On le surnomme Detrem ! Un peu à la façon d'un préfet de collège dont on veut soit narguer l'autoritarisme soit lui conférer une approche un peu plus familière. D'ailleurs, Detremmerie invite souvent ses collaborateurs les plus intimes à l'appeler tout simplement Jean-Pierre. Très peu osent accéder à son souhait que je crois pourtant sincère. Mais l'abord du personnage impose en premier lieu du respect sinon de la distance et n'invite guère à la familiarité.
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On le surnomme Detrem ! Un peu à la façon d'un préfet de collège dont on veut soit narguer l'autoritarisme soit lui conférer une approche un peu plus familière. D'ailleurs, Detremmerie invite souvent ses collaborateurs les plus intimes à l'appeler tout simplement Jean-Pierre. Très peu osent accéder à son souhait que je crois pourtant sincère. Mais l'abord du personnage impose en premier lieu du respect sinon de la distance et n'invite guère à la familiarité. Car bien que plébiscité partout, Jean-Pierre Detremmerie n'est pas quelqu'un de populaire au sens chaleureux ou populiste du terme. Capable de redoutables guindailles dans un passé pas si lointain, il est évidemment connu et reconnu ! N'est-il pas, depuis plusieurs décennies, l'incontournable animateur de toute l'activité économique, sociale, sportive et culturelle de sa ville et de sa région ? Il aurait pu et dû être ministre. Sans doute a- t-il préféré être premier dans son village que second à Rome ! Président supporter à 200 %, il en a toutes les qualités et tous les défauts ! Il ne souffre guère la contestation. Ses menaces de démissions sont récurrentes. Il est, dans son club, à l'image de ce qu'il est dans sa vie publique et politique : un homme de tous les excèset surtout de tous les contrastes ! Fondamentalement généreux et presque sacerdotal dans sa mission de" président-ex-deputé-bourgmestre ", il n'en est pas moins un despote éclairé capable d'une injustice et d'un mauvaise foi crasse vis-à-vis de ceux qu'il soupçonne de trahison ! Là, sa notion de la charité chrétienne se volatilise à tous les coups... Et comme il veut tout contrôler, il est constamment sur ses gardes et donc en proie à une parano permanente à la limite du raisonnable. La presse du coin en sait quelque chose. Puissant, il s'est remarquablement servi de son pouvoir politique et économique pour irriguer positivement son club. L'émergence de Mouscron au firmament de la D1 fut aussi fulgurante que spectaculaire. Sur la plan de la compétition d'abord ! Et celui des infrastructures ensuite. Dans le Gault et Millau des clubs de foot belges, Mouscron mérite assurément quelques étoiles et vaut le voyage ! Son centre de formation est unique en Belgique. L'adaptation du stade aux normes de la D1 fut une réussite totale. Et ce qui ne gâte rien, le bon goût y est omniprésent tant dans l'architecture que dans la décoration. Le problème est que tout cela repose sur ses seules épaules. Dans sa conception despotique du pouvoir, il fait le vide autour de lui. C'est le danger. Il a des collaborateurs privilégiés certes, mais on ne lui connaît aucun successeur potentiel. Son entourage aussi bien au club qu'à la commune û ce sont souvent les mêmes û redoute l'accroc de santé... " Pourvu qu'il ne lui arrive rien ! Ce serait la cata ". D'autant que comme tout visionnaire, il a toujours " une idée à l'avance ". Impossible de le suivre, vous le croyez avec vous... il ne vous écoute plus. Il est déjà ailleurs ! Mais comme beaucoup d'autres dirigeants, l'omnipotent président des Hurlus se retrouve démuni face à la gestion sportive de son club. Alors, il fait appel aux " professionnels " ! Ceux-là mêmes dont les intérêts personnels ne rejoignent pas toujours nécessairement ceux du club. Je peux me tromper mais j'ai le sentiment que Monsieur le Président Detremmerie ne s'est pas toujours bien entouré et qu'il a fait confiance à des gens qui l'ont mal conseillé, voire manipulé ! Il y a quelque temps encore, il annonçait un budget d'un milliard de francs ! On est très loin du compte, le marketing n'a pas suivi. Les mauvais choix opérés dans les transferts, des contrats trop lourds pour les possibilités du club et, dans une moindre mesure, le choix d'un entraîneur inexpérimenté, tout cela a amené les Hurlus dans une zone de turbulences. Le choix de Georges Leekens est significatif du désarroi du maître des lieux. Ne sachant plus trop à quel saint se vouer, il s'est tourné vers saint Georges... celui par qui tout a commencé ! C'est le retour aux sources ! Il s'agissait de retrouver des racines. La seule chose qui me chiffonne là-dedans, c'est qu'il s'était juré de ne plus jamais confier les intérêts sportifs de son club à un seul homme. Bah, il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis ! " Dans sa conception despotique du pouvoir, il fait le vide autour de lui. C'est le danger "