S tein Huysegems est le dernier à quitter le terrain d'entraînement. Il a repêché dans un buisson un ballon plutôt mal shooté. Stein est un garçon bien élevé, comme le soulignent les préposées à la salle de presse...
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S tein Huysegems est le dernier à quitter le terrain d'entraînement. Il a repêché dans un buisson un ballon plutôt mal shooté. Stein est un garçon bien élevé, comme le soulignent les préposées à la salle de presse... L'AZ apprécie donc son nouveau Belge, y compris en dehors du terrain. Son accent flamand suscite certes l'hilarité. A première vue, l'AZ ne constitue pas vraiment le pas en avant escompté par le joueur. Le vieux stade n'a pas changé depuis que l'AZ y a atteint l'apogée de son histoire en 1981 en réalisant le doublé championnat-Coupe et en disputant la finale de la Coupe UEFA, qu'il perdit contre Ipswich. L'ambiance et la taille du club évoquent le Kuipke de Westerlo mais bientôt, un nouveau stade va héberger l'AZ, près de la voie rapide, en bordure de la ville. Les travaux devraient commencer en janvier et l'AZ espère rester parmi le peloton de tête du championnat d'ici là. Il a entamé la saison en espérant être dixième, comme les deux dernières saisons, mais le noyau n'avait pas encore été modifié. Deux mois plus tard, tout le monde est d'accord : l'AZ produit le plus beau football des Pays-Bas. Avec quatre attaquants ! En janvier, Stein Huysegems habitera enfin une maison. Il doit se rendre à Amsterdam après l'interview pour signer son bail : " Après sept semaines dans une chambre d'hôtel, nous connaissons le menu par c£ur. Mais je ne souffre pas vraiment du mal du pays : " Je n'ai pas l'impression d'être à l'étranger, même si je vis à 240 kilomètres de chez moi. Mes parents viennent une fois par semaine, pour le match, et nous retournons à la maison une fois par semaine. Je n'ai guère de problèmes d'adaptation puisque tout le monde parle néerlandais. Les gens sont très chouettes. Nous connaissons déjà les deux artères commerciales et la plage est à cinq minutes. Je dois simplement surveiller mon langage. Quand je parle flamand, je dois tout répéter deux ou trois fois : on ne me comprend pas ". Stein Huysegems préfère s'exprimer sur le terrain que dans le vestiaire. L'AZ le trouve trop tranquille. Iwan vanDuren suit le club pour le compte de Voetbal International : " Le cercle a une mentalité très dure. Le groupe compte beaucoup de joueurs qui ont une grande gueule. Souvent, des transferts ont échoué à cause de ça : ils étaient balayés dans le vestiaire. Stein se défend par ses prestations. Il travaille dur, à l'entraînement comme en match, et aider la défense ne le dérange pas ". Huysegems sait à qui s'adresser, en cas de besoin. A son arrivée, le capitaine de l'AZ, José Fortes Rodrigues, un Espagnol qui porte le maillot de l'AZ depuis son enfance, est venu le trouver. " Il m'a dit qu'il connaissait Alkmaar comme sa poche, que je pouvais lui téléphoner si j'avais besoin de quelque chose. J'ai trouvé ça chouette mais je ne l'ai pas encore fait. Non que je n'ose, mais parce que je veux d'abord me débrouiller moi-même. Pour le moment, je laisse mes pieds s'exprimer. Il ne serait pas correct de crier ou de faire des remarques alors que je viens d'arriver, même si d'autres me reprennent quand je fais quelque chose de travers. Ça ne me cause pas de problème. Les supporters et les gens dans la rue sont très directs aussi. Ils disent ce qu'ils pensent. Ça me plaît ". A Alkmaar, on ne comprend toujours pas comment le club a pu enrôler un talent comme Huysegems pour deux fois rien. A la mi-temps de Lierse-Germinal Beerschot, Co Adriaanse et Martin van Geel, le directeur technique, avaient voulu partir : Huysegems jouait tellement bien qu'ils ne voyaient pas comment l'attirer, d'autant qu'à côté d'eux se trouvait un scout de Hambourg. Après le match, Van Geel, qui est en contact étroit avec Paul Courant, le manager du joueur, a appris que Huysegems était toujours sur le marché. Avec un mécène comme Dick Scheringa, un des Bataves les plus riches, l'AZ a certes la réputation d'offrir les plus hauts salaires du pays, mais le club se serre la ceinture depuis l'année dernière. Comme Huysegems n'est pas cher, l'AZ a financé l'indemnité de transfert et le salaire du jeune Belge grâce à l'argent économisé suite au départ du défenseur Joost Volmers, qui a rejoint Manchester City en août, en fin de contrat. Si Stein affirme n'avoir pas été influencé par l'argent dans son choix, il gagne pourtant deux fois plus qu'au Lierse ? " Oui, je gagne beaucoup plus qu'au Lierse mais pas au point de multiplier mon salaire par deux. J'ai opéré un choix sportif. Je trouve le championnat hollandais très attrayant, surtout parce que cette compétition est davantage suivie par l'étranger que la belge. Je veux poursuivre mon développement ici un an ou deux avant de rejoindre un grand club. Celui-ci peut être néerlandais ". Martin van Geel est surpris : Huysegems n'a pas eu besoin de la période d'adaptation habituelle. Peu après son arrivée, il a effectué de brèves entrées au jeu contre Feyenoord et Heerenveen mais à partir du match contre le PSV, il a été titulaire de cette équipe qu'on loue pour son football spectaculaire. En attaque, Huysegems est entouré de trois artistes, capables de tout avec un ballon. " J'ai pris la place de Robin Nelisse au centre-avant. Je dois conserver le ballon et le céder aux ailiers qui montent. Ça marche très bien et je suis évidemment heureux d'entendre dire, déjà, que j'apporte un plus au football néerlandais. Quand des monuments tels que Youri Mulder et Wim van Hanegem tiennent de pareils propos à la télévision, ils prennent une dimension supplémentaire ". Il a déjà joué contre Feyenoord, le PSV et l'Ajax, mais une seule équipe l'a vraiment impressionné : " Le PSV nous a mis sous pression pendant 90 minutes. C'est la meilleure équipe et à mes yeux, le principal candidat au titre. Notre classement est un peu flatteur, même si nous n'avons pas volé le moindre point, mais les équipes classées de la troisième à la douzième place se tiennent de près. Il y a aussi des formations faibles. Nous nous sommes aisément imposés face à Zwolle (3-0), durant un match qui m'a permis de marquer mon premier but, alors que le score aurait pu être de 5-0. Ce fut notre meilleur match. Tout nous a réussi. Nous avons visé le point au PSV mais sinon, nous jouons vraiment pour gagner. Même à l'Ajax, car nous savons qu'il peine contre les équipes qui impriment elles-mêmes leur rythme offensif. C'est la tactique de notre entraîneur. Il est un des rares à jouer franchement les trois points ". Huysegems ne trouve pas pour autant que le football soit si facile outre-Meuse. " Je sais que les Néerlandais ont la réputation de ne pas savoir défendre mais ils sont pourtant durs, vous savez. Je les trouve même pires qu'en Belgique. Ils nous tiennent de plus près, ce qui nous oblige à jouer rapidement pour ne pas perdre le ballon. Même à l'entraînement. Nous sommes forcés de porter des jambières à l'entraînement. Ça ne m'était jamais arrivé en Belgique ". Stein Huysegems a le sentiment de jouer dans une meilleure équipe que la saison passée. " Défensivement, le Lierse était bien, mais offensivement, ce n'était pas toujours au point ". Co Adriaanse est très proche des joueurs, comparé à Emilio Ferrera : " Il m'a dit qu'il était surpris que j'aie choisi l'AZ et a apprécié le fait que je déclare aux journalistes que ce club constituait un tremplin idéal vers une grande équipe. Adriaanse parle beaucoup à ses joueurs. Il s'intéresse aussi à ce que nous faisons en dehors du football, à la manière dont nous nous sentons ". De Ferrera, il retient les trajectoires de courses et les analyses vidéo :" Je recevais une cassette de chaque action ou presque. Elles sont toujours dans mon ordinateur. J'analysais mes mouvements et leur résultat après chaque match. Au Lierse, j'étais libre de mes actes sur le terrain. Surtout au premier tour, Ferrera a permis aux attaquants de courir où leur instinct les guidait. On nous demandait de réaliser des actions. Karel Snoeckx m'a déjà téléphoné pour demander s'il n'y avait pas une place ici, dans l'axe de l'entrejeu. C'est difficile : elle est occupée par Barry van Galen, un monument du club ". " On dit déjà que j'apporte quelque chose au foot hollandais... "