Oui ! Comparons les bilans purement chiffrés des deux entraîneurs allemands après 21 matches à la tête de Mouscron. La saison dernière, entre septembre et février, Bernd Storck avait pris 35 points. Cette saison, entre la première journée et aujourd'hui, Bernd Hollerbach en a engrangé 27.
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Oui ! Comparons les bilans purement chiffrés des deux entraîneurs allemands après 21 matches à la tête de Mouscron. La saison dernière, entre septembre et février, Bernd Storck avait pris 35 points. Cette saison, entre la première journée et aujourd'hui, Bernd Hollerbach en a engrangé 27. Le vieux dépasse donc le jeune. Mais ce dernier a de sacrées circonstances atténuantes. Il fait moins bien, mais on doit aussi voir que l'Excel n'est pas définitivement écarté de la lutte pour les play-offs. Il n'a que sept points de retard sur l'actuel sixième, Malines. Et quatre sur les clubs cités comme outsiders, Zulte Waregem et Genk. Storck avait hérité d'un groupe mentalement à la dérive, d'une équipe qui venait de commencer le championnat par six défaites. Il l'avait remise progressivement à flots puis, quelques mois plus tard, il en avait fait une machine à gagner. Un immense mérite. Mais c'étaient quand même des joueurs qui se connaissaient, qui avait appris le fonctionnement du club. Et puis il avait du lourd, point de vue talent : Selim Amallah, Mërgim Vojvoda, Mbaye Leye, Manuel Benson, Taiwo Awoniyi, Noë Dussenne, Frantzdy Pierrot. On cite ces noms parce qu'ils ont tous quitté le Canonnier entre-temps. Hollerbach a aussi été privé, la plupart du temps, de Jean Butez, meilleur Hurlu de la saison dernière. Et donc, Hollerbach a dû commencer son travail avec un noyau fortement remodelé. Mouscron a accueilli une bonne douzaine de nouveaux joueurs, dont certains après le début du championnat. Le nouveau coach, allemand lui aussi, mais moins psychorigide que son prédécesseur, devait faire prendre la sauce. Il y est parvenu. Personne ne prédisait que cette équipe serait sauvée fin décembre après une telle saignée durant l'été. Et donc, pour Hollerbach, c'est déjà mission réussie. On peut épingler un match clé, symbole de la qualité de son travail : le jour où Mouscron a balayé l'Antwerp, en novembre, il alignait au coup d'envoi huit joueurs arrivés durant l'été. Et un autre transfert est monté en cours de rencontre. Ou l'art de construire vite et bien. Il y a un élément frappant dans le parcours des Mouscronnois cette saison : ils n'ont perdu que contre des équipes du Top 6 actuel (en plus de Genk, champion en titre). Ça veut dire qu'ils réussissent parfaitement à négocier les matches petits et moyens. Et que constate-t-on à l'analyse de leur calendrier restant ? En neuf rendez-vous, ils vont affronter sept équipes de deuxième et troisième zone. Y croire. On a dû patienter avant de le voir à l'oeuvre, la faute à un genou récalcitrant. Mais depuis qu'il est entré dans l'équipe, en novembre, il n'arrête pas de marquer. Au ratio temps de jeu / goals, il est actuellement le meilleur en Belgique. Et tous ses buts ont rapporté des points. Il était habitué à jouer sa trentaine de matches par saison, voire plus. Il était le capitaine attitré. Il l'est toujours. Mais il est beaucoup moins souvent sur le terrain. La faute à un recrutement de haut vol et quelques éclosions. Il est maintenant plus dépanneur que valeur sûre. Pas franchement prolifique devant mais difficile à manoeuvrer, Mouscron est une équipe accrocheuse. Ses 9 matches nuls en 21 sorties suffisent à le rappeler. Un record d'égalités que les Hurlus partagent avec Anderlecht. Prompts à harceler leur adversaire, les Mouscronnois partent forcément souvent à la faute. L'ailier Jonah Osabuteh est le spécialiste maison, avec 46 fautes cette saison. Seul Stef Peeters (Cercle) a été sifflé plus souvent. Avec un milieu de terrain où est souvent aligné le défenseur Kevin Wimmer, il ne faut pas s'attendre à une construction méthodique au Canonnier. Mouscron aime allonger, et ses 53,8 passes longues par match (un record) le prouvent.