recevront, demain, Mons. En cas de succès, le RWDM pourrait rêver à un come-back en D1 trois ans après avoir culbuté.
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Le tour final de D2 a débuté samedi. Sur la ligne de départ de ce mini-championnat qui prendra fin le jeudi 31 mai: Turnhout, Geel, le RWDM et l'AEC Mons. La première journée offrait déjà au menu le choc entre les deux favoris. Après avoir mené par 2-0 à vingt minutes de la fin, le Turnhout de Stéphane Demol n'a rien pu faire contre l'enthousiasme des jeunes Molenbeekois dans le sprint final. Le 2-2 profite davantage aux Bruxellois qui recevront, demain, Mons. En cas de succès, le RWDM pourrait rêver à un come-back en D1 trois ans après avoir culbuté. "Nous avons rencontré le Turnhout que nous connaissions", affirme Jonathan Butera, le médian du RWDM. "Du talent et de l'expérience. Lorque nous avons été menés, notre force de caractère a pris le dessus. Revenir au score en vingt minutes, cela prouve que nous sommes bien dans la tête. Nous avons raflé un stimulant psychologique". Dans l'autre rencontre, Mons, l'invité-surprise de dernière minute, n'a pas pu maîtriser ses nerfs. Geel, visiblement bien préparé pour ce championnat miniature, en a profité pour ramener un succès qui vaut de l'or car conquis à l'extérieur. Ni le RWDM ni Mons n'ont eu l'occasion de préparer cette compétition. En effet, les deux équipes ont dû trimer jusqu'à l'ultime journée de championnat pour se glisser dans le carré d'as. Chez les Bruxellois, l'approche a même été secouée puisque la direction, paniquée à l'idée de louper pour la troisième fois d'affilée l'ascenseur vers l'élite, a sacrifié Ariel Jacobs à quatre matches de la fin de la phase initiale. "Il faut bien reconnaître que cela a provoqué sinon un déclic, en tout cas une prise de conscience collective", avoue Jonathan Butera, présent depuis quinze ans au RWDM. "Certains joueurs ont retrouvé une confiance qui s'était effilochée au fil des mois. D'autres ont compris que l'entraîneur prenait la porte mais qu'ils pourraient bientôt suivre. Patrick Thairet a également remixé le système de jeu afin qu'il soit plus offensif. La direction nous a clairement fait comprendre que la D1 constituait l'objectif de la fin de saison. Tous les joueurs ont été mis devant leurs responsabilités. Ce n'est probablement pas un hasard si le RWDM, que l'on vilipende souvent pour ses problèmes financiers récurrents, a été le premier club de D2 à décrocher la fameuse licence. C'est que l'ambition est bien présente. Le président nous a d'ailleurs promis avant le début du tour final des primes de match et une belle prime de montée". Le RWDM en D1.... Depuis trois ans et une relégation encaissée pour un petit point, c'est devenu un leitmotiv avec l'inévitable pression qui l'accompagne. Ces deux dernières années, les Bruxellois ont raté d'un fifrelin une qualification pour le tour final."Paradoxalement, c'est l'année où l'on s'y attend le moins que nous y sommes", affirme le médian bruxellois. La première saison, il y avait eu un clash au milieu de la saison -NDLA: lors du remplacement de Guy Vandersmissen par Ariel Jacobs - mais la grosse déception eut lieu l'an dernier. Nous avions tout en mains pour y arriver mais un piètre 1 sur 9 final nous a coûté cher. Ici, en début de saison, personne n'aurait imaginé un tel résultat mais nous y avons cru". Si le RWDM s'étonne de participer au tour final, que doit-on penser à l'AEC Mons? L'équipe coachée par Thierry Pister provient en droite ligne de la D3 dont elle s'est extraite à l'issue d'un incroyable test-match contre Heusden, joué à... Molenbeek. Sans en avoir l'air, les Dragons ont disputé une saison crescendo. Avec un maintien rapidement dans la poche et des ambitions qui ont grandi au fil des semaines. "L'ambition originelle était de ne pas être confronté à la lutte pour le maintien", avoue Mustapha Douai, l'arrière central de Mons. "En D3, nous développions déjà un jeu davantage basé sur la circulation de balle que sur le physique. Cela nous coûtait d'ailleurs de temps à autre des points à l'étage inférieur. En D2, nous nous sentions déjà plus dans notre élément. D'autant que le club a consenti des efforts pour renforcer le noyau. Le tour final constitue pour Mons la cerise sur le gâteau mais ne croyez surtout pas que nous y sommes seulement pour faire de la figuration. Il n'y a aucune raison de le laisser filer. Le président Maurice Lafosse a effectué une petite visite lors du dernier entraînement qui précédait le début de la compétition. Il nous a dit d'y aller à fond, que le club était prêt à effectuer le saut". Deux montées consécutives en trois ans. Mons n'a pas froid aux yeux même si quelques exemples navrants pourraient refroidir leur enthousiasme. Comme l'aventure vécue il y quelques années par Ostende. "De toute manière, je n'ai pas besoin de dix renforts si nous montons en D1", affirme Thierry Pister. "La qualité est déjà présente dans mon groupe. Pour l'heure, de nombreux contacts ont été pris. Il y aura, quoi qu'il arrive, trois renforts. Des éléments capables de jouer soit le top de la D2 soit en D1". Pour gagner un tour final, il faut non seulement du talent, un peu de chance mais aussi soigner la récupération. Turnhout, Geel et le RWDM s'entraînent sous le régime de véritables professionnels. Ce qui n'est pas le cas de Mons où la moitié de l'équipe dispose d'un travail complémentaire. "Notre capitaine, Dimitri Mercier, est jardinier indépendant", dit Douai. "Il lui est pratiquement impossible d'aller en congé à cette époque de l'année. Moi, je travaille à la Ville de Mons. Ce n'est pas harassant. Néanmoins, l'entraîneur a fortement insisté sur ce phénomène de la récupération. La semaine dernière, nous avons tous effectué une prise de sang pour savoir où nous en étions. Il a demandé que nous prenions quand même quelques jours de repos supplémentaires. Au lendemain du match au RWDM, j'ai donc pris un jour de congé". Le tour final n'est pas une compétition comme une autre. Primo, elle a lieu à l'issue d'un championnat où les organismes ont déjà puisé dans leurs réserves. Secundo, des impératifs locaux jouent souvent un rôle essentiel. Qui veut monter, qui ne veut pas monter? Les résultats obtenus contre ces mêmes adversaires dans la phase initiale ne peuvent dès lors pas être considérés comme de véritables références. Dans le cas contraire, le Turnhout de Stéphane Demol n'aurait même pas à disputer ce tour final tant son statut de favori est évident auprès de ses concurrents."A domicile, c'est en tout cas l'équipe qui m'a laissé la meilleure impression", avoue Jonathan Butera. "Une belle force de frappe offensive et de l'expérience à revendre. Néanmoins, l'équipe qui pourrait surprendre s'appelle... Mons. A l'aller, elle ne m'avait pas tapé dans l'oeil mais, récemment lors du retour, j'ai été épaté par son jeu et son enthousiasme. Cette équipe a le vent dans les voiles et pourrait venir griller tout le monde". Mustapha Douai ne demande qu'à le croire même s'il mise a priori aussi sur Turnhout : "Disons que nos trois adversaires avaient été impressionnants dans leurs installations mais beaucoup moins au stade Tondreau. Cet avantage du terrain va donc devoir être bouleversé. Nous possédons peut-être un léger avantage: nous disputons deux de nos trois premiers matches à domicile". Si Lommel a pu longuement se préparer à son come-back en D1, il n'en est rien des quatre participants au tour final. Personne n'a oublié les difficultés de La Louvière. Victorieux du tour final en surclassement, le club n'avait pas réellement effectué des transferts en fonction de cette montée. Il a fallu colmater les nombreuses brèches en cours de saison. Tant au RWDM qu'à Mons, rien ne filtre concernant les renforts ni les départs d'ailleurs. Car il est évident que certains éléments resteront à quai en cas de montée en D1. "Tous les joueurs sont passés chez le manager sportif Freddy Smets", affirme Jonathan Butera, le Molenbeekois. "Je sais que le club travaille en coulisses. Pour l'heure, seule l'arrivée, ou plutôt le retour d' Edwin Van Ankeren a été actée. Le discours a été limpide: si le RWDM monte en D1, il aura une équipe pour se maintenir. S'il ne monte pas, il aura une formation compétitive pour viser le titre en D2 la saison prochaine". Tant au RWDM qu'à Mons, l'expérience de l'élite n'est pas une qualité première. Peu de joueurs ont goûté à la D1. Ou si peu. Nos deux interlocteurs du jour y ont touché du bout des studs."J'ai dû débuter cinq ou six matches avec le Sporting de Charleroi", calcule Douai. "Plus une dizaine d'entrées au jeu. Lorsque j'ai reculé pour Mons, c'était avec l'envie, l'ambition de revenir en D1. A l'époque, j'avais le choix entre Mons et La Louvière. Si j'avais opté pour les Loups, je serais déjà en D1. Néanmoins, les Montois avaient clairement affiché leurs ambitions et, jusqu'à présent, elles se sont concrétisées. Il y a quatre ans, j'étais trop jeune, trop tendre pour m'imposer en D1. A l'entraînement, tout allait bien mais, une fois en match, j'étais paralysé par le stress. Si je n'ai pas réussi, c'est un peu à cause de moi mais aussi des circonstances. Aujourd'hui, je suis plus mûr et prêt à revenir. A 25 ans, j'ai davantage d'atouts en mains". Dire que Jonathan Butera dispose d'une expérience en D1 serait exagéré. Il y a joué en tout et pour tout une mi-temps plus 30 minutes lors du match d'adieu des Bruxellois. Il y avait remplacé le jubilaire Guy Vandersmissen. "Moi, je me suis toujours senti bien au RWDM. J'ai vu beaucoup de jeunes joueurs d'ici partir vers des clubs de D1 mais ne pas y jouer. Je ne suis pas obnubilé par l'élite. A mon âge, je veux jouer. Mieux vaut disputer chaque année le top 5 en D2 que le championnat Réserves de D1. Cela fait quinze ans que je suis au RWDM. Je suis habitué à ce qui s'y passe".Jean-Marc Ghéraille