La catastrophe vécue à Ghislenghien m'a rappelé certains souvenirs de ma plus tendre enfance. En tant que citoyen originaire de Martelange, j'ai immédiatement pensé au camion qui, un jour du mois d'août 1967, a dévalé les pentes de la N4 avant de transformer le village en véritable cauchemar. Les circonstances du drame sont certes très différentes mais les températures atteintes et les conséquences sont quasiment identiques dans les deux cas. J'espère que le bilan n'atteindra pas les 22 de Martelange. A l'époque, comme dans ce cas-ci, les personnes voyant la boule de feu et se trouvant à plusieurs centaines de mètres, prirent leurs jambes à leur cou pour s'enfuir dans la direction opposée ; mais cela ne les empêcha pas d'être brûlées au 2e et 3e degré sur toute...

La catastrophe vécue à Ghislenghien m'a rappelé certains souvenirs de ma plus tendre enfance. En tant que citoyen originaire de Martelange, j'ai immédiatement pensé au camion qui, un jour du mois d'août 1967, a dévalé les pentes de la N4 avant de transformer le village en véritable cauchemar. Les circonstances du drame sont certes très différentes mais les températures atteintes et les conséquences sont quasiment identiques dans les deux cas. J'espère que le bilan n'atteindra pas les 22 de Martelange. A l'époque, comme dans ce cas-ci, les personnes voyant la boule de feu et se trouvant à plusieurs centaines de mètres, prirent leurs jambes à leur cou pour s'enfuir dans la direction opposée ; mais cela ne les empêcha pas d'être brûlées au 2e et 3e degré sur toute la partie postérieure du corps. Ma famille et moi-même avons eu la chance d'être absents du village au moment de l'accident mais nous avons perdu des connaissances et des voisins. J'étais trop jeune pour vraiment me rendre compte de l'ampleur de la catastrophe mais plus tard, plusieurs copains ou copines de classe portaient les sévices de cet incendie et rappelaient à tout le monde l'existence de ce drame. Tous les survivants de ce type d'accident restent meurtris dans leur chair jusqu'à la fin de leurs jours. J'ai une pensée encore plus profonde pour les pompiers qu'on appelle sur les lieux de l'incendie pour éteindre le feu mais surtout pour tenter de sauver des vies au détriment de leur propre existence. D'ailleurs, cinq d'entre eux ont péri dans les flammes et à ce titre, on ne peut que s'incliner devant le courage qui habite ces hommes et qui les pousse à se dévouer pour les autres. Je ne suis pas certain que je serais capable de pratiquer une telle activité et c'est ce qui me pousse à tirer un grand coup de chapeau à tous les membres de cette profession. Passons à des choses certes moins importantes mais plus réjouissantes. Les trois coups de notre championnat de D1 ont été donnés vendredi et tous les clubs promettent les meilleures choses à leurs supporters. Et comme chaque année, il y aura encore quelques déçus. Ce qui me chagrine dans notre foot belge actuel, c'est cette incapacité à conserver nos éléments chez nous. Il y a vingt ans, personne ne quittait la Belgique pour aller exercer ses talents en Russie, en Turquie voire en Roumanie mais maintenant, à la limite, on préfère effectuer cette démarche par choix exclusivement financier. Avant, quitter Anderlecht, Bruges ou le Standard, c'était pour partir dans un très bon club. Maintenant, des joueurs de ces clubs montrent l'envie de partir pour des équipes de seconde zone, d'un point de vue sportif s'entend car il est évident que les contrats y sont beaucoup plus lucratifs. Malgré tout, notre petit pays nourrit encore l'espoir de qualifier deux équipes pour la première phase de la Ligue des Champions. Ce qui, avec la différence de budget par rapport aux ténors européens, serait une performance. Après demain, c'est l'ouverture des Jeux Olympiques. La Belgique, avec son plus faible quota de représentants depuis 70 ans, aura beaucoup de difficultés à décrocher de nombreuses médailles. 51 sportifs seront présents au pays des récents champions d'Europe et je dois bien avouer que j'en connaissais à peine une vingtaine. Je leur souhaite à tous de faire honneur à leur rang et d'entretenir leur rêve olympique en fonction de leur qualité individuelle même si la maxime de Pierre de Coubertin reste valable au troisième millénaire. Le peu de chance de médailles de nos compatriotes devrait encore une fois faire réfléchir nos politiques quant à l'éducation sportive que l'on donne à nos enfants. Cela fait tellement longtemps que ce débat est d'actualité et, de la manière dont les choses évoluent, je suis assez sceptique quant à une amélioration dans un futur proche. Etienne Delangre