" Un entraîneur roumain a coaché le Club Bruges et Anderlecht : Norberto Höfling (1924-2005) qui était une forte personnalité. Après avoir joué entre autres au Dynamo Kiev, au MTK Budapest et à la Lazio Rome (qu'il préféra heureusement à Torino dont l'équipe fut ensuite emportée dans un crash aérien), il accepta le poste de coach de Bruges en 1957. Höfling ramena le Club en D1 (une série que ce club ne quitta plus jamais), le professionnalisa et n'hésita pas à se frotter à la ...

" Un entraîneur roumain a coaché le Club Bruges et Anderlecht : Norberto Höfling (1924-2005) qui était une forte personnalité. Après avoir joué entre autres au Dynamo Kiev, au MTK Budapest et à la Lazio Rome (qu'il préféra heureusement à Torino dont l'équipe fut ensuite emportée dans un crash aérien), il accepta le poste de coach de Bruges en 1957. Höfling ramena le Club en D1 (une série que ce club ne quitta plus jamais), le professionnalisa et n'hésita pas à se frotter à la star du Klokke Fernand Goyvaerts, qui fit ses bagages et émigra vers le Real Madrid, le Barça et l'OGC Nice. Höfling avait ses idées, préférait les joueurs de taille, rapides et travailleurs. Il éliminait rapidement les joueurs ayant les pieds plats. Pour lui, le footballeur moderne devait être polyvalent, capable d'attaquer et de défendre et ses tactiques étaient prudentes. Après un crochet d'un an à Feyenoord (1963-1964), on le vit au Racing White (1964-1967) et à nouveau au Club Bruges (1967-1968) où il bonifia des jeunes (surtout Raoul Lambert) mais ne trouva pas d'atomes crochus avec un nouveau dirigeant : Constant Vanden Stock. Les idées de Höfling ne convenaient pas à l'ancien sélectionneur des Diables Rouges. En 1968-1969, il fut engagé par Anderlecht. C'était un bon coach parfois mélancolique mais son jeu était trop différent de celui prôné par Pierre Sinibaldi. Le public préférait un style plus chatoyant et Anderlecht, en crise, mit fin à son contrat. L'entraîneur roumain se retrouva ensuite au Daring (1969-1971) qu'il ne parvint pas à ramener en D1. - Un club très spécial, disait-il parfois. En 1970, le Daring disputa la finale de la Coupe de Belgique contre le Club Bruges. Il faisait chaud et Höfling trouva alors intéressant de faire prendre du sel à ses joueurs, histoire de lutter contre les effets de la transpiration. Mais l'addition fut... salée : 6-1 pour les Brugeois. De plus, juste avant la finale, la direction molenbeekoise obligea Höfling a aligner deux nouveaux renforts (les Allemands Rühl et Hornig). Les autres joueurs étaient furieux et Höfling a toujours regretté d'avoir accepté : - Au Daring, tout le monde se mêlait de tout. C'était intenable pour moi et je suis persuadé que la finale aurait été différente si on ne m'avait pas forcé à aligner Rühl et Hornig. Plus tard, il s'occupa d'Ostende et de Gand. Il mit un terme à sa carrière en 1978, assista sa femme qui avait un magasin de chaussures. Höfling m'invita un jour chez lui et je garde le souvenir d'un gentleman. "PIERRE BILIC